L’heure qu’il est. Les Horloges, la mesure du temps et la formation du monde moderne, de David Saul Landes

L’heure qu’il est. Les Horloges, la mesure du temps et la formation du monde moderne, de David Saul Landes (Les Belles Lettres) — ISBN-13 : 9782251446578 —  640 pages — 29,50 € — Genre : Swiss made.

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Certes, comme nous l’a déjà expliqué Einstein, le temps est relatif, mais l’histoire de sa prise en compte ne l’est (quant à elle) pas du tout (relative), car l’heure a fait en sorte de rythmer nos vis. Aussi, c’est d’un essai historique sur l’heure et les outils qui permettent de la mesurer, de l’auteur américain David Saul Landes, dont il va être question dans mon billet du jour.

Il va m’être difficile de résumer un livre qui compte autant d’informations que cet essai, mais je vais essayer de faire au mieux en commençant par le plus simple, c’est-à-dire en vous présentant la structure de l’ouvrage qui est découpé en trois grandes parties. Ainsi, dans un premier temps, il est tout naturellement question des tout premiers instruments qui permettent de donner l’heure avec plus ou moins de précision. Comme bien souvent, ce sont les Chinois (un peu après l’an 1000) qui ont inventé l’horloge, cette dernière fonctionnait de manière hydraulique (si mes souvenirs sont bons). Malheureusement, la guerre est passée par là et les Chinois ont vu leur horloge disparaître. Plus personne ne savait faire ce qui avait été fait. Le monde musulman était aussi en avance technologique sur l’Europe. Pourtant, c’est sur le vieux continent qu’a été inventée l’horloge mécanique, celle-ci savait donner l’heure plus de deux fois par jour. Miracle ! La technologie horlogère européenne a fini par dominer celle des pays qui lui était autrefois supérieure. Comment un tel revirement a-t-il été possible ? Comme souvent les raisons sont multiples, elles sont d’ordre social, culturel, religieux, mais également météorologique. C’est ainsi que le jésuite Matteo Ricci, le premier missionnaire en Chine, c’est servi de l’horloge mécanique européenne afin d’épater les Chinois. Il s’agissait de propager indirectement la foi catholique en exposant les merveilles techniques et scientifiques du vieux continent. Dans la seconde partie du livre, il est plus question de l’histoire des sciences et des techniques. Ainsi, il y a eu une course à l’innovation entre la France et l’Angleterre, c’est ce dernier pays qui a remporté la bataille. Par conséquent, la France s’est focalisé sur le côté luxueux en réalisant des horloges toujours plus belles alors que les Anglais travaillaient sur la précision. Enfin, l’auteur aborde l’histoire économique et sociale de l’horloge et puis de la montre. Pour faire bref, c’est l’industrie horlogère suisse qui s’est imposée avant de se faire en partie doubler par les montres à bas coût américaines, chinoises, japonaises, etc.

Si l’on excepte une brillante initiative chinoise, malheureusement sans lendemain, c’est en Europe et au Moyen Âge que naissent ensemble et le désir de mesurer le temps, et les appareils qui vont le permettre. En retraçant, avec une éblouissante érudition, toutes les étapes de garde-temps depuis les clepsydres et cadrans solaires jusqu’aux chronomètres, aux montres à quartz et aux horloges atomiques , l’auteur, professeur d’économie à Harvard et historien, montre que ces instruments ont façonné les habitudes, les mentalités, les réflexes et la culture qui ont permis l’éclosion de la société industrielle. Il fait comprendre ainsi la double fascination de la technique et du décor luxueux chez les collectionneurs de montres anciennes.

J’ai adoré ce livre, mais surtout son côté historique, sociologique et bien sûr économique, car le côté technique, dans lequel l’auteur explique le mécanisme faisant fonctionner les montres et autres horloges, m’a un peu laissé de marbre. Aussi, je ne me suis pas autant enthousiasmé que l’auteur devant les innovations qui ont permis des bonds en avant technologiques. Certes, l’essayiste américain fait de gros efforts pour rendre ses explications accessibles aux néophytes, mais il n’est pas parvenu à m’intéresser au côté très technique des montres. Toujours est-il que, dans l’ensemble, le livre est passionnant et complet. Cependant, depuis l’arrivée des montres connectées, l’ouvrage de David Saul Landes mériterait une petite mise à jour. Enfin, j’oubliais presque, le livre contient une centaine de photos, sur papier glacé, choisi par l’auteur lui-même.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(10 commentaires)

  1. Le thème m’intéresse. Nos quotidiens sont totalement soumis aux temps, aux heures, aux années, etc… C’est un des aspects majeurs de nos vies et nous n’y pensons guère. La maîtrise absolue de temps 🙂 Un vieux rêve de l’humanité…

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