La mort du fer, de Serge Simon Held

La mort du fer, de Serge Simon Held (L’arbre Vengeur) — ISBN-13 : 9782379410048 —  420 pages — 18 € — Genre : Le monde d’après l’effondrement.

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J’ai l’impression qu’à chaque fois que je vous parle d’un livre de science-fiction, celui-ci est édité chez l’arbre vengeur, mais c’est peut-être aussi, car je ne lis pas assez souvent ce genre littéraire, pourtant extrêmement riche. Et puis, mais depuis le temps que vous me suivez, vous vous en doutez, il va être question d’un classique sorti pour la première fois en 1931.

Le début de l’histoire se déroule dans une usine sidérurgique du nord de la France. Très rapidement, des problèmes apparaissent comme des accidents de travail. Dans un premier temps, on pense à des sabotages. Aussi, des hommes sont renvoyés, une surveillance est organisée. Puis, un des ingénieurs de l’usine comprend qu’un virus s’attaque à la principale caractéristique du fer : sa solidité. On comprend dès lors que le fer est partout et que ne plus en avoir, c’est se retrouver sans moteurs, sans usines, sans certains bâtiments, sans Tour Eiffel, etc. Puis, au fur et à mesure que la Maladie Bleue (c’est le joli nom du virus, bien plus sympa que covid-19) progresse, l’histoire prend de la hauteur et c’est un état des lieux général de la France (et d’ailleurs) que l’on commence à avoir. Comme vous pouvez vous en douter, c’est la panique à bord, des bâtiments s’effondrent, la bourse fait de même, la nature humaine profonde réapparaît. Les politiciens sont perdus, les morts se succèdent, il y a des manifestations de partout, la révolte gronde, ce n’est pas la lutte finale, mais presque. Enfin, la tension monte progressivement et c’est ici que j’arrête mon descriptif…

L’écroulement des marchés, le chômage croissant, la détresse des familles laborieuses sans gîte et sans pain posaient d’ angoissants problèmes que le gouvernement s’efforçait en vain de résoudre. À la faveur de ces événements, le député Lebon sortit de l’ombre où son ambition s’étiolait et conquit par d’intelligentes suggestions la faveur des assemblées.

J’apprécie toujours lorsqu’un roman de science-fiction se sert de son sujet pour diluer un message politique, social et moral, c’est d’ailleurs souvent le cas avec ce genre, mais ici le traitement est un peu différent. En effet, dans ce roman il n’y a pas vraiment de personnages centraux, ces derniers viennent et disparaissent sans grandes effusions de sentiments. Ce livre n’a pas de héros, un peu comme dans certains vieux films soviétiques (j’ai oublié les titres et je ne suis pas contre une petite piqûre de rappel). Non, ce qui intéresse l’écrivain, ce sont surtout les événements, la chute progressive d’une civilisation, les réactions humaines, la panique qui s’installe, les choix politiques. Personnellement, j’ai apprécié, même si ce n’est peut-être pas un chef-d’œuvre comme l’annonce l’éditeur, cela reste un très bon roman. Finalement, nous sommes plus face à un roman social que d’anticipation. En effet, l’écrivain parle de l’étranglement de la classe ouvrière… Enfin, que dire du style d’écriture ? J’ai trouvé ce dernier très poétique, c’est vraiment très bien rédigé, avec des échanges sur la politique ou bien l’art. Il y a comme une forme de nonchalance dans le texte, c’est assez envoûtant. La seule chose que je regrette, c’est que La mort du fer soit l’unique roman rédigé par Serge Simon Held. Enfin, sachez que l’ouvrage contient une très intéressante préface (bien qu’un peu redondante et longuette) rédigée pas un certain Juan Asensio. Avant de conclure, je dois absolument vous dire deux mots sur la couverture du livre, car elle est vraiment superbe. Déjà, je trouve le dessin de cette Tour Eiffel tordu extrêmement réussi. De plus, ce que l’on ne voit pas sur la photo, c’est que le rendu donne un gris métallique brillant et en relief, c’est du plus bel effet. Bravo au graphiste et illustrateur Greg Vezon.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

30 réflexions sur “La mort du fer, de Serge Simon Held

  1. C’est vrai que la couverture est très bien. Tu sais pourquoi cet auteur n’a écrit que ce livre ? Tu le décris de façon très détaillée. J’apprécie car on peut se faire une idée précise du roman.

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  2. Généralement, j’aime la SF que je lis, mais je n’en lis pas assez souvent.. en lire davantage était d’ailleurs l’un des objectifs que je m’étais fixée pour 2020, et on peut dire que je l’ai réalisé, sachant que ce n’était pas très difficile, n’ayant lu qu’un titre SF en 2019… mais quand parmi le peu lus, il y a les deux romans de Damasio, La horde du contrevent et Les furtifs, c’est gagné !!
    Au départ j’étais partie pour commenter ton billet quand même… je note ce titre en tous cas, plus pour l’aspect social que fictif d’ailleurs, et parce que j’ai aussi une grosse lacune en matière de littérature des années 30..

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  3. Ca a l’ai effectivement prometteur et belle métaphore du virus 90 ans avant… et pas que, bien entendu surtout si l’on considère l’époque ou il a été écrit. Voilà je l’ai commandé d’occasion dans une petite librairie en France et il arrivera dans quelques semaines. Je crois que je vais même l’offrir à ma mere pour son anniversaire en mars, avant de l’avoir lu moi-meme, je fais confiance à Goran !

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