Ailleurs, de Richard Russo

Ailleurs, de Richard Russo (Quai Voltaire) — ISBN-13 : 9782710369707 —  261 pages — 21 € — Genre : Ma mère.

ailleurs

Je rédige cette critique dans le cadre d’une lecture commune organisée par Ingannmic qui a lancé un appel à ses millions d’abonnés. Le but de celui-ci ? Faire connaître Richard Russo en critiquant une de ses œuvres. Et c’est ainsi que je découvre ce dernier avec le titre : « Ailleurs ».

Dans ce roman autobiographique, Richard Russo dresse le portrait de sa mère. Qui est-elle ? Que souhaite-t-elle ? C’est ce que l’écrivain américain va tenter de décrypter tout au long de cette histoire personnelle. Toujours est-il que (dans un premier temps) l’auteur nous parle de son enfance. Cette dernière, en quelque sorte heureuse, se situe dans une famille monoparentale des années 50, car le père est parti à la recherche d’un oiseau rare. Bien que fils unique, Richard Russo ne vit pas seul avec sa mère. En effet, les deux personnages habitent dans un appartement qui se trouve juste au-dessus des grands-parents de Richard. Les parents, car il s’agit de leur logement, ne font payer à leur fille qu’un loyer minimum. Les grands-parents de Richard Russo sont très présents même si la mère de l’enfant ne le voit pas de cet œil, elle, qui souhaite plus que tout vivre en toute indépendance, se considère d’ailleurs comme une femme indépendante… L’est-elle réellement ? La mère est persuadée que oui, mais nous pouvons douter du bien-fondé de son raisonnement. C’est à cette question que l’écrivain américain va tenter de répondre tout en nous parlant de cette mère qui a tant fait pour lui, mais qui lui en a aussi fait voir de toutes les couleurs. En effet, la mère de Richard Russo, c’est ce que l’on va apprendre très rapidement dans le texte, est une femme névrosée qui, à cause de ses nombreuses crises de nerfs, se comporte de manière excentrique. De plus, l’enfant va très vite s’habituer aux crises maternelles, avec lesquelles (une fois adulte) il devra composer, et cela jusqu’à la fin de ses jours…

Elle mit une bonne minute à réagir face à cette vérité fâcheuse. « Tu n’as pas des choses que tu adores, toi ? » Je ne répondis pas, et elle demeura muette jusqu’à ce que nous pénétrions dans l’allée de la maison que nous quitterions définitivement le lendemain matin. « Tu crois vraiment que je ne fais pas d’efforts ? demanda-t-elle, les mains tremblantes et la lèvre inférieure frémissante. Parce que j’en fais ! J’espère que tu ne devras jamais en faire autant.

Malheureusement, il faut bien l’avouer, je n’ai pas été touché par l’histoire de l’écrivain. Ainsi, l’enfance de Richard Russo, de même que son parcours auprès de sa mère névrotique, tout cela ne m’a pas vraiment passionné. Je suis passé complètement à côté des moments difficiles qu’a connus l’écrivain. Et que dire de l’écriture ? Elle n’est pas mauvaise, loin de là, mais je ne l’ai pas trouvé particulièrement transcendante. Je dirais que le style de Richard Russo est assez standard, reconnaissable parmi d’autres auteurs américains de la même période et je pense notamment à Russell Banks. D’ailleurs, je ne sais pas si les deux écrivains sont de la même génération, mais ils semblent avoir suivi le même cours d’écriture. Avec ça on ne risque pas d’être surpris, c’est un peu comme chez McDonald’s, on sait ce pour quoi on vient (que ce soit à Paris ou bien à l’autre bout de la planète). Toujours est-il que tout ceci se lit très rapidement et malheureusement cela s’oublie tout aussi rapidement. C’est une écriture assez facile à lire et à comprendre et encore une fois, ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas très original. J’ai vraiment eu l’impression que je me trouvais devant une écriture normé et normalisé. Je me rends compte que je suis assez dur envers l’auteur, car ce n’est pas si horrible, j’en attendais tout simplement peut-être un peu plus. D’autant plus que je me sens un peu seul au monde, car il me semble que pratiquement tout le monde aime Richard et Russell.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

