M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, de Kenzaburo Oé

M/T et l’histoire des merveilles de la forêt, de Kenzaburo Oé (Gallimard) — ISBN-13 : 9782070792290 — 448 pages — 8,40 € — Genre : Dans la foret enchantée.

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Me voici de retour avec une lecture commune. Cette fois-ci je suis accompagné de La Barmaid aux Lettres du blog le Bar aux Lettres. Si vous ne connaissez pas ce site, il faut aller le visiter, car il vaut vraiment le détour. D’ailleurs, je vous invite à aller lire la critique de la barmaid ici.

Comme de plus en plus souvent ces derniers temps, j’ai laissé passer beaucoup de temps entre ma lecture et l’écriture de ce billet, c’est toujours compliqué d’en écrire un dans ces conditions. Je vais faire au mieux… Dans ce roman à caractère autobiographique, l’écrivain Kenzaburo Oé raconte son enfance dans un village au fond d’une vallée. Dans ce livre, il y a donc l’histoire de l’auteur, mais aussi l’histoire du pays, mais encore les contes et légendes que la grand-mère du petit raconte avant que celui-ci ne fasse de même. Ainsi, dans ce texte le réel côtoie l’irréel, le présent et le passé. De plus, Kenzaburo Oé nous parle d’un univers enchanté dans lequel il y a une rivière magique, des démons et tant d’autres choses. En parallèle, on apprend à connaître la grand-mère du narrateur (qui n’est autre que l’écrivain), on devine l’hommage que l’auteur rend à son fils handicapé. L’ensemble est souvent très émouvant, poétique, mais aussi un peu malheureusement alambiqué. Enfin, l’éditeur m’apprend, car j’étais légèrement (pour ne pas dire complètement) passé à côté, que ce livre est aussi « une brillante réflexion sur la structure des révoltes et les sociétés autarciques ». Venons-en maintenant à l’essentiel : mon avis.

M/T. Voilà déjà longtemps que la combinaison de ces deux lettres a acquis pour moi un sens particulier. Pour penser la vie d’un homme, il est nécessaire de tracer un plan qui ne se contente pas de partir de sa naissance, mais qui remonte plus encore et qui ne s’arrête pas non plus le jour de sa mort, mais qui s’étende au-delà. La venue d’un homme au monde ne devrait pas se réduire à sa naissance et à sa mort. Il naît dans la grande ombre du cercle des gens qui l’englobent et, encore après sa mort, il devrait y avoir quelque chose qui subsiste. Et, dans ce plan, en ce qui me concerne, je crois avoir fermement inscrit le sigle M/T. En outre, sur la carte de la vie, en le répétant en de multiples endroits.

Lorsque j’ai proposé cette lecture commune à La Barmaid aux Lettres, j’ai été content d’apprendre que j’allais lui faire découvrir un auteur japonais que j’aime beaucoup et qui ne m’a jusqu’ici jamais déçu. Puis… Il me semble avoir lu toute l’œuvre disponible en français de Kenzaburo Oé. Aussi, j’ai toujours été conquis et tout particulièrement par le titre « Le jeu du siècle ». Certes, ce dernier n’est pas un roman très joyeux, mais il est fascinant. Quoi qu’il en soit, j’ai été déçu par le livre que je critique aujourd’hui, car j’ai eu du mal à rentrer dans le texte qui passe un peu trop souvent à mon goût du coq à l’âne. Il est question du passé de l’écrivain ainsi que des contes et légendes racontés par sa grand-mère. Pourtant, le style de l’auteur, toujours très bon, est parvenu à me saisir, mais seulement par des instants bien trop brefs. Il faut dire que les changements de thème n’aident pas le lecteur. Il me semble que « M/T et l’histoire des merveilles de la forêt » n’est pas le roman le plus abordable de l’auteur japonais ou alors, c’est ma concentration qui n’a pas été à la hauteur ? Et toi la barmaid qu’en as-tu pensé ? J’espère que tu as plus aimé que moi, que le récit alambiqué ne t’a pas désarçonné, mais dans le cas contraire je te conseille ses autres textes. Bien entendu « Le jeu du siècle », mais également tout le reste. J’ai hâte de découvrir ton avis.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(18 commentaires)

  1. Alambiqué : voilà bien le mot !
    Tout comme toi, j’ai eu un mal fou à entrer dedans (c’est d’ailleurs ce que j’explique dans mon article !) j’ai mis le lien vers ton article dans le mien ça y est 🙂

    Il est vrai que je l’ai trouvé bien alambiqué (quel mot bien choisi décidément !) mais j’y ai trouvé un intérêt dans sa réflexion sur le récit, les légendes…

    Il faut qu’on se refasse ça !

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  2. J’aime beaucoup moi aussi Kenzaburo Oé que j’ai découvert avec son recueil de nouvelles « Dites-nous comment survivre à notre folie » et j’avais été très impressionnée par son écriture. C’est vrai que c’est une littérature exigeante et d’une noirceur opaque. Même si tu as été déçu par ta lecture, ce que tu dis de « M/T et l’histoire des merveilles de la forêt » me donne quand même envie d’aller jeter un œil sur ce texte étrange, qui me paraît plus coloré, dirons-nous, que ce que j’ai pu lire de Kenzaburo Oé jusqu’à présent. Merci pour cette découverte 🙂

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