Les lapins ne meurent pas, de Savatie Bastovoi

Les lapins ne meurent pas, de Savatie Bastovoi (Actes Sud) — ISBN-13 : 9782330002541 — 248 pages — 22,40 € — Genre : Lapinou.

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C’est l’an dernier, dans le cadre du mois de l’Europe de l’Est, que j’ai repéré l’auteur moldave Savatie Bastovoi. D’ailleurs, vous pouvez lire (ou bien relire) ma critique du poignant « Les enseignements d’une ex-prostituée à son fils handicapé », ici. Aussi, j’ai eu envie de vous faire découvrir le deuxième et dernier titre traduit en français de l’écrivain Savatie Bastovoi.

Comme l’an dernier (lors de ma critique de son précédent roman) je ne vous ai pas présenté l’auteur moldave, je répare cette erreur tout de suite. Ainsi, Savatie Bastovoi (né en 1976 tout comme moi) est un écrivain (qui rédige en langue roumaine), mais aussi prêtre orthodoxe (j’aurais dû dire pope), et propriétaire d’une maison d’édition (il n’y a rien de tel pour se faire publier). Quoi qu’il en soit, « Les lapins ne meurent pas » est le premier roman traduit en français de Savatie Bastovoi. Petite parenthèse. L’an dernier j’avais critiqué la hideuse couverture de livre de « Les enseignements d’une ex-prostituée à son fils handicapé » et pour le roman qui nous intéresse ici, c’est mieux, mais sans qu’elle ne soit très bonne non plus. Fort heureusement, l’essentiel n’est pas dans la couverture de livre… Revenons à nos moutons. Il est très difficile de parler de certains livres et le roman de Savatie Bastovoi en fait partie. Pourquoi ? Sans doute, car plusieurs histoires se croisent. Probablement, car le récit possède une atmosphère (quelque peu) surréaliste. Peut-être aussi, car certains passages sont brumeux. Pourtant, il y a bien une trame dans ce livre moldave qui nous propose de suivre trois personnages principaux, dont Sasha. Ce dernier à neuf ans dans la République de Moldavie de 1980. Et quels sont les désirs de ce jeune garçon ? Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est de croire la propagande officielle (que Sasha prend pour parole d’évangile). Le Dieu et Maître du jeune garçon ce n’est pas l’Union européenne ou bien le dollar américain, mais son sanguinaire ancêtre et mentor de Staline : Lénine. Bien sûr, ce n’est pas tout, mais je vous laisse découvrir la suite par vous-même…

Pourtant, quelqu’un lui avait dit que Lénine non plus n’écrivait pas bien. Sauf que Lénine n’oubliait pas de lettres, et quand il était petit, il écrivait bien et incliné sur la droite, avec toutes les lettres égales et ce n’est qu’après avoir fait la Révolution et être resté en prison que son écriture s’est gâchée et qu’il a commencé à mal écrire, car il devait écrire vite et beaucoup pour sauver les gens pauvres. Sasha avait hâte de grandir, pour aller en prison et pour avoir lui aussi le droit d’écrire mal.

Je ne peux m’empêcher de comparer les deux romans que j’ai lus de Savatie Bastovoi. Aussi, il faut savoir que (dans les deux textes) le sujet principal est la Moldavie vue à travers le regard d’enfants. Dans « Les lapins ne meurent pas », c’est la Moldavie d’hier alors que dans « Les enseignements d’une ex-prostituée à son fils handicapé », c’est celle d’aujourd’hui. Encore une fois, les deux histoires sont assez sombres, le climat est désabusé, mais la comparaison s’arrête ici. Effectivement, dans « Les lapins ne meurent pas » le texte est extrêmement décousu. Par exemple, les chapitres ne font que quelques pages. De plus, d’autres petites histoires viennent se greffer aux trois principales. On a parfois l’impression de lire un recueil de nouvelles et ce n’est vraiment pas ce que je préfère. Certes, l’écriture de Savatie Bastovoi est inventive, lyrique, ce qui n’est pas fait pour me déplaire. Mais le côté décousu, déconstruit, court, a fait que je n’ai pas pu pleinement adhérer à ce roman. Par conséquent, je vous conseille plutôt de lire le fabuleux : « Les enseignements d’une ex-prostituée à son fils handicapé ».

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ».

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Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(16 commentaires)

  1. Du coup je te déconseille Wioletta Greg – les chapitres sont aussi très courts, on dirait des nouvelles.. J’ai aussi un peu de mal avec ce genre de livres. Mais en ce qui concerne ce roman moldave, c’est plutôt son côté surréaliste qui me fait peur 🙂

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