24 réflexions sur “Ailleurs, de Richard Russo

  1. Mes millions d’abonnés ?!! Si tu savais le faible score de visites qu’enregistre mon blog (ce qui ne me perturbe pas vraiment, d’ailleurs, j’ai peu de visiteurs mais ils sont fidèles et participatifs, c’est tout ce qui compte !!)
    Dommage pour cette lecture, d’autant plus que le sujet m’intéressait. Russo tournant apparemment toujours un peu autour des mêmes thèmes, dans ses romans (les relations parents-enfants, le déclin des petites villes de province), je me disais qu’un texte autobiographique pouvait éclairer ce « systématisme » ! Mais à te lire, je devine qu’on ne retrouve pas ici l’humour à la fois tendre et féroce qui fait le sel des titres que j’ai aimés… C’est marrant, la comparaison avec Banks ne m’était pas venue à l’esprit mais elle est assez juste, ces auteurs ont des points communs au niveau des sujets qu’ils traitent, mais aussi de la manière dont ils abordent leurs personnages. J’aime beaucoup Banks (qui ne m’a jamais déçue, contrairement à Russo, dont Le pont des soupirs m’a laissé sur ma faim…) et je trouve par contre qu’il y a dans ses romans une dimension tragique plus forte que chez Russo (si je me fie aux titres que j’ai lus.
    En tous cas un grand merci pour ta participation, qui a enrichi cette LC d’un titre que personne d’autre n’a lu !

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    1. Je voulais écrire milliard et puis je me suis dit que c’était peut-être un chouïa de trop… 🙂

      C’est vrai que c’est plus tragique chez Banks. En tout cas, j’ai été heureux de participer avec tes millions d’abonnés… 😉

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  2. Quelle belle initiative ! Je ne connaissais pas l’auteur, comme quoi… Ça fonctionne !
    Le début de ton article car j’ai déjà lu des livres qui traitaient ou faisaient allusion du duo fils/mère névrotique. Même sur les écrans, c’est plutôt répandu.

    Mais malheureusement, faire connaître cet écrivain pour que les lecteurs l’oublient aussi sec… C’est dommage !

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  3. j’ai enlevé mes statistiques je suis incapables de savoir combien lisent mes billets , mais en revanche j’aime bien les liens qui se sont tissés grâce à Luocine. Ah oui, et Russo, moi j en’en ai lu qu’un « le déclin de l’empire Whiting » un très bon souvenir je peux encore le raconter alors que je l’ai lu en 2014

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  4. Je n’ai lu qu’un recueil de nouvelles de lui, qui avait été une excellente surprise. Je ne connais pas assez Russo et Banks pour voir de lien entre eux, mais j’ai aussi apprécié ce que j’ai lu du second (« De beaux lendemains » en particulier).
    Peut-être que le sujet a gêné l’auteur. Le livre de la mère, c’est souvent un passage obligé pour un écrivain, mais c’est tout aussi périlleux.

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  5. Je n’avais pas choisi ce titre, parce qu’en général je ne suis pas séduite par les autobiographies et j’ai beaucoup aimé celui que j’ai choisi : Le pont des soupirs. Ce qui n’est pas le cas de plusieurs lectrices. Peut-être est-ce parce que je découvrais Richard Russo ? En tout cas, sa plume me convient bien. Il m’a sorti de ma léthargie et de ma panne de lecture.

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  6. Dommage, je me dis que ce n’était peut-être pas le bon livre pour découvrir Russo. J’étais tenté aussi de franchir le pas suite à la proposition d’Ingannmic, en tout cas pas avec ce titre.

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