Le journal d’un fou, de Takehiro Irokawa

Le journal d’un fou, de Takehiro Irokawa (Philippe Picquier) — ISBN-13 : 9782809714005 —  272 pages — 8,50 € — Genre : Dingo.

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Cela fait extrêmement longtemps que je ne vous ai pas parlé d’un livre écrit par un écrivain japonais, alors que pourtant j’en lis toujours autant… Il était donc grand temps que je revienne vers vous avec une critique sur un roman (classique) qui nous vient du pays du soleil levant.

« Le Journal d’un fou », publié en 1987, est le seul roman traduit en français de l’écrivain japonais Takehiro Irokawa. Ce dernier est né à Tokyo en 1929. Au cours de sa courte carrière, car il meurt à l’âge de 60 ans d’une crise cardiaque, Takehiro Irokawa obtiendra de nombreux prix littéraires japonais, dont celui nommé Yomiuri en 1988 pour « Le Journal d’un fou ». Créer en 1949, le prix Yomiuri avait pour ambition de créer une « nation culturelle », mais je n’en sais pas plus, je répète simplement ce que j’ai lu sur Wikipédia… Aussi, je vous invite à y aller si vous souhaitez en apprendre plus. Mais revenons-en au roman. Celui-ci débute par l’internement, dans un hôpital psychiatrique, du narrateur. On ne sait pas le nom de ce dernier, mais petit à petit on apprend à connaître la vie présente et passée de l’homme qui a été enfermé, car fou. Ainsi, le narrateur parle de son enfance, du fait qu’il a dû être abandonné chez un membre de sa famille, car ses parents étaient trop pauvres pour pouvoir s’occuper de lui. L’homme enfermé évoque ensuite la vie auprès de son épouse, mais aussi des visites qu’il reçoit de son frère et de tant d’autres choses. Cependant, dans ce roman de Takehiro Irokawa, il est surtout question de la vie dans l’hôpital psychiatrique, des voisins de chambre, de ses visites chez le psychiatre (qui lui pose beaucoup de questions), du quotidien banal, des infirmières, mais également des hallucinations du narrateur qui en parlent de manière extrêmement détachée. Toujours est-il que la vie dans un hôpital n’est pas de tout repos, surtout si, en plus du quotidien réel, il se passe tout un tas de choses irréelles dans la tête du pensionnaire qui, en fin de compte, n’a pas le temps de s’ennuyer.

Les ciseaux continuent leur chemin, du bas-ventre vers la poitrine. Plusieurs personnes m’enlèvent la peau et, tout en bavardant, sortent mes viscères un à un, les déposant dans l’ordre sur une chaise. À la fin, ils enroulent mes intestins comme un tuyau de pompier. Mes viscères laissent échapper une vive lueur et restent immobiles, comme épuisés. Une mouche verte s’est posée sur mon foie. Un homme, soulevant la peau de mon torse, cherche quelque chose.

La divagation et la folie sont des sujets qui m’intéressent. Par conséquent, dès que je tombe sur un roman qui parle de cela je me précipite sur celui-ci, c’est ainsi que je n’ai pas hésité un instant à me procurer « Le Journal d’un fou », de Takehiro Irokawa. Le roman de l’auteur japonais ressemble à un journal intime dans lequel tout est dévoilé, même les choses les plus inavouables, sauf que le livre ne contient aucune séparation, ou bien indication temporelle. Tout est amalgamé dans un seul et unique chapitre et dans lequel Takehiro Irokawa soliloque sur le présent et le passé. Lorsqu’il est question de ce dernier, le texte est plus littéraire. Tandis que lorsque le narrateur parle de son internement, le style est plus bref, clinique, froid. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié ce petit roman et surtout les divagations et hallucinations du personnage principal qui sont vues de l’intérieur, c’est-à-dire de la tête du patient. En effet, l’écrivain japonais réussi à nous faire rentrer dans la psyché du malade, c’est il me semble très réaliste. D’ailleurs, l’auteur (narcoleptique) sait de quoi il parle, car il fut interné pour des hallucinations visuelles, mais également sonores. Toujours est-il que les descriptions de Takehiro Irokawa, sur les divagations de son personnage principal, sont surprenantes.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(8 commentaires)

  1. Ce n’est pas un livre qui m’attire. J’ai beaucoup de mal avec la littérature japonaise et contrairement à toi le monde psychiatrique me fait peur et m’inquiète. Dans ma vie , la maladie mentale est suffisamment présente pour que je ne la recherche pas dans les livres.

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