Mon homme Godfrey, de Gregory La Cava

Mon homme Godfrey, de Gregory La Cava — États-Unis 1936 — Genre : Madame est servie.

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Comme je parle un peu trop souvent de livres, j’ai décidé de rééquilibrer la balance et par conséquent de vous présenter, de nouveau, un film. Comme il y a quelques mois, c’est d’un long-métrage américain dont il va être question, mais cette fois-ci d’un classique puisque le film date de 1936.

Ainsi, « Mon homme Godfrey » a été réalisé par Gregory La Cava. Il s’agit d’un réalisateur qu’il me semble découvrir avec ce long-métrage, mais je ne suis sûr de rien. J’avoue ne plus très bien me souvenir. Pourtant je devrais, car Gregory La Cava a réalisé un nombre incroyable de films, même si, jusque dans les années 30, il s’agissait essentiellement de court-métrage. Toujours est-il que la longue liste des titres que je découvre sur Wikipédia ne me dit rien. Mais venons-en au film… Celui-ci débute par un petit jeu innocent que seuls des riches en mal d’aventure peuvent inventer. De quoi s’agit-il ? D’une simple petite course, c’est à celui qui rapportera en premier, afin de remporter un titre honorifique lors d’une grande et majestueuse soirée, un déchet trouvé dans les rues de New York (je ne suis plus certain que cela se passe dans cette ville, mais peu importe). Pour la chasse aux déchets du soir, pour laquelle il faut trouver et faire venir un clochard, deux sœurs sont en compétition. Cornelia, l’aînée, propose 5 dollars au vagabond élu (qui n’en demandait pas tant) pour la suivre, mais Godfrey (c’est le nom du sans-abri), plein d’esprit et d’humour, renvoie l’aristocrate dans ses cordes. Irène, la petite sœur, qui s’amuse de la situation (après n’avoir rien loupé de la scène) est tombée sous le charme de l’esprit vif de Godfray. Ce dernier accepte de la suivre afin de faire enrager, encore plus qu’elle ne l’est, Cornelia. Aussi, après avoir remporté son prix, Irène décide de faire engager Godfrey par sa mère, c’est ainsi que l’ancien clochard devient le nouveau majordome de la famille Bullock, une famille qui n’est pas tout à fait comme les autres, car un peu fofolle, excentrique, etc. Toujours est-il qu’en fin de compte, tout le monde (en dehors de la sœur aînée) finit par apprécier Godfey, qui s’avère être un excellent majordome, mais qui n’est pas tout à fait celui qu’il prétend être.

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J’ai passé un excellent moment devant cette comédie douce amère, mais également cynique. Effectivement, il ne faut pas perdre de l’esprit que les sans-abris sont considéré comme des déchets. D’ailleurs, je me demande s’il en est toujours ainsi dans le remake de 1957. Sur la page Wikipédia consacrée au film de 1936, le synopsis fait mention à une « course aux objets » alors que les sous-titres du film mentionnent bien « une chasse aux déchets ». Toujours est-il que le film est très drôle, très ironique, très fin. Le personnage principal, interprété par William Powell, possède une belle repartie. Les batailles verbales entre les différents protagonistes sont très croustillantes. J’ai adoré. D’ailleurs, à plusieurs reprises, ce long-métrage m’a fait penser à certains films d’Ernst Lubitsch comme « Ninotchka » ou bien « Jeux dangereux » et dans lequel le rôle principal est également tenu par Carole Lombard. J’ai trouvé le jeu de cette dernière très pétillant, vif, drôle, frais, mais également d’une grande modernité. En effet, celle qui décide et qui prend les choses en main, c’est Irène (et personne d’autre). Et surtout pas le pauvre Godfrey, coincé entre deux femmes (Cornelia et Irène) au tempérament bien trempé. Enfin, le long-métrage de Gregory La Cava contient son lot de rebondissements, mais sur lesquelles je ne vais pas m’attarder afin de ne pas vous gâcher le plaisir. Entre le jeu des acteurs, le scénario et la réalisation, qui débute avec le dialogue entre deux clochards dans une sorte de bidonville, on ne s’ennuie pas une seconde. Superbe !

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

13 réflexions sur “Mon homme Godfrey, de Gregory La Cava

  1. oui, c’est un film excellent,pétillant, drôle et cynique mais plein d’humanité quand même (bref, j’aime beaucoup) ; dans le même genre et du même La Cava, je te suggère « la fille de la 5e avenue », tout aussi vif et construit sur le même canevas !
    🙂

    Aimé par 2 personnes

  2. C’est un très beau film, et surtout un film très attachant. Les fâcheux (dont je ne suis pas) pourraient objecter qu’il y a quand même beaucoup de bons sentiments mais il ne faut pas faire d’anachronisme : c’est l’époque qui veut ça : nous sommes en 1936, au creux de la récession américaine, les gens vivent dans une misère noire et n’ont pas envie d’aller voir des films démoralisants au cinéma. Un beau film d’époque touchant et bien interprété, Bravo.

    Il y a un extrait du film qui m’avait marqué lorsque je l’avais, c’était une réplique du père, milliardaire, qui dit « si l’Etat me pique 50% des mes revenus et ma femme 60%, comment voulez-vous que je m’en sorte ! ».

    D’abord, c’est très drôle, mais c’est plus que cela. Ca montre aussi que le milliardaire de cette époque … était taxé à hauteur 50% de son revenu total, qu’il n’avait pas mis sa fortune dans des paradis fiscaux et … qu’en fin de compte il ne s’en plaignait même pas, qu’il ne trouvait même pas cela scandaleux. Tout cela montre le fossé abyssal entre cette Amérique rooseveltienne et ce que sera sa version reaganienne 50 ans plus tard. A titre perso, je préfère la première.

    Aimé par 2 personnes

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