Tempête pour les morts et les vivants, de Charles Bukowski

Tempête pour les morts et les vivants, de Charles Bukowski (Au Diable Vauvert) — ISBN-13 : 9791030702736 — 352 pages — 20 € — Genre : Tempête.

tempete

Pour vous présenter ce recueil de poésie, à la fois émouvant, drôle et plein de surprises, de Charles Bukowski, j’ai décidé de faire simple, c’est-à-dire en retranscrivant un des nombreux poèmes que compte l’ouvrage et qui m’ont bien plu (pour les raisons que j’ai évoquées en début de phrase). Sacré vieux Buk, tu m’as bien manqué… Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

Venice, Calif., nov. 1977

Leary s’est barré depuis un moment et le quartier
de zonards qu’il a créé fait partie du passé : les
junkies, les cinglés, les fanatiques et l’aflux
général d’idiots ont été pris en charge par
les institutions depuis longtemps, y compris
l’institution de la mort. le LSD presque
démodé, le speed est monnaie courante, les
joints sont pour les lâches, la coke et le H sont
trop chers, les rollers et le squash sont dans le
vent ;  moins de guitares, plus de bangos, moins
de noirs ; les natifs font désormais du trafic
de colis et de petits articles depuis leurs vans
pendant que leur appareil stéréo ne joue plus
de Bob Dylan, ils sont devenus des capitalistes
mineurs, rien d’exigeant, juste un battage
médiatique, et le vélo à dix vitesses, ils font
du vélo à dix vitesses comme si c’était le rêve
ultime, toutes les révolutions sont terminées
mais il y a toujours un anarchiste ou deux sous
les palmiers, bourrant leurs pipes et prévoyant
de faire sauter je ne sais quel satané truc sans la
moindre foutue raison et la mer va et vient, va
et vient, et là-bas à Santa Monica les culturistes
sont toujours là, bien que ce ne soient plus les
mêmes culturistes, et la mer va et vient, et il n’y
a plus de Vietnam pour alimenter la polémique,
presque rien à faire, du squash, du roller et
du vélo à dix vitesses, et s’envoyer en l’air est
quasiment devenu une corvée, ça appelle les
emmerdes, tu sais, et le vin bon marché est
tendance, et on peut laver sa caisse en libre-
service pour vingt-cinq cents.

(13 commentaires)

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