Dépendances, de Géza Csath

Dépendances, de Géza Csath (L’Arbre vengeur) — ISBN-13 : 9782916141367 —  272 pages — 15,30 € — Genre : Sexe, drogue et rock’n’roll.

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Aujourd’hui, je vous emmène à la découverte du texte d’un auteur hongrois qui n’a – il me semble – jamais été abordé depuis qu’existe le mois de l’Europe de l’Est. Et c’est bien dommage, car Géza Csath est un écrivain qui mérite d’être plus connu qu’il ne l’est. Pour commencer, voici quelques mots sur le singulier Géza Csath.

Ainsi, Géza Csath est mort très jeune puisque celui-ci se suicida en 1919 à l’âge de 32 ans. Cependant, bien que mort très tôt, l’écrivain hongrois n’en a pas moins eu une vie extrêmement active. En effet, il fut un auteur d’envergure, un psychiatre reconnu (avec plus d’une vingtaine d’essais à son actif), mais également un critique musical. Comme on peut le voir, tout semblait sourire à cette talentueuse personne sauf que malheureusement, Géza Csath était amateur de belles femmes – ce qui est très bien -, mais également fasciné par les drogues – ce qui l’est beaucoup moins – qui le rendirent paranoïaque. Toujours est-il qu’un beau jour, celui à qui la vie tendait les bras tua sa femme avant de finir par se suicider. Triste fin ! Pourtant, c’est cette biographie qui m’a donné envie de découvrir l’oeuvre qui se cache derrière cet homme à l’esprit perturbé et dépendant à la morphine. D’autant plus, lorsque j’ai appris, que les récits de Géza Csath étaient empreints de noirceur et de pessimisme. Voilà qui avait tout pour me plaire ! Venons en maintenant au livre qui nous intéresse. Ainsi, dans « Dépendance », l’auteur hongrois tient le journal de sa vie, celle qui a lieu entre 1912 et 1913. Pendant cette période, Géza Csath est médecin dans un Sanitarium. Par conséquent, dans un premier temps, l’auteur nous parle des patientes qui viennent le voir dans son cabinet médical. Certaines sont jeunes, d’autres non, certaines sont belles, d’autres non, certaines sont malades, d’autres pas vraiment, mais toutes ou presque se font séduire par le médecin Casanova (et amateur de drogue) qui continue de se piquer entre deux parties de jambes en l’air. Dans la seconde moitié du texte, il n’est plus trop question de sexe, mais plus des tentatives désespérées que mène l’auteur pour arrêter la drogue tout en continuant à pratiquer la médecine.

Une pensée terrible et déprimante : je ne ressens plus l’envie d’écrire. Depuis que je me consacre sérieusement à l’analyse et que je dissèque le moindre ressort de ma vie psychique inconsciente, je n’éprouve plus le besoin d’écrire. L’analyse pourtant ne m’apporte que souffrances, déceptions et une connaissance amère de la vie, alors que l’écriture me donne du plaisir et de quoi subsister. Malgré cela, rien à faire !

Comme vous l’aurez sans doute compris à l’aide du cours extrait que je viens de donner. Écrire servait d’exutoire à l’auteur hongrois. Dans son journal, Géza Csath parle de ses doutes et de ses peurs, il nous explique ce qu’il faut faire pour arrêter de se droguer, mais il y revient inlassablement. C’est un homme à l’humeur changeante que l’on découvre. Dans un premier temps, il est heureux avec sa femme et ses maîtresses… La drogue l’anime. Puis, dans un second temps, Géza Csath est fatigué pour finir par être agacé… Tout d’un coup, la vie bien réglée de notre médecin semble partir à vau-l’eau, sa carrière professionnelle lui échapper, sa passion des femmes aussi. Et qu’en est-il de son rêve de publier une pièce de théâtre ? La drogue l’extermine. Bien qu’au début en partie amusant, « Dépendances », de Géza Csath, est un livre profondément sombre, mais tellement bon, car, malgré une écriture parfois clinique et la tragédie qui s’annonce, il prend vraiment aux tripes.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

17 réflexions sur “Dépendances, de Géza Csath

  1. Une rubrique « Sexe, drogue et rock’n’roll », ça ne peut qu’interpeller 🙂 Félicitations d’avoir déniché encore une très bonne idée de lecture. Je confirme : pas de billet jusqu’à présent dans le Mois de l’Europe de l’Est !

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