Purge, de Sofi Oksanen

Purge, de Sofi Oksanen (Le Livre de Poche) — ISBN-13 : 9782253161899 —  429 pages — 7,90 € — Genre : Un été pas comme les autres.

purge

Pour la critique d’aujourd’hui, j’accompagne la barmaid qui m’a proposé de la suivre pour une lecture commune estonienne. D’ailleurs, j’ai pu choisir le texte parmi une liste que m’a fourni la barmaid et dans laquelle je compte continuer à piocher des idées. Quoi qu’il en soit, je suis content de participer à ce genre d’exercice toujours très enrichissant. Enfin, je profite de ces quelques lignes pour remercier la barmaid d’être allée me récupérer le livre à la librairie, en combattant pour moi la Covid, le froid et la foule. C’est vraiment très très très très très très sympa de sa part. Et oui, la barmaid est bien plus courageuse que moi… Snif snif ! N’oubliez pas d’aller lire le billet de la barmaid qui se trouve ici.

Le roman de Sofi Oksanen (estonienne du côté de sa mère) est rédigé sous la forme d’un journal intime. Ainsi, les chapitres sont précédés par la date et le lieu dans lequel se déroule l’événement du jour. C’est ainsi que nous sommes projetés parfois dans le passé avant de nous retrouver de nouveau dans le présent de deux protagonistes qui se rencontrent dès le début du livre. Il y a d’un côté Aliide, une femme âgée, qui a connu le nazisme et le communisme. Et de l’autre nous avons Zara, la plus jeune, qui a pris la fuite pour échapper à son proxénète. Enfin, en toile de fond, nous avons l’histoire d’un pays : l’Estonie.

D’après Pacha, Zara n’avait su attirer personne la veille au soir à la station-service, malgré tous les poids lourds et tous les gens qui étaient là. Elle avait passé la moitié de la nuit plantée au bord de l’autobahn, dans la minijupe en cuir rouge fournie par Pacha, et personne n’avait voulu d’elle. Pacha et Lavrenti avaient surveillé de loin et puis tout à coup Pacha était arrivé, il l’avait tirée par les cheveux et, brandissant un bâton de rouge à lèvres, il en avait barbouillé la tronche de Zara. Puis il avait poussé Zara dans la voiture et dit à Lavrenti : « Regarde-moi ce clown. » Et Lavrenti avait rigolé : « Bah, elle apprendra. Elles apprennent toutes. » Pacha avait enlevé sa chemise et haussé les épaules dans la voiture comme s’il remontait ses épaulettes tatouées. Lavrenti avait rendu les honneurs avec de grands airs. À l’hôtel, Pacha avait ordonné à Zara de se débarbouiller la tronche, et il lui avait enfoncé la tête dans le lavabo plein d’eau, où il l’avait maintenue jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.

Je commence par quelques mots sympas, car je suis un gars sympa… Le roman de Sofi Oksanen a reçu de nombreux prix littéraires, comme celui du Conseil nordique, du Finlandia, du Runeberg, du livre européen ou bien celui de la Fnac et du Fémina étranger. Cela fait beaucoup n’est-ce pas ? Peut-être beaucoup trop ? Il faut dire que l’histoire a tout pour plaire puisqu’à travers le destin de deux femmes nous découvrons celui d’un pays : l’Estonie. C’est généralement un genre qui m’attire beaucoup. Et ici ? Il me semble que vous avez deviné ? Je fais durer le suspense intentionnellement. En effet, je sais, c’est n’importe quoi. Mais, que voulez-vous, on s’amuse comme on peut. Je n’ai pas du tout aimé ce livre. Et, ce n’est absolument pas à cause de l’histoire, mais à cause du style d’écriture de Sofi Oksanen. Il s’agit d’un genre d’écriture qui ne m’est pas inconnu, que j’ai déjà vu chez d’autres, sans me souvenir des noms, mais que je n’apprécie pas. Je trouve ça trop détaché, trop froid, pas assez liant. Il me semble que cela manque aussi de psychologie, que les faits sont posés les uns à la suite des autres sans être connectés. C’est le type de ressenti qu’il est difficile d’expliquer. Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ? Ou bien suis-je complètement à côté de la plaque ? Toujours est-il que je n’accroche pas du tout à cette écriture, qui n’a en plus rien d’original. Ce n’est pas littéraire, c’est scolaire. Pour moi, ce n’est presque pas travaillé, ce n’est qu’une compilation de paragraphes parmi lesquels il y a du bon et surtout de l’extrêmement mauvaise. Pourtant, les lecteurs, dans l’immense majorité, adorent. Décidément, je ne comprends pas… Et encore moins tous les prix littéraires obtenus. Ce truc ressemble à une revue de presse, pas à un roman, même certains journalistes savent être plus captivant, c’est dire le désastre. Aussi, je vous invite à vous faire votre propre opinion. J’ai failli oublier, j’aime bien les dernières pages, c’est-à-dire la chronologie de l’histoire de l’Estonie qui n’a, il me semble, pas été rédigé par Sofi Oksanen. Et, c’est tout.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran.

logo-epg

37 réflexions sur “Purge, de Sofi Oksanen

  1. Je me souviens avoir adoré ce livre mais je l’ai lu il y a tellement d’années que je ne me souviens plus de l’histoire. Je ne me rappelais déjà plus du choix narratif, merci 😁 c’est un style que j’aime mais je serai curieuse de le relire pour voir si je suis toujours enthousiaste.

    Aimé par 1 personne

  2. J’avais à l’époque d’couvert avec « Purge » l’histoire de l’Estonie donc beaucoup aimé ce roman (sans en faire un coup de coeur) mais à la suite j’avais continué avec « Norma » qui était pour moi d’une nullité absolue.

    Aimé par 1 personne

  3. J’avais lu le livre à sa sortie et j’avais beaucoup aimé. Je m’étais vraiment laissé emporter par le côté fresque, épopée du récit et j’avais trouvé le style d’Oksanen plutôt plaisant, facile à lire et en tout cas adapté au style de récit.

    J’avais eu l’impression d’en savoir un peu plus sur un petit pays (l’Estonie) au destin singulier et dont je ne savais pas grand chose. C’est de toute évidence un livre dont j’avais tiré un grand plaisir.

    Bref, en gros, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Désolé !

    Aimé par 1 personne

  4. Est-ce que je me trompe si je conclus que faire une lecture commune avec toi, c’est en général un point de plus pour le co-lecteur/la co-lectrice, et un point (ou cent) en moins pour le livre? Celui-ci est sur ma liste à découvrir et il y reste!

    Aimé par 1 personne

  5. Effectivement, au début de ton article, je me suis dit « ah oui, ça a l’air bien ! » puis j’ai lu ton extrait et je me suis dit « bon, très peu pour moi ». Ça ne m’a donc pas vraiment étonnée que tu n’aimes pas !

    Aimé par 1 personne

  6. Je fais partie des lectrices qui ont beaucoup aimé ce livre, le ton détaché m’avait d’abord déroutée et puis ensuite, je l’ai oublié tant l’histoire de Zara et de l’Estonie m’avaient intéressée.

    Aimé par 1 personne

  7. Acheté au temps de sa sortie, j’avais essayé de le commencer parce que justement il avait l’air prometteur et d’être tout ce que j’aime, mais après quelques pages il m’était tombé des mains, remis sur l’etagere pour plus tard, je m’étais dit que ce n’était peut être pas le bon moment pour moi, d’autant plus en voyant les louanges et le « succès » de ce livre effectivement. Un jour plus tard peut etre je réessayerai, rien d’urgent donc à la lecture de votre chronique

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s