La Belle Noiseuse, de Jacques Rivette

La Belle Noiseuse, de Jacques Rivette — France 1991 — Genre : Beau petit cul.

Avec cette critique, je poursuis ma participation au défi littéraire et cinématographique organisé par « La Bouche à Oreille ». Le principe de celui-ci (dans le cas où vous auriez oublié) consiste à mettre en avant un livre ou bien un film qui parle d’art. Toujours est-il que la dernière fois je vous avais présenté un texte écrit par Honoré de Balzac : Le Chef-d’œuvre inconnu. Aujourd’hui, c’est de ce dernier adapté pour le grand écran par Jacques Rivette dont il va être question.

Je voudrais commencer par notifier trois choses. La première, c’est que La Belle Noiseuse, de Jacques Rivette, est une adaptation très libre du texte de Honoré de Balzac. Au final, en dehors des noms des principaux personnages, je dirais que le film n’a pas grand-chose à voir avec la nouvelle. La seconde, c’est que le long-métrage français a obtenu le Grand Prix du jury au Festival de Cannes de 1991 ainsi que le prix Méliès. La troisième, c’est que pour préparer cette critique j’ai revu la version longue du film, c’est-à-dire celle qui dure pratiquement quatre heures. Et croyez-moi, cela a son importance… Ainsi, le long-métrage de Jacques Rivette, avec Emmanuelle Béart, Michel Piccoli et Jane Birkin dans les rôles principaux, raconte une histoire qui se déroule à notre époque en France dans le Midi. Nous sommes en juillet, Marianne et son compagnon Nicolas sont en vacances pas très loin de la propriété du peintre Édouard Frenhofer et de sa femme Liz. Par l’intermédiaire d’un ami, le chimiste Balthazar Porbus, les deux couples se rencontrent. Nicolas n’attendait que ça, car celui-ci admire l’œuvre de Frenhofer. Sauf que ce dernier ne peint plus depuis plus de dix ans, incapable de finir sa dernière toile, son chef-d’œuvre : « La belle noiseuse ». Marianne ne serait-elle pas le modèle parfait ? Celle qui est susceptible de réveiller la créativité du vieux peintre ? Les trois hommes sont d’accord… Lorsque Marianne apprend la nouvelle, elle n’apprécie pas trop d’avoir été pour ainsi dire louée sans qu’on lui demande son avis. Pourtant, le lendemain elle se rend dans l’atelier d’Édouard Frenhofer afin de servir de modèle cinq jours durant. Manipulée tel un mannequin de bois, Marianne va dans un premier temps se sentir humiliée, mais une complicité (amitié) va naître entre l’artiste et son modèle. Pourtant, à l’extérieur de l’atelier la tension va monter crescendo. Liz, la femme de Frenhofer aura du mal à accepter de ne plus être la muse de son mari. Nicolas, dans un premier temps enthousiaste, aura du mal avec le fait que sa compagne se montre entièrement nue devant un autre homme. Voilà pour l’essentiel…

Les thèmes du film sont nombreux, je ne vais pas tous les détailler, mais en voici quelques-uns. Il y a celui sur les difficultés et les mystères de la création artistique. Il y a celui sur le pouvoir, pas seulement du peintre sur son modèle, mais aussi celui de la muse sur l’artiste. Il y a celui de l’émancipation, de la jalousie, de la crainte, du désir, du rapport au corps et à la nudité… Et pourtant, malgré tout ce que je viens de dire, je n’ai pas aimé ce film. Je n’ai pas non plus complètement détesté, mais je ne peux pas dire que j’ai été transcendé. Pourquoi ? Premièrement, je n’aime pas trop lorsqu’un film est joué de manière théâtrale, ici c’est très discret, cela passe encore, mais en général ce style m’agace. Deuxièmement, j’aurais sans doute dû revoir la version courte, celle de deux heures, car une bonne partie du film se passe dans l’atelier avec Emmanuelle Béart le cul à l’air, il est très plaisant, certes, mais au bout d’un moment j’en avais plein le cul (de le regarder). Désolé pour le jeu de mots. Emmanuelle Béart, à poile pendant plus de deux heures, on finit par se lasser. Au bout d’une demi-heure on a fait le tour, du devant, du derrière, du haut et du en bas… Alors, imaginez la même chose, mais deux heures durant, ça vous donnerait presque envie de préférer la PlayStation… J’ai bien dis presque !

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du printemps des artistes.

14 réflexions sur “La Belle Noiseuse, de Jacques Rivette

  1. Je vois que les thèmes du film sont quand même très intéressants et variés mais apparemment la plastique très avantageuse d’Emmanuelle Beart ne t’a pas emballé 🙂 ça donne tout de même envie de voir la version courte ! Merci pour ta participation au défi !

    Aimé par 2 personnes

  2. Belle chronique. J’ai aimé la version courte et je comprends ta réaction à la version longue. En général je n’ai pas la patience suffisante pour les films ou pièces de théâtre de plus de 2 heures… Emmanuelle Béard est une de mes muses mais quand même… 😀

    Aimé par 1 personne

  3. (Haha ! J’adore le commentaire de Luocine !)
    Et je n’ai vu ni la version longue, ni la courte.
    Quant à cette histoire de cul sous toutes les coutures, je vois qu’elle n’a pas eu tes faveurs sur la durée. So next !

    PS: ceci dit, je suis bien ennuyée, je n’ai aucune parade car pas de playstation.

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