Kumudini, de Rabindranath Tagore

Kumudini, de Rabindranath Tagore (Zulma) — ISBN-13 : 9782843046599 — 380 pages — 22 € — Genre : Dallas ton mariage impitoyablement ar(dé)rangé.

kumudini

Après mon petit exposé sur le cinéma, je poursuis mon investigation de la culture indienne avec une critique littéraire. Ainsi, aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler du roman Kumudini de l’écrivain nobélisé (en 1913) indien : Rabindranath Tagore.

Il y a d’un côté une vieille famille riche (les Chatterji) qui s’appauvrit et de l’autre une vieille famille moins fortunée (les Ghoshal) qui s’enrichit. Dans la première, Kumudini coule des jours heureux auprès de son frère Vipradas, sauf que l’argent commence à terriblement manquer. Dans la seconde, Madhusudan ne pense qu’à faire fortune sans se préoccuper du reste, jusqu’au jour où celui-ci souhaite fonder une famille en épousant une Chatterji (et rien d’autre). Pour des questions d’argent, malgré les réticences de son grand frère, la très belle Kumudini accepte de se marier avec Madhusudan, un homme beaucoup plus âgé qu’elle, mais également d’une arrogance sans limites. Malheureusement, à cause d’un énorme problème de communication (en effet, cela existait déjà à l’époque), dès le départ le mariage fut malheureux. Pourtant, pour des questions religieuses, Kumudini souhaitait réussir sa vie de couple, mais sa timidité et son inexpérience n’ont pas joué en sa faveur, bien au contraire. Et que dire de la vie dans sa belle-famille ? Elle n’est vraiment pas simple, il est loin le temps de la légèreté qui régnait auprès de son frère. Dès lors, Madhusudan n’aura de cesse de vouloir briser psychologiquement sa femme par des privations en tout genre, jusqu’au jour où celui-ci comprend son amour pour celle qu’il brime sans raison. À partir de là, l’époux, peu habitué aux gentillesses, tentera maladroitement de reconquérir le cœur de sa femme, mais son moi profond fera toujours surface. Madhusudan, malgré son comportement, réussira-t-il à sauver son couple ? Vous le saurez en lisant ce roman.

Il existe une hiérarchie de caste qui n’est pas déterminée par la société mais qui vient du sang et qui est inviolable. Cette différence de caste venue du sang affecte terriblement les femmes, bien plus que les hommes. La Mère de Moti, mariée très jeune, n’avait pas eu le temps de comprendre ce mystère en ce qui la concernait. Mais, par l’intermédiaire de Kumu, elle ne douta pas de sa réalité et frémit. Il lui semblait assister à une horrible scène : un animal inconnu, tirant une langue baveuse, se tenait en embuscade devant l’entrée de la grotte sombre dans laquelle Kumu invoquait son Dieu. Elle en éprouva une grande colère et murmura : « Honte à ce Dieu ! Va-t-Il la sauver du danger dans lequel Il l’a mise ? Pensez-donc !

Kumudini, de Rabindranath Tagore, a été publié en 1929 puis traduit en français en 2013. Toujours est-il que ce roman n’est pas une simple histoire d’amour entre couples qui ne se comprend pas, mais une critique du rôle et de la place de la femme dans la société indienne de l’époque. Ainsi, certains passages, extrêmement explicites, montrent que l’homme possède tous les droits tandis que la femme n’en a aucun (c’était la grande époque, diront certains). Quoi qu’il en soit, j’ai été heureux de faire cette lecture qui m’a permis de découvrir, une culture, mais aussi des us et coutumes qui me sont presque complètement inconnus. Et, c’est ce que j’aime dans la littérature. En ce qui concerne le style d’écriture, celui-ci est très facile à lire, malgré des noms de Dieu et autres qui nous sont inconnus (il y a un lexique à la fin du livre). Ainsi, le récit est très imagé, il y en a vraiment partout, tout au long du texte, des expressions imagées. Il est vrai que le livre peut paraître désuet, ce n’est pas inexact, mais le désuet, de temps à autre, cela a aussi son charme.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

22 réflexions sur “Kumudini, de Rabindranath Tagore

  1. Merci pour ce retour. Je ne connais pas grand chose à la littérature indienne, j’ai lu il y a quelque temps déjà un petit Folio deux euros de Tagore. Je retrouve mes impressions de lecture en lisant ton billet. Je vous rejoins demain avec une chronique indienne 🙂

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