La mort du deuxième chien, de Marek Hlasko

La mort du deuxième chien, de Marek Hlasko (Mirobole) — ISBN-13 : 9782375610374 —  176 pages — 17,50 € — Genre : Saltimbanque.

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Dans un premier temps, j’ai souhaité vous parler d’un livre d’Olga Tokarczuk, mais dans l’édition du mois de mars de l’an dernier il a tellement été question d’elle, que j’ai préféré vous présenter un auteur polonais un peu moins connu. Peut-être que le roman de Marek Hlasko, La mort du deuxième chien, vaut le détour ? C’est ce que nous allons voir tout de suite…

Si j’ai acheté ce livre, c’est pour la promesse que l’on m’en a fait : à savoir lire le Jack Kerouac polonais. Forcément, j’étais intrigué. Avant de vous dire ce que j’en ai pensé, voici quelques mots sur l’auteur d’après la quatrième de couverture. Ainsi, Marek Hlasko est, semble-t-il, une légende vivante en Pologne, c’est un écrivain qui, après être passé très jeune à l’ouest, a vécu entre Paris, Israël et Los Angeles. Malheureusement, la vie mouvementée de l’auteur s’est arrêtée brusquement, après s’être suicidé, à l’âge de 35 ans. Venons-en au texte. L’action du livre se déroule à Tel-Aviv dans les années 60. Ainsi, deux Polonais, Robert et Jacob, sont des professionnels de l’arnaque, préparent un coup. Le premier dirige la mise en scène, tandis que le second exécute son rôle de gigolo (quel beau métier) en apprenant son texte par cœur. Le but du jeu, c’est un jeu particulier, est de soutirer de l’argent à une riche Américaine en la séduisant. Ainsi, dans un premier temps, on ne comprend pas très bien ce que viennent faire le chien et les autres personnages, mais on découvre que dans cette théâtralisation de la vie, tout le monde tient un rôle bien précis. Aussi, Jacob « l’acteur » hésite, il n’est pas certain de son texte, tandis que Robert « le scénariste » fait tout son possible pour rassurer son acolyte. Enfin, l’ensemble donne quelques scènes absurdes comme le chien qui bouffe pour dix (je n’irai pourtant pas jusqu’à dire que cela ressemble à Beckett), mais également un peu loufoques. D’ailleurs, sans trop en dévoiler, la fin du roman reste dans cette tonalité…

Aujourd’hui, l’art appartient à tout le monde. C’est la fin. Je suis un réactionnaire. Mais la réaction a perdu sa puissance sociale de nos jours et l’art n’est plus. Nous avons des télévisions, des voitures et des machines à laver qu’on peut acheter à crédit, mais il n’y a plus d’art. Et il n’y en aura plus jamais. Il n’y a que Henry Miller et Sartre. Sartre a fait une découverte figurante, à savoir que les caleçons des hommes ne sont pas toujours propre,  et cela lui vaudra sans doute de passer à la postérité. Il aura sûrement le prix Nobel. Il l’a peut-être déjà eu.

Pour moi le style d’écriture de Jack Kerouac n’a rien de comparable avec celui de Marek Hlasko, car chez ce dernier le texte est principalement composé de dialogues. Il y en a partout, tout le temps et du début à la fin, c’est en fin de compte un texte très oral, mais également extrêmement percutant et dynamique. Si je devais à mon tour réaliser une hasardeuse comparaison, je dirais que l’écriture de l’écrivain polonais se rapproche un peu plus de celle de Henry Miller, mais ça n’est pas tout à fait ça. Par contre, nous sommes bien dans une ambiance beat generation, c’est incontestable. Personnellement, j’aime beaucoup, ça me rappelle mes lectures de jeunesse, c’est un peu provocateur, c’est un peu mélancolique… Ce livre respire le désir de liberté, le désir de chargement, le désir de révolte et de tant d’autres choses. D’ailleurs, la préface nous en apprend beaucoup sur les thèmes du roman (et sur la vie de l’auteur) qui peut paraître, d’un premier abord, assez simple, mais qui ne l’est absolument pas. La mort du deuxième chien, de Marek Hlasko, est un bouquin que l’on peut lire comme une banale histoire d’arnaque, mais qui possède un sous-texte, comme toujours dans le genre de la beat generation. Toujours est-il que j’ai passé un très bon moment avec ce livre qui se lit très rapidement.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran.

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26 réflexions sur “La mort du deuxième chien, de Marek Hlasko

  1. Je suis un peu perplexe car je sens que tu as bien aimé mais je n’arrive pas à cerner exactement pourquoi. Si ce n’est un souvenir de jeunesse.
    Et c’est quoi une « découverte figurante »
    À propos de caleçon. Je me demande si ce n’est pas fulgurante, mais je comprendrai pas beaucoup plus.

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  2. Pour ce mois, j’ai plutôt eu recours à des classiques ou des connaissances déjà approuvées. Mais pour 2022 j’aurai le temps pour découvrir!
    Plutôt Olga T. que cet auteur, d’ailleurs

    Aimé par 1 personne

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