Le droit de vivre ou le problème des sans-parti, de Panteleïmon Romanov

Le droit de vivre ou le problème des sans-parti, de Panteleïmon Romanov (Héros-limite) — ISBN-13 : 9782940358717 — 307 pages — 13,250 € — Genre : Drôle de vie.

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Pour cette cinquième critique, dans le cadre du mois de l’Europe centrale et de l’Est, j’ai repris le chemin de la Russie, mais cette fois-ci avec un auteur classique que je découvre (je ne sais plus comment), pour mon plus grand bonheur, avec ce petit recueil de nouvelles.

Comme je viens de le dire, je n’ai jusqu’ici jamais lu Panteleïmon Romanov, je n’ai même jamais entendu parler de ce dernier avant il y a quelques mois. Et puis, lorsque je suis tombé sur ce titre : « Le droit de vivre ou le problème des sans-parti », je n’ai pas pu résister, car c’est le genre qui me fait saliver. Quel bonheur c’est de découvrir (encore) un auteur (russe classique) de cette trempe ! Par ailleurs, seul un autre livre de Panteleïmon Romanov est traduit en français. Après ce que je viens d’écrire, je ne peux que commencer par dire quelques mots sur l’auteur. Allons directement à l’essentiel. En effet, c’est dans les années vingt que l’écrivain Panteleïmon Romanov fut l’un des plus connus de son pays. Malheureusement, l’auteur soviétique fut rapidement censuré, car ses récits montraient, à partir d’un ton satirique, le désastre dans lequel se trouvait la bureaucratie de son pays. Mort jeune (d’une leucémie), à l’âge de cinquante-trois ans, Panteleïmon Romanov tomba vite dans l’oubli. Sans transition, revenons au titre qui nous regarde. L’ouvrage en question n’est pas un roman, mais un recueil de nouvelles. Vous savez que ce n’est pas ce que je préfère et pourtant… Dans celui-ci, l’auteur soviétique s’intéresse aux gens, à leurs petites manies, leurs défauts, leurs travers, leurs difficultés et états d’âme, etc., etc. Ainsi, dans la première nouvelle (qui est aussi la plus longue puisqu’elle fait plus de quatre-vingts pages) nous suivons le parcours d’un écrivain lâche et peureux, terrifié par le nouveau pouvoir en place. Il va m’être compliqué d’en dire plus sans en dévoiler trop, alors je m’arrête ici pour la description de ce formidable petit livre. Certes, « Le droit de vivre ou le problème des sans-parti » compte plus de trois cents pages, mais cela passe vraiment très (trop) vite.

Une conversation intellectuelle sur l’individu, sur ses aspirations était impossible. Depuis que le mensonge s’était glissé dans sa vie, ce genre d’échanges avec les femmes était devenu impossible, car ils lui rappelaient une fois de plus ce qu’il avait envie d’oublier. Mais la femme exige toujours que l’homme ait une consistance intérieure, qu’il s’enflamme, qu’il ait un objectif, une oeuvre. Elle veut toujours du spirituel dans la relation. Il faut donc en parler avec elle.

Pourquoi ai-je aimé ce recueil de nouvelles ? Pour plusieurs raisons. Premièrement, car l’auteur alterne entre les histoires longues (la première pourrait faire un court roman) et courtes. En effet, je suis rarement attiré par les titres qui ne comportent que des récits brefs. Deuxièmement, car j’aime le ton de l’auteur, c’est très libre, caustique, ironique, mais aussi très sensible, subtil, intelligent. Au final, je dirais que l’ensemble est assez sombre et désespéré. Mais, cela, on peut le comprendre rien qu’en lisant le titre principal. Troisièmement, j’ai aimé ce petit recueil de nouvelles, car l’écrivain s’intéresse aux gens et surtout à leur psychologie, mais aussi parce que Panteleïmon Romanov décrit une société, celle du début de l’aire stalinienne, perverse, troublée, vidée, folle, hystérique. Enfin, j’ai apprécié ce livre, car il est très agréable à lire. L’écriture de l’auteur soviétique est belle, sensible… J’ai vraiment adoré. Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire : vous précipiter chez votre libraire préféré.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ».

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Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(16 commentaires)

  1. Je ne connaissais pas ce nom avant de te lire aujourd’hui ! Je suis un peu comme toi, je dis que je n’aime pas trop les nouvelles mais quand j’en lis qui sont excellentes , je me rends compte que c’est un genre génial … mais bien sûr, cela ne supporte pas la médiocrité. Ce sont « Les trois roses jaunes » de Carver qui m’ont totalement convaincue.

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