Œdipe sur la route, de Henry Bauchau

Œdipe sur la route, de Henry Bauchau (J’ai Lu) — ISBN-13 : 9782290301524 —  280 pages — 6,80 € — Genre : Un petit tour et puis s’en vont.

œudipe

Je voudrais commencer cette critique en remerciant la personne (elle se reconnaîtra) qui m’a offert ce roman de Henry Bauchau et grâce à qui, par la même occasion, j’ai trouvé un auteur dont je suis impatient de découvrir un peu plus l’œuvre. Encore une fois, merci beaucoup à toi…

Oedipe sur la route, de Henry Bauchau est un roman qu’il est extrêmement difficile de résumer, je le sais, car cela fait des mois que j’ai lu ce livre et que je traîne des pieds pour écrire cette chronique qui me tient pourtant à cœur. Et pas seulement parce qu’il m’a été offert, mais surtout, car j’ai adoré et que je souhaite conserver quelque chose sur ce roman. Pour faire court, ce texte raconte l’histoire de trois personnages en errance, le cœur gros et un peu le vague à l’âme. Ainsi, Œdipe prend la route à la recherche d’un je ne sais quoi, peut-être du sens de la vie, marqué par son passé qui lui a fait perdre la vue. Aussi, sa fille Antigone décide de l’accompagner afin de le guider, de lui montrer son chemin. Dans ce parcours difficile, Clios, un homme que tout le monde pense bandit, va se joindre en cours de route au père et à la fille. Toujours est-il que ce petit groupe, nouvellement formé, va en cours de route faire face à de nombreuses épreuves physiques et morales. Le temps du règne est tellement loin, il faut dorénavant faire preuve d’humilité et de beaucoup de courage. D’ailleurs, ce texte, c’est aussi sans doute l’histoire d’une renaissance, c’est une réflexion sur les difficultés de la vie. Cette dernière n’est jamais tracée d’avance, jamais terminée comme on se l’imagine. C’est tout ce que l’on comprend à travers des personnages qui nous habitent de leurs pensées… Il me semble que l’écrivain n’est ni optimiste ni pessimiste, mais qu’il prétend que la roue tourne.

Après le repas, composé des bonnes choses qu’ont laissées les bergers, Clios s’approche d’Œdipe : « Laisse-nous te guider. En allant comme tu fais, à travers tout, tu te fatigues, mais surtout tu fatigues Antigone qui n’a pas ta résistance. Elle a été très malade, il faut la ménager. » Œdipe est troublé, on voit l’angoisse s’imprimer sur son visage, il dit : « Je dois découvrir où je vais, et le découvrir presque à chaque pas. Pour survivre, il a fallu que je perde la vue. Depuis, il faut que je suive mon vertige qui me mène n’importe où. Si Antigone se fatigue, préviens-moi, je m’arrêterai. » Il se détourne, il est déjà reparti, tout seul.

Que dire du texte si ce n’est que j’ai adoré ce roman extrêmement poétique, mais également psychologique et je dirais même, tinté de réflexions philosophiques. Oedipe sur la route, de Henry Bauchau, fait partie des livres qui marque, qui envoûte, que l’on regrette d’avoir déjà terminé, car le ton et le style possèdent ce petit quelque chose de différent, d’indéfinissable, mais qui transpose comme dans un rêve éveillé. Ainsi, le récit est assez mélancolique, mais surtout de toute beauté. Et puis, j’adore découvrir — même si je n’aime pas tout — d’autres façons d’écrire, car je prends du plaisir à être surpris et pas seulement par l’histoire, ce serait trop facile, mais surtout par l’écriture qui malheureusement, comme tout le reste, a tendance à se standardiser. On ressort de l’histoire, un peu comme sonnée, non pas K.O tel un boxer, mais aussi heureux qu’après un bon chichon. Certains lecteurs trouveront (très probablement) l’écriture de l’écrivain belge assez compliquée, déroutante, mais de mon côté j’ai été subjugué, certes, un peu surpris dans un premier temps, car il faut bien avouer que le style d’écriture est particulier, sauf que je m’y suis très rapidement habitué. J’ai hâte de lire les dix autres romans de Henry Bauchau.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

27 réflexions sur “Œdipe sur la route, de Henry Bauchau

  1. C’est marrant, c’est un livre avec une Antigone que j’ai lu et aimé récemment aussi !
    Pourquoi l’auteur et le titre du livre me disent quelque chose ? M’en aurais-tu parler ?

    Cela a l’air d’être une lecture étonnante, un magicien d’Oz pour adulte ! Ce nest pas de l’ironie c’est ce que m’évoque ton article !

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  2. J’aime aussi beaucoup Bauchau, il n’est pas facile du tout de chroniquer ces romans, tu t’en sors très bien. J’ai lu il y a quelques mois le Antigone qui m’a subjuguée, tu me rassures pour celui-ci, il m’impressionne un peu. Je te recommande Diotime et les lions, magnifique.

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  3. J’ai adoré L’enfant bleu de cet auteur, et beaucoup aimé Le boulevard périphérique. J’ai dans ma bibliothèque un coffret regroupant le titre que tu as lu, ainsi qu’Antigone et Diotime et les les lions, mais j’avoue qu’ils m’effraient un peu… A tort, si j’en crois ton avis !

    Aimé par 1 personne

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