A marche forcée : A pied du Cercle polaire à l’Himalaya (1941-1942), de Slavomir Rawicz

A marche forcée : A pied du Cercle polaire à l’Himalaya (1941-1942), de Slavomir Rawicz (Phébus) — ISBN-13 : 9782752905598 — 330 pages — 10 € — Genre : Man vs. Wild saison 4 épisode 5 et 6.

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Après avoir visité la Russie, la Tchéquie, la Croatie, la Slovénie, puis de nouveau la Russie. Nous voici aujourd’hui en Pologne. Quel périple ! Et tous ces va-et-vient ont été parcourus en seulement quinze petits jours, c’est un véritable exploit. Bravo ! Bravo ! Bravo !

Comme toujours, commençons par le plus simple. « À marche forcée », du polonais Slavomir Rawicz, est un roman autobiographique. Enfin, il se présente comme tel, même si l’on peut se poser légitimement la question de savoir si toutes les situations décrites sont véridiques. Toujours est-il que le livre a été adapté au cinéma sous le titre: « Les Chemins de la liberté ». Je vous invite à ne surtout pas à aller voir la réalisation de Peter Weir, malgré l’intéressante distribution, car elle est d’une incroyable nullité. Mais, revenons-en au livre. Ainsi, peu de temps après avoir été prisonnier par les Soviétiques, le jeune officier polonais (qui n’est autre que l’auteur) est déporté dans un camp en Sibérie. La vie dans ce dernier (qui porte le nom de 303) est, comme on peut l’imaginer, extrêmement difficile. Un jour, Slavomir Rawicz décide de s’évader (il faut dire qu’il a été condamné pour espionnage à 25 ans de prison dans un procès expéditif) et il y parvient avec un petit groupe d’hommes. À partir de là, l’histoire change afin de devenir un récit d’aventures sur des fugitifs qui traversent (entre autres) le désert de Gobi pour aller rejoindre l’Inde il me semble, car j’avoue ne plus très bien me souvenir (j’ai écris cette critique longtemps après avoir lu le livre). Le récit est riche d’abondants détails, mais aussi rythmé par les nombreuses rencontres. Ces dernières vont permettre à nos fuyards de survivre, malgré le froid, la chaleur et la faim. Tous ne vont malheureusement pas réussir à atteindre le but qu’ils se sont fixé. Ce livre, c’est l’histoire d’une lutte, mais aussi celle sur la force de caractère d’un groupe d’hommes. Mais lorsqu’il est question de survie, il n’est pas étonnant d’aller au-delà des limites physique et morales.

J’étais habité de l’angoisse que, après les milliers de kilomètres que nous avions parcourus, la chance vînt soudain à nous manquer. Souvent la nuit, j’étais assailli par le désespoir et le doute. Les autres aussi, j’en suis sûr, livraient le même combat intérieur, même si jamais personne ne s’en ouvrait. Au lever du jour les perspectives semblaient moins sinistres. La peur persistait, tapie quelque part, mais l’action et le mouvement, la nécessité de résoudre les problèmes quotidiens, la reléguaient à l’arrière-plan. Nous étions, et plus que jamais, animés d’une compulsion à aller de l’avant. C’était devenu une obsession, une forme de folie.

Premièrement, commençons par la polémique, car il y en a eu une, c’est ce que j’ai appris en préparant ce billet. En effet, des experts affirmaient (après la publication de ce roman) qu’il était impossible de traverser le désert de Gobi sans une goutte d’eau. Comme celui-ci fait 800 km du nord au sud, cela doit prendre environ sept jours, ce qui ne me semble pas complètement impossible, mais je ne suis pas un spécialiste de la marche. Loin de là ! Toujours est-il que l’écrivain, mort en 2004, n’a jamais répondu à la polémique. Et, cela ne plaide pas vraiment en sa faveur. Deuxièmement, qu’est-ce que j’ai pensé de ce roman ? À vrai dire, pas grand-chose bien. Il faut dire que je donne une grande importance à la qualité de l’écriture et celle-ci est loin d’être aussi incroyable que l’histoire (véridique ?) de ces hommes. Je vais être un peu méchant, mais pour moi c’est du niveau d’un roman de plage, c’est très bien pour s’aérer le cerveau entre deux bières bien fraîches. Certes, l’épopée de ces hommes est incroyable, mais pour moi, c’est loin de suffire. Je regrette vraiment mon achat. Je me suis laissé convaincre par les très très très très très nombreuses bonnes critiques. Je me trompe rarement lorsque je choisis un livre, mais cela m’arrive aussi de temps en temps.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ».

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Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(20 commentaires)

  1. Tiens, mon conjoint a lu l’été dernier le récit de Sylvain Tesson (L’axe du loup) en rapport avec cette histoire, je crois, puisqu’il a refait le chemin soi-disant pris par certains évadés du goulag (de la Sibérie au Golfe du Bengale), et il confirme apparemment l’impossibilité de traverser le désert de Gobi dans les conditions dépeintes. Ceci dit, l’ensemble de l’ouvrage est surtout un hommage à ces évadés. Sinon, je passe, ce que tu dis de ce titre ne me tente pas du tout !

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