1985, de Yen Tan

1985, de Yen Tan — États-Unis 2018 — Genre : Un dernier au revoir.

1985

Certes, cela fait si longtemps que je ne vous ai pas présenté un long-métrage que je ne me souviens même plus du titre de ce dernier, mais je n’ai pas pour autant abandonné le cinéma. Par conséquent, il était temps que j’y revienne, pour votre plus grand plaisir et le mien, d’autant plus que mon site s’appelle « des livres et des films ».

Contrairement à ce que pourrait laisser croire l’absence de critiques cinématographiques de ces derniers mois, j’ai visionné énormément de films, j’ai réalisé toutes sortes de découvertes (contemporaines ou bien classiques). J’ai également fait la connaissance de nouveaux réalisateurs. Toujours est-il que j’ai vu du bon, du moins bon, mais aussi du très bon. Cependant, pour une raison qu’il m’est impossible d’expliquer, je n’ai pas eu envie d’en parler sur mon site. Pourtant, le long-métrage que je vais aborder aujourd’hui n’est pas celui qui m’a le plus enthousiasmé (depuis ma dernière critique cinématographique), mais c’est sur celui-ci que j’ai décidé d’écrire. Ainsi, 1985, c’est le titre du film, est la première réalisation du cinéaste indépendant américain Yen Tan que je regarde. D’ailleurs, 1985 est la suite d’un court-métrage du même nom et du même auteur, mais que je n’ai pas vu. Quoi qu’il en soit, pour la compréhension du long-métrage il n’est pas nécessaire d’avoir vu le court… Comme vous l’aurez compris, l’action du film se déroule en 1985, nous sommes dans une petite ville du Texas. Adrian Lester, un jeune homme timide et secret, revient chez ses parents (après plusieurs années passées à New York) pour passer les fêtes de Noël en famille. Le premier repas familial est tendu. La mère est une brave femme, mais soumise. Le père est un vieux con réac, radin, toujours prompt à critiquer sa progéniture. Le très jeune frère fait la tronche, à cause d’un voyage à New York que son grand frère a annulé. Toujours est-il que le plus jeune de la famille aime le rock alors que ses parents (tout comme le prêtre de sa paroisse) pensent que c’est la musique du diable. Le soir de Noël Adrian Lester offre de très beaux cadeaux, trop coûteux pour le père qui a du mal à l’accepter, alors que la mère tente de détendre l’atmosphère. Rien n’est encore dit, mais l’on devine que le fils aîné cache un secret, on le comprend petit à petit avant qu’il ne soit entièrement dévoilé par Adrian Lester à Carly, sa meilleure amie d’enfance et confidente. 

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Jusqu’ici, j’ai essayé d’en dire le moins possible afin de ne pas trop vous dévoiler le film, mais la suite va être plus explicite. Ainsi, le fils est de retour à la maison pour annoncer à sa famille qu’il est homosexuel, mais aussi séropositif et qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vire. Au téléphone, l’ami d’Adrian Lester tente de convaincre ce dernier de se confier à sa famille, mais il ne réussira jamais à le faire. D’ailleurs, tout le monde pense savoir le secret de l’autre. Le père connaît l’orientation sexuelle du fils, la mère fait comprendre à celui qui est rentré pour les fêtes, qu’elle aussi comprend, mais aucun  des deux parents ne fait la lumière sur le fait que leur enfant est mourant. Adrian Lester semble également deviner la nature profonde des siens, sauf que ces derniers ne sont peut-être pas aussi fermés d’esprit qu’il y paraît. 1985 est un film tout en finesse, tout en retenue, qui ne comporte pas de grandes scènes dramatiques, mais plutôt de petits épisodes émotifs, c’est à la psychologie des personnages que s’intéresse le réalisateur américain et non pas au grand drame. Il s’agit d’un long-métrage tout en retenue, avec de nombreux non-dits, mais aussi d’une grande sobriété accentuée par un très beau noir et blanc. Enfin, j’ai été heureux de retrouver l’acteur Michael Chiklis (qui a joué le rôle du père) et que l’on n’a pas eu l’occasion de voir dans des rôles intéressants depuis celui de Vic Mackey dans la série The Shield.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(6 commentaires)

  1. Je crois que ça se passe comme ça dans beaucoup de familles. Vivre sur des non-dits évite des conflits qui, parfois, peuvent aboutir à un désastre familial affectif. Au rejet total. Et pas grand monde n’est prêt à vivre ce genre de solitude.
    Plus beaucoup de réalisateurs tournent en noir et blanc, j’aime bien, ça donne de la densité au propos.

    Aimé par 1 personne

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