Paris la blanche, de Lidia Leber Terki

Paris la blanche, de Lidia Leber Terki — France 2017 — Genre : Seul comme un chien.

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Aujourd’hui je vais vous parler d’un film français sorti en 2017. « Paris la blanche » est par ailleurs le titre du premier long métrage de la réalisatrice Lidia Leber Terki. Cette dernière est aussi l’auteur de deux documentaires que je ne connais pas. Sans transition, en avant pour la description du film…

Avant de débuter, je tiens à rappeler, mais vous le savez probablement déjà, que le titre « