Lesabéndio : Un roman-astéroïde, de Paul Scheerbart

Lesabéndio : Un roman-astéroïde, de Paul Scheerbart (Vies Parallèles) — ISBN-13 : 9782960155952 —  213 pages — 23 € — Genre : La tour Eiffel de l’espace.

lesabendio

Et si je vous parlais d’un livre de science-fiction ? Car cela fait bien longtemps… Et si en plus je vous faisais connaître un classique du genre ? Car c’est ce que je préfère… Je vous emmène donc à la découverte de Lesabéndio : Un roman-astéroïde, de l’auteur allemand Paul Scheerbart. Avec ce texte, nous sommes presque dans le fantastique, alors j’espère que ma participation au défi du mois sera validée par Madame lit.

Paul Scheerbart, né à Danzig en 1863 et mort (d’un AVC) à Berlin en 1915, est un écrivain allemand qui n’a pas connu de succès. Pourquoi ? Sans doute à cause d’une œuvre complexe et trop révolutionnaire, c’est ce que m’apprend Wikipédia. Je veux bien le croire… D’ailleurs, cela ne fait pas très longtemps que Paul Scheerbart est traduit en français. Par conséquent, même s’il a été oublié pendant de très nombreuses années, l’auteur allemand ne l’est plus tout à fait. De mon côté, c’est brièvement (il y a plus de dix ans) dans Expérience et Pauvreté de Walter Benjamin que j’ai entendu (pour la première fois) parler de Paul Scheerbart et de son livre Lesabéndio. À l’époque, ce dernier n’était pas traduit en français. Puis, il y a quelques mois j’ai lu Le Capitalisme comme religion, toujours du même auteur Walter Benjamin, il y était de nouveau question de Lesabéndio, mais cette fois-ci de manière bien plus détaillée. J’étais intrigué, d’autant plus que j’apprécie beaucoup l’œuvre philosophique de Walter Benjamin. Puis, j’étais comblé, car entre-temps (en 2016) un éditeur a eu l’excellente idée de traduire le roman de science-fiction, plus de 100 ans après qu’il soit sorti en Allemagne, c’était en 1913. Les Anglo-saxons ont pu découvrir le texte un peu avant nous, en 2013. Aussi, c’est après ce grand voyage dans le texte et dans l’immensité du temps que me voici. Venons-en au plus important : l’histoire du livre.

Le ciel était violet. Et les étoiles étaient vertes. Le soleil aussi. Lesabéndio élargit sa ventouse et l’accrocha fermement sur la falaise escarpée et déchiquetée, et étendit son corps, un tube caoutchouteux doté d’une ventouse, plus de cinquante mètres en direction de l’atmosphère violette.

L’action du livre se situe sur l’astéroïde Pallas, celui-ci existe, il a même été photographié par Hubble. Cependant, je pense qu’il n’est pas habité pas les Pallasiens, des êtres étranges qui détiennent une ventouse, un corps caoutchouteux, des yeux télescopiques, mais aussi une bouche par laquelle les extraterrestres ne se nourrissent pas puisqu’ils absorbent celle-ci (des champignons) via leur épiderme. L’univers que nous décrit l’auteur est très étrange, mais également et surtout d’une incroyable inventivité. Paul Scheerbart possède une énorme imagination. Toujours est-il que ces êtres intelligents, qui n’ont rien d’humanoïde, ont décidé, à la sortie d’un tunnel, de construire une tour. Pour les Pallasiens, peu habitués à de tels projets, qui se sont contentés jusqu’ici qu’à embellir leur caillou avec des œuvres d’art, cette construction s’avère être des plus difficile. D’ailleurs, tout le monde n’est pas convaincu de l’utilité de cet édifice. Alors pourquoi faire ce que l’on n’a jamais fait ? Dans un premier temps, on ne sait pas très bien, mais l’initiateur du projet (Lesabéndio) voudra voir ce qui se passe au-delà des nuages et qu’il, malgré ses yeux télescopiques, ne peut pas voir. Pour faire aboutir le projet, un groupe (né de coquilles de noix) se compose. Et c’est là qu’est le sujet du livre, c’est-à-dire une réflexion sur la force du groupe et la place de l’individu. Mais il est également question d’art et de sa représentation. Et de bien d’autres interrogations que l’éditeur nous présente en quatrième de couverture. À partir de là, je comprends mieux pourquoi Walter Benjamin aimait ce texte aussi surprenant que poétique et que je vous invite à découvrir. Enfin, il me semble que le livre aurait mérité de contenir des illustrations. Je me demande s’il y en avait dans la version originale.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(21 commentaires)

  1. « Et c’est là qu’est le sujet du livre, c’est-à-dire une réflexion sur la force du groupe et la place de l’individu. Mais il est également question d’art et de sa représentation. »
    Cette réflexion a aussi attiré mon attention. J’ai envie d’en savoir plus. Merci Goran.

    Aimé par 1 personne

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