Gel, de Thomas Bernhard

Gel, de Thomas Bernhard (Gallimard) — ISBN-13 : 9782070206728 —  312 pages — 23,50 € — Genre : Un stage bien galère.

gel

Avec cette critique, je clos ma participation au mois des feuilles allemandes. Cette fois encore, je vais vous présenter un livre d’un auteur autrichien. En fin de compte, je n’aurais parlé d’aucun écrivain allemand, car, pour tout vous dire, je me suis un peu planté lors de mes commandes et j’ai fait avec ce que j’avais sous la main. Promis, je ferai mieux l’année prochaine.

Un étudiant en stage de médecine se voit confier par son responsable, un chirurgien, une mission délicate, mais également de haute importance. De quoi s’agit-il ? D’une enquête de terrain. Mais encore ? Notre jeune interne doit se rendre dans un village, Weng, qui se situe dans la montagne autrichienne afin d’y étudier les faits et gestes du peintre Strauch. D’ailleurs, ce dernier n’est autre que le frère (perdu de vue) du chirurgien en chef à qui on ne peut rien refuser. Une fois sur place, l’étudiant missionné par son responsable s’installe dans la même auberge que le vieux peintre. Celui-ci passe son temps à se balader, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à faire dans le coin. Par conséquent, l’observateur et l’observé finissent par se rencontrer et se lier d’amitié. Ainsi, le vieil homme qui ignore l’identité de son jeune camarade expose sa conception de la vie dans de longs monologues qui n’ont rien de réjouissant, mais qui sont de hautes teneurs philosophiques. Toujours est-il que notre stagiaire se fait littéralement envoûter, au point de ne plus pouvoir se passer de lui, par le vieil homme et ses envolées lyriques. C’est ainsi, dans un rapport quotidien de vingt-sept jours que nous apprenons à connaître le lieu, les principaux personnages qui y habitent, mais surtout la psychologie du peintre Strauch. En outre, c’est de celle-ci, c’est-à-dire des lambeaux de pensées (pour reprendre l’expression de l’écrivain), qu’il est essentiellement question dans ce livre. Le vieil homme n’est autre qu’un peintre en souffrance, un malade imaginaire, un misanthrope qui se méfie de tout le monde et aux idées suicidaires. Dans ce roman, le sujet principal est psychologie des hommes qui composent ce récit, car il est très peu question du quotidien sauf à travers de ce qu’en pense le vieux peintre.

Ils sont tous de bonne humeur quand l’intervention a réussi. Dans ces cas-là, on voit même l’assistant au café. Mon frère prétend que c’est un manque d’imagination qui m’a fait étudier la médecine. C’est possible. Mais qu’est-ce vraiment ? Et, en l’occurrence, qu’est-ce qui a fait que me voici en train d’observer le peintre Strauch, de me laisser imprégner par cette sorte d’enquête ? Comment cette recherche se comporte-t-elle vis-à-vis de moi ? Et moi, vis-à-vis d’elle ? Et n’est-ce pas fort insolite d’aller rejoindre un homme qu’on ne connaît pas, de se présenter à lui, de se promener avec lui pour écouter ses propos, d’observer ses actes, de connaître ses pensées et ses intentions ?

Ce qui est bien lorsque je lis un roman de Thomas Bernhard, c’est que je sais par avance que je ne serai pas déçu. Bien entendu, je ne mets pas tous les livres de l’écrivain autrichien au même niveau, mais j’aime tout ce que j’ai pu lire de lui jusqu’ici, c’est-à-dire environ une quinzaine de textes. Que dire de particulier sur, Gel, le titre qui nous intéresse aujourd’hui ? C’est en fin de compte le portrait d’un mélancolique nihiliste que nous découvrons et c’est le genre de récit, porté par une belle plume, qui pénètre votre âme. Certes, comme toujours avec Thomas Bernhard, c’est noir et désespéré, mais que c’est bien écrit. Personnellement, j’adore. Ensuite, Gel, n’est sans doute pas le roman que je préfère de l’écrivain autrichien, mais il possède un petit quelque chose que je ne saurais définir. Toujours est-il que c’est un livre que je vous conseille, d’autant plus qu’il s’agit du premier roman écrit par l’écrivain. Par conséquent, on peut se rendre compte que le talent était là dès le début.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

21 réflexions sur “Gel, de Thomas Bernhard

  1. Encore un auteur qu’il faut que je lise … et c’est vrai que quand on cherche des titres germanophones, on en revient souvent à l’Autriche.. mon titre à moi aussi sera autrichien (il faut que je rédige mon billet, glurppp…) ! J’avais bien un allemand sur ma PAL, mais il fait plus de 1000, et je ne me suis pas sentie assez de courage pour m’y lancer maintenant !

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  2. Je fais partie de ceux qui n’ont encore jamais lu Thomas Bernhard. C’est une excellente idée de le chroniquer (tu n’as pas besoin de dire que tu feras mieux l’année prochaine :-). Encore une belle suggestion de lecture, merci !

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