Le cap des tempêtes, de Nina Berberova

Le cap des tempêtes, de Nina Berberova (Actes Sud) — ISBN-13 : 9782742754786 —  472 pages — 9,70 € — Genre : Dans la tête de ma soeur, ma soeur, ma soeur.
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Pour cette lecture commune, je suis de nouveau accompagné de la barmaid du blog « bar aux lettres », mais cette fois-ci la suggestion du livre à lire ne vient pas de moi. Ainsi, c’est grâce à ma (passionnante) complice du jour que je découvre – pour mon plus grand plaisir – Nina Berberova. Avant de poursuivre, n’oubliez pas d’aller lire la critique de la barmaid que vous trouverez ici.

Il va m’être difficile de parler du roman de Nina Berberova, car celui-ci ne contient pour ainsi dire aucune intrigue. En effet, « Le cap des tempêtes » est un texte très introspectif. Avant tout, situons l’histoire du livre qui se déroule presque entièrement à Paris, du début de la révolution russe à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Durant cette période pleine de remous, trois demi-sœurs se retrouvent à vivre toutes ensemble chez leur père, à cause des malheurs de l’époque dans la Russie d’alors. Ces filles exilées russes apprennent petit à petit à se connaître, à s’aimer, mais toutes ont leurs propres caractères, chacune d’elles possède leur vision du monde et de la vie, mais les trois, dans cet appartement parisien, sont à la recherche d’un peu d’intimité. Aussi, la plus âgée des filles souhaite une vie calme et apaisée, tandis que la cadette veut vivre heureuse par procuration, alors que la plus jeune cherche à se libérer de ses peurs. Voilà de quoi nous parle Nina Berberova dans son roman, elle nous dresse le portrait (mais aussi le destin) émotionnel et intellectuel de trois héroïnes qui se découvrent sans trop se dévoiler l’une à l’autre. En effet, les demi-sœurs restent assez secrètes et bien qu’elles ne se connaissent pas vraiment, elles s’aiment et se soutiennent. Dans ce roman, les sentiments des trois principaux personnages ne sont pas ceux de la jalousie ou bien de la haine, mais plutôt celui d’une certaine crainte de se montrer tel que l’on est. Par conséquent, par peur de dévoiler sa sensibilité et son moi profond, les non-dits sont nombreux. Les demi-sœurs n’oublient pas de penser à leur mère (de même qu’au père présent), mais chacune d’elles à leur manière.

Mais j’aime qu’il le dise, il me plaît. Comme autrefois, comme toujours, c’est moi qui ai fait le premier pas. Jadis, c’était considéré comme impossible, ensuite, comme problématique. C’était le résidu d’un préjugé oublié, mort depuis longtemps. Autrefois, on pensait aussi que l’homme était plus franc, plus sincère, et la femme fuyante, insaisissable, fantasque. Tout cela s’est estompé maintenant. Je fais le premier pas. Je ne me demande pas comment il est, lui. Je sais seulement que moi, je suis franche et sincère.

J’ai adoré ce livre d’une rare intelligence, c’est un texte (comme je l’ai dit plus haut) très introspectif, mais aussi réflexif et extrêmement interrogatif. Alors certes, Nina Berberova nous parle de la vie de ces trois héroïnes exilées afin de fuir la terreur communiste, mais le propos est bien plus complexe, car ce roman c’est une réflexion sur l’époque, sur la vie, sur les sentiments, sur les espoirs. « Le cap des tempêtes », de Nina Berberova, est un texte très mélancolique, mais surtout d’une beauté incroyable. J’ai très souvent pensé à Dostoïevski en lisant ce livre, car l’âme humaine y est merveilleusement mise en avant dans des questionnements quasi philosophiques. D’ailleurs, celui-ci est cité à de nombreuses reprises (surtout au début), de même que d’autres intellectuels russes de l’époque. J’ai aimé découvrir toutes ces références qui me parlent. De plus, dans son ensemble, le texte est assez triste, mais aussi tragique et sombre (ce qui n’est pas fait pour me déplaire). Et je n’oublie pas les nombreux autres personnages, tous très intéressants. « Le cap des tempêtes » est considéré comme le plus grand roman de Nina Berberova, je dirais qu’il s’agit d’un très grand roman qui a sa place parmi les plus grands. Merci à la barmaid pour m’avoir fait découvrir ce livre.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(9 commentaires)

  1. Ah je suis ravie de lire ton article ! C’est vrai que je n’ai pas été aussi enthousiaste mais il est vrai qu’il possède bien des qualités qui en font un important roman de la littérature russe !
    C’est toujours un plaisir de partager une lecture commune avec toi !

    Mon article est publié, je mets le lien vers le tiens au plus vite ! 🙂

    Aimé par 1 personne

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