L’Eau rouge, de Jurica Pavicic

L’Eau rouge, de Jurica Pavicic (Agullo) — ISBN-13 : 9791095718772 —  358 pages — 22 € — Genre : Silva a un nombre incroyable de sosies.

Je retrouve la barmaid, c’est toujours avec énormément de plaisir, pour une nouvelle lecture commune. Cette dernière nous emmène en direction d’un roman croate contemporain publié aux éditions Agullo. Comme d’habitude, n’oubliez pas d’aller lire l’article de la barmaid qui se trouve ici.

L’histoire débute en 1989 dans un petit village dalmate au doux nom de Misto (le lieu ou la place en français). Dans celui-ci la vie y est agréable, il y a le soleil, la plage et rien ne s’y passe vraiment en dehors du quotidien normal dans lequel les jeunes profitent de leur dernier instant d’insouciance. À Misto, c’est la dolce vita qui règne. Puis, arrive le drame lorsque Silva disparaît. Bien évidemment, la famille est inquiète. Le père, Jakov, part à la recherche de sa fille. Il en va de même pour le frère. Enfin, la police est prévenue, un inspecteur prend en charge l’enquête. Au final, rien ne se passe, le policier n’a aucune piste… D’ailleurs tout le monde est occupé par autre chose, car la guerre est sur le point d’éclater. C’est la fin du communisme et de la Yougoslavie. Après la guerre, plus personne en dehors de la famille ne pense à Silva. Le monde a changé, les préoccupations ne sont plus les mêmes.

Elle se souvient de la maison, dans le haut de Misto, dans la rue derrière l’église, cette maison dans laquelle elle a passé la majeure partie de sa vie. En fermant les yeux, Vesna distingue clairement la disposition des pièces, les meubles, les objets. L’entrée à l’étage par le perron, la véranda vitrée, la salle de séjour, la cuisine avec son sol en terrazzo. Dans la salle de séjour, la table, et en face le canapé avec sa housse élimée. Dans le couloir, le perroquet portemanteau. Et à côté, une porte. La porte de la chambre de Silva, sur laquelle sa fille a fixé un écriteau « Keep out ».

Premièrement, le livre est présenté comme le premier polar croate traduit en français. Je ne lis quasiment jamais de polar, mais ce livre n’en est pas un. Dans un premier temps, il y a bien une disparition, cela intervient dans le premier chapitre, je trouve que celui-ci passe, en tout cas en ce qui concerne les premières pages, n’exagérons pas. Ensuite arrive le gros du roman, c’est-à-dire toute la seconde partie. À partir de là, j’ai trouvé ça assez barbant. Pourtant, j’aime bien les histoires tristes, car c’en est une, mais j’ai trouvé ça trop, je ne sais pas, plaintif. Alala que ça se plaint tout du long… À côté, on découvre l’histoire du pays, je connais ça par cœur, c’est peut-être aussi pour cette raison que cela ne m’a pas passionné. Là où j’ai encore plus décroché, c’est cette histoire de Silva que tout le monde voit partout dans le monde, avec ce frère qui va vérifier s’il s’agit d’elle. Et ça tire en longueur, on n’y croit pas du tout. Tout le monde est Silva dans ce livre, tout le monde lui ressemble, c’est juste un alibi dont se sert l’écrivain pour faire durer son récit, car il ne sait pas quoi raconter. C’est surréaliste. Généralement, je ne m’intéresse pas plus que ça à la logique si l’écriture suit, mais ici ce n’est vraiment pas terrible, car sur des pages et des pages (malheureusement sur quasiment tout le livre) nous avons et je résume (presque) grossièrement : « il fait ceci, il fait cela, il va ici, il va par là, il a vu ci, il a vu cela ». Au secours ! C’est très répétitif, pour ne pas dire nul. Ensuite arrive la fin, car il fallait tout de même résoudre cette histoire de disparition. La conclusion est simplement catastrophique. On dirait que l’écrivain ne savait pas comment finir son livre et il sort un truc digne d’un roman à l’eau de rose. Attention, je divulgâche, mais la maman qui protège son « fifis adoré de la fifille pas bien », mais franchement, ce n’est pas possible, même dans les années quatre-vingt cela ne l’était pas. Ce livre aurait mérité trois-cents pages de moins sur trois-cent cinquante, une vraie conclusion, une belle couverture de livre (ici l’eau de rose dégouline de partout) et un vrai style d’écriture.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

12 réflexions sur “L’Eau rouge, de Jurica Pavicic

  1. Cher Goran je sais que tu ne liras pas ce commentaire mais que cela fait du bien de lire des billets qui expliquent aussi bien pourquoi il ne faut pas lire certains livres.

    Aimé par 6 personnes

  2. Je ne peux pas m’empêcher de laisser un commentaire aussi… qui sait, peut-être nous lit-il ?
    Un avis qui rejoint en tous cas celui de la Barmaid, et qui refroidit un peu mon envie de le lire… toutefois, je pense tout de même sauter le pas, il a plu à de nombreux lecteurs, j’aimerais me faire ma propre idée.

    Aimé par 4 personnes

  3. Merci Goran, pour ce billet programmé pour tes lecteurs fidèles ou plus inconstants, comme moi. J’ai gagné ce livre à un concours, et finirai donc par lire, en pensant à toi, très certainement, comme lors de lectures venues d’Europe de l’Est.

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  4. Cher Goran, tu ne nous lis plus mais tu nous fais encore rire – en tout cas moi. J’étais modérément tentée par ce livre et je te remercie d’avoir démontré que j’avais raison. Mais tu es tellement critique que ça me donne en fait envie de le lire pour en découvrir les mérites qui ont justifié la publication.

    Aimé par 1 personne

  5. J’ai reçu ton livre hier avec la gorge serrée… (C’est un excellent et beau choix qui comme tu l’avais prévu allie nos deux façons d’aimer les livres.) Je vais profiter de tes chroniques jusque juin, et tournerai ces pages d’une façon toute particulière cher Goran. Un merci… Très ému.

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