Âme brisée, de Akira Mizubayashi

Âme brisée, de Akira Mizubayashi (Gallimard) — ISBN-13 : 9782072840487 — 256 pages — 19 € — Genre : Mon papa à moi.

ame

Me voici de retour avec la critique d’un roman japonais. Cela faisait longtemps n’est-ce pas ? Pour tout vous dire, dernièrement, j’ai acheté beaucoup de livres d’auteur japonais. Alors, je risque de vous proposer encore plusieurs articles sur des romans qui nous viennent du pays du Soleil-Levant. J’espère, malgré tout, que vous continuerez à me suivre avec grand interêt.

Il va m’être difficile de résumer le roman d’Akira Mizubayashi sans trop en dévoiler. Aussi, si vous préférez ne pas trop en savoir avant d’avoir découvert le livre, il serait peut-être bien de ne pas me lire, ou bien, simplement un peu en diagonale. C’est parti… L’histoire commence par une scène dans laquelle des hommes et femmes (musiciens amateurs) répètent le Rosamunde de Schubert. Ainsi, c’est dans le Centre culturel de Tokyo que notre quatuor, composé de trois Chinois et d’un Japonais, se retrouve pour jouer leur morceau préféré, un classique de la musique occidentale. Nous sommes en 1938, c’est la guerre, les Chinois ne sont pas vraiment les bienvenus au Japon, mais Yanfen, Cheng et Kang ont décidé de continuer leur étude auprès de leur professeur Yu, d’autant plus que nos trois étudiants disposent d’une invitation gouvernementale. Cependant, cette dernière ne sert à rien, puisqu’un jour nos musiciens sont brutalement interrompus par des militaires qui accusent le petit groupe de comploter contre le pays. Tout le monde est emmené, sauf Rei, le fils de 11 ans du professeur Yu, qui s’est caché dans une armoire, mais de laquelle il a pu tout voir, c’est-à-dire la violence et le mépris dont ont fait preuve les soldats envers son père. L’enfant sera malgré tout découvert par le lieutenant Kurokami, un mélomane qui laissera partir le jeune garçon avec le violon détruit (par les soldats) de son père. C’est plus ou moins ainsi que se passe le premier chapitre du livre, que l’on peut considérer comme une sorte d’introduction, car la suite du roman est tout autre puisqu’elle se déroule à notre époque en France. Rei est désormais un homme accompli, il est devenu luthier. Cependant, son passé douloureux n’est pas oublié et, à la suite d’un article de presse (découvert par l’épouse de Rei) sur une violoniste japonaise, il fera de nouveau surface.

Le temps s’était égrainé sous le parasol du bistrot sans que les deux jeunes artisans fussent conscients de son écoulement rapide et silencieux. Le soleil commençait à décliner, déjà. Il fallait s’en aller, rejoindre chacun son atelier. Ils se promirent de se revoir. Ils se serrèrent la main et se quittèrent. Les deux silhouettes disparurent dans l’obscurité croissante des ruelles.

Depuis la sortie de son premier essai en 2011, j’ai toujours eu envie de lire Akira Mizubayashi, mais comme vous pouvez le voir j’ai attendu de nombre d’années avant de franchir le pas. Toujours est-il que j’ai apprécié le roman dont il est question aujourd’hui et qui raconte l’histoire d’un homme en quête de son passé, de ses racines. « Âme brisée », d’Akira Mizubayashi, est un livre qui interroge sur le deuil, sur l’identité, c’est un roman qui comporte de nombreuses références musicales (j’ai beaucoup appris sur le violon), mais également littéraires avec entre autres « Le Bateau-usine », de Takiji Kobayashi et que je vous invite à découvrir. Le livre d’Akira Mizubayashi est extrêmement bien documenté, c’est aussi un texte qui pose des questions d’ordre social et sociétal. Il faut dire que s’agit d’un roman très délicat, très émouvant, la plume de l’auteur est belle, c’est très bien travaillé, mais c’est peut-être aussi un peu trop fleur bleue à mon goût, trop gentillet. Il faut dire que je ne suis pas habitué à ce genre de texte que je ne lis pas souvent. Malgré tout, j’ai apprécié ce livre tendre et émouvant.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(15 commentaires)

  1. J’ai commencé à lire ton billet en diagonale, comme préconisé, mais je t’avoue que la fin m’a dissuadée de me lancer dans ce titre ! C’est visiblement un de tes auteurs fétiches ? As-tu d’autres titres à me conseiller de cet auteur ?

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai aussi beaucoup aimé ce roman, sa délicatesse ( je crois que c’est pour cela aussi, cette impression  » fleur bleue « , comme une envie de voir du beau ) et totalement séduite par les mots sur la musiques, si évocateurs. Je n’avais jamais lu l’auteur romancier, seulement les essais que je recommande ( dont le Petit éloge de l’errance ).

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s