Les vaincus, de Irina Golovkina

Les vaincus, de Irina Golovkina (Syrtes) — ISBN-13 : 9782845451704 — 1104 pages — 45 € — Genre : Les aristocrates à la lanterne. ✮✮✮✮✮

irina

C’est dans le cadre d’une lecture commune, effectuée avec Ingannmic, que j’ai pu découvrir ce roman-fleuve russe rédigé par Irina Golovkina. Je vous invite à lire la critique d’ingannmic sur son passionnant blog http://bookin-ingannmic.blogspot.fr. Mais passons maintenant à mon analyse.

« Les vaincus » (titre du roman d’Irina Golovkina) est un livre dramatique qui s’intéresse à l’histoire de la Russie du début du XXe siècle. Aussi, comme tout roman russe qui se respecte, le livre de Irina Golovkina compte une ribambelle de personnages, il y a l’infirmière Iolotchka, il y a Oleg, il y a Assia, il y a Liola, etc. Nous sommes en 1917, c’est le début de la révolution russe et plus exactement de la guerre entre les blancs et les rouges. Avec d’un côté les aristocrates et de l’autre les bolcheviks. Le conflit est terrible, il fait énormément de morts, les gens souffrent, ces derniers survivent tant bien que mal… D’ailleurs, très vite les blancs sont défaits, les derniers aristocrates se cachent des communistes haineux qui veulent les anéantir. Aussi, c’est surtout dans ce monde d’après que se situe le roman, le monde d’après, c’est celui de la prise de pouvoir définitive des communistes, c’est-à-dire après la Seconde Guerre mondiale. Dans cette Russie dirigée dorénavant par Joseph Staline, l’univers ressemble à celui décrit par George Orwell dans 1984. Tout le monde surveille tout le monde et tout le monde a peur de tout le monde. L’État ne connaît aucune pitié, secondé par de bons petits soldats obéissants, des idéologues persuadés de leur bon droit. La Russie du livre semble irréelle et pourtant ce monde terrifiant a bel et bien existé. Le livre d’Irina Golovkina nous présente le parcours d’hommes et de femmes (anciennement privilégiés) qui essayent de vivre une vie tout ce qu’il y a de plus normal dans un pays qui ne leur ressemble plus. Certains anciens aristocrates s’accommodent tant bien que mal à la nouvelle Russie, d’autres n’y parviennent pas… Pour autant, même dans ce monde chaotique, l’amour trouve sa route.

Le bolchevisme… Ce phénomène est original et profondément organique. Il a trop d’importance pour qu’on puisse l’éteindre de force, de l’extérieur. Je suis venu à l’idée qu’il doit lui aussi renfermer des traits, bien évidemment terriblement déformés, toujours du même Visage qui m’est cher. La dictature du prolétariat est une erreur abjecte et fatidique de la révolution qui a durablement entravé les voies de la Russie. Et, maintenant, ce n’est même plus cette dictature qui règne, c’est uniquement celle du monstre. Mais le saint corps de la Russie est cependant ici, et je ne peux admettre, même en pensée, qu’on le mette en pièces comme la tunique du Christ. En cas de guerre, je serai… avec les bolcheviks ! Je ne sais pas comment ma main a pu écrire ces lignes, mais c’est ce que j’ai lu dans mon âme.

J’ai eu beaucoup de mal à écrire une critique de ce livre. D’habitude, j’en rédige une tout de suite après avoir fini ma lecture, mais cette fois-ci j’ai laissé passer plus d’une semaine avant d’écrire quelque chose. Pourquoi ? Sans doute, car j’ai à la fois aimé certaines parties du livre et en ai détesté d’autres. Effectivement, j’ai apprécié l’univers orwellien décrit par l’auteur. Cependant, l’histoire d’amour du livre m’a un peu cassé les pieds, j’ai parfois eu l’impression d’être dans un livre de Danielle Steel, c’est une auteure qui écrit des romans à l’eau de rose que je n’ai jamais lus, mais qui, j’imagine, doivent ressembler par certains aspects à ce livre d’Irina Golovkina. Peut-être que j’exagère, je ne sais pas, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti. Suis-je le seul à avoir eu ce sentiment ?

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(10 commentaires)

  1. L’histoire d’amour ne m’a pas gênée en elle-même. C’est plus les réactions des personnages, leur manière de penser, qui m’ont parfois semblé caricaturales, comme je l’écrit dans mon billet. Du coup, comme toi, j’ai aimé certains aspects, et d’autres m’ont agacée. J’ai bien aimé la dernière partie, très sombre…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s