La belle, de Arunas Zebriunas

La belle, de Arunas Zebriunas — Lituanie 1969 — Genre : Miroir mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

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Et si je restais en Europe de l’Est, malgré le mois de mars qui vient de se terminer ? Il me semble que c’est une excellente idée et pas seulement, car elle vient de moi, mais rassurez-vous je change – tout de même – de registre, puisque je vais vous présenter, non pas un livre, mais un long-métrage, de 1969, qui nous vient de Lituanie. En avant pour « La belle », du réalisateur Arunas Zebriunas.

Le long-métrage lituanien débute par une scène virevoltante. La caméra tournoie autour  des arbres, puis d’un groupe d’enfants qui jouent dans un bois à un jeu qui s’appelle « La belle ». Une petite fille (heureuse comme tout) tourne en rond tandis que ses camarades (garçons et filles) expliquent à la fillette, toute en joie, pourquoi ils la trouvent belle comme aucune autre. Dans la scène suivante, on retrouve notre petite blondinette chez elle. Sa mère rentre, demande à sa fille si elle a mangé avant de se positionner devant le miroir du salon pour se coiffer, elle relève ses cheveux, puis laisse ceux-ci de nouveau tomber, elle souhaite se mettre à son avantage, car elle semble attendre quelqu’un. D’ailleurs, très vite, on sonne à la porte d’entrée. La maman se précipite tandis que le regard de l’enfant (qui n’avait d’yeux que pour le visage de sa mère) reste fuyant. Ce n’était finalement personne, simplement le vieux poète du 3e, car personne n’était attendu. Inga, c’est le prénom de l’enfant, explique à sa mère qu’elle rêve de devenir encore plus belle qu’elle, mais aussi de partir loin en sa compagnie. Celle-ci (désabusé) répond à son enfant avec une réplique qui fait mouche que l’« on ne peut s’évader de soi-même ». J’adore vraiment cette réplique. Enfin, bref… Inga mène une vie d’innocence jusqu’au jour où son univers s’écroule à cause d’un nouveau voisin. Ce dernier se moque d’Ida, il prétend qu’elle est moche comme un singe qui porte des taches de rousseurs. La petite fille ne sait plus quoi penser, elle finit en larmes. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête.

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Cela fait quelque temps que j’ai vu ce film et que j’ai dû revoir pour pouvoir vous le présenter. C’est que je n’ai pas une grande mémoire… Fort heureusement, il n’est pas très long puisque « La belle », d’Arunas Zebriunas, ne dure qu’un peu plus d’une heure. De plus, bien que cela ne soit pas le film du siècle, le long-métrage (ou bien moyen-métrage) est suffisamment plaisant pour pouvoir être revu. Et sinon que dire du film ? D’abord, celui-ci est très poétique, l’image est belle, mais le texte, malgré qu’il n’y en est pas beaucoup à cause des nombreuses scènes silencieuses, ne l’est pas moins. Le tout forme quelque chose d’envoûtant. Aussi, même si l’ambiance est badine, une certaine inquiétude règne, comme une tristesse lancinante, les regards sont souvent mélancolie. Il faut dire que le sujet du film ne porte pas sur la beauté et les victimes de la mode, malgré la description que j’ai faite plus haut. En effet, en toile de fond, le long-métrage nous parle d’un pays qui change et qui est symbolisé par le vieil homme qui pense à sa maison détruite pour faire place à un immeuble d’habitation, mais le sujet du film, c’est aussi celui des espoirs perdus, des lendemains qui ne chantent pas… Cependant, le sujet principal du film, c’est celui de l’attente, car tout le monde attend quelque chose dans ce film. Il y a le berger allemand qui attend son maître noyé dans la rivière, il y a la mère d’Inga qui semble attendre le père de son enfant parti il y a bien longtemps, car la petite fille ne l’a jamais connu. Enfin, il y a la fillette qui attend des réponses aux questions qu’elle se pose. Tout ce beau petit monde attend de retrouver ce qu’il a perdu, des jours meilleurs, le passé plus heureux.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

16 réflexions sur “La belle, de Arunas Zebriunas

  1. Belle idée de rester dans la culture slave ! je ne connaissais pas ce film… Il m’a l’air intéressant en effet, mais malgré la poétique il y a un petit manque d’engouement dans ton article qui fait que je ne m’y jetterai pas dessus.

    Je me suis préparer une petite liste de lecture estonienne, je ne sais pas si je réussirai à attendre le prochain mois de Mars pour la présenter (et la lire !) ou si les chroniques se feront éparsement au cours de l’année.

    Aimé par 2 personnes

  2. C’est une découverte en ce qui me concerne. C’est exactement le genre de film dont j’ai envie en ce moment. Un film qui met l’enfance au premier plan, on pense à Truffaut bien sûr. Mais il y a le charme slave qui s’ajoute ici semble-t-il.

    Aimé par 1 personne

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