La source vive, de Ayn Rand

La source vive, de Ayn Rand (Plon) — ISBN-13 : 9782259264471 —  704 pages — 26,50 € — Genre : Individualisme radical.

source
C’est, il me semble, la première fois que je participe à un défi organisé par Madame lit, mais comme vous le savez, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Ainsi, le défi du mois d’août consiste à parler d’un roman classique, ce qui tombe bien, car j’adore les classiques.

Ayn Rand était une philosophe, théoricienne d’un capitalisme individualiste, mais aussi une des figures de l’époque de l’anticommunisme. Ayn Rand rédigea de nombreux essais, mais aussi des romans défendant son point de vue. D’ailleurs, le texte que je vous présente aujourd’hui est sans doute son plus connu. De quoi s’agit-il ? Dans « La source vive », nous suivons le parcours d’Howard Roark, un jeune architecte dans le New York des années 30, qui dès ses études refuse le compromis. Howard Roark est un homme au fort caractère qui croit en son talent. Seul ce dernier compte et peu importe tout le reste, c’est-à-dire l’argent ou bien la reconnaissance de ses pairs pour cet individualiste intransigeant qu’est Howard Roark. Et il faut dire que la vie de notre architecte n’est pas de tout repos, car la société de l’époque veut le contraindre à ne pas rompre avec les traditions, l’architecture classique. Pour cela, tous les coups sont permis, la calomnie, la désinformation, la trahison, le mensonge… Howard Roark, l’homme rejeté par la société, car différent et un peu trop novateur, réussira-t-il son pari ? À savoir, créer une œuvre ambitieuse (envers et contre tous) sans transiger avec ses idéaux. Vous le découvrirez en lisant ce roman-fleuve qui parle bien sûr d’architecture, mais qui est aussi une réflexion sur le collectivisme, aliénant dans ce texte, contrairement à l’individualisme qui permet à la création talentueuse de s’exprimer dans toute sa splendeur. Avec du talent, rien n’est impossible. Mais ce roman d’Ayn Rand n’est pas seulement ce que je viens de raconter, car d’autres personnages viennent se greffer autour du principal, dont un féminin, Dominique Francon, qui vivra une fougueuse passion amoureuse, tout aussi intransigeante que l’est Howard Roark. Et tant d’autres choses…

C’était une entité qui avait jailli de terre, de quelque source profonde, achevée, parfaite, inaltérable. La main qui avait tracé ces lignes incisives avait encore beaucoup à apprendre, mais pas un trait de crayon n’était superflu, par une surface nécessaire oubliée. Le dessin paraissait simple et dépouillé mais, à le regarder plus attentivement, on découvrait par quel métier, par quelle complexité de moyens et par quelle tension d’esprit, l’artiste était arrivé à cette simplicité. Aucune tradition n’en avait inspiré le plus petit détail. Ces constructions n’étaient ni classiques, ni gothiques, ni Renaissance. Elles étaient simplement « Howard Roark ».

Bien sûr ce texte plaira aux créatifs, mais pas seulement. Il paraît que « La source vive » est le roman préféré de Donald Trump. Quoi qu’il en soit, j’ai adoré ce livre, c’est même ma plus belle lecture de l’année 2019. Ce roman m’a marqué comme rarement un autre et je vais d’ailleurs le rajouter dans mon top 100. Alors certes, je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit, et surtout sous-entendu, dans ce livre, mais cette histoire d’une incroyable intensité, force et intemporalité m’a vraiment marqué. Sans doute, car je suis passionné par l’architecture, mais aussi peut-être, car je veux croire que réussir seul est possible. Je ne sais pas… Toujours est-il, que ce livre dans lequel on voit naître le New York moderne, l’œuvre architecturale d’un personnage fictif, mais aussi la pensée d’une femme qui a vécu la révolution bolchevique, m’a vraiment enthousiasmé. De plus, le texte reste romancé, il n’est jamais didactique, ce qui aurait pu le rendre insupportable aux yeux de beaucoup de gens. « La source vive » est un texte riche, très bien écrit, c’est un roman psychologique qui pousse à la réflexion et que je ne trouve absolument pas manichéen. Effectivement, le personnage principal (à l’ego surdimensionné) peut passer pour détestable. Enfin, le roman d’Ayn Rand a été adapté au cinéma par King Vidor, mais « Le Rebelle » (c’est le titre du film avec Gary Cooper dans le rôle principal), sans être un mauvais long-métrage, n’est pas à la hauteur du livre. Loin de là…

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(14 commentaires)

  1. Ravi de te lire à nouveau Goran.
    Et tu commences fort, avec la bible des « libertarians »! Voilà qui ne m’étonne guère de savoir qu’il est un livre de chevet du Donald de la Maison Blanche.
    Je n’ai hélas vu que le film de Vidor qui epousait en grande partie la cause du livre. J’ai plutôt aimé le film. Claude Chabrol disait que c’était « le seul film (à l’époque) ou le nom de Dieu n’est jamais prononcé.  » J’avoue que je n’ai pas vérifié, mais c’est d’autant plus étonnant de la part d’un cinéaste connu pour son penchant religieux.
    Pour revenir au livre, ton article, et l’extrait qu’il contient, ont réactive ma curiosité.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Prince. Le filme n’est pas mauvais du tout, mais le roman possède définitivement quelque chose en plus. Sans avoir lu le livre, j’imagine que j’aurais beaucoup plus aimé le film. Toujours est-il que le mot « Dieu » est bel et bien présent dans le livre et pas qu’une fois… 🙂

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s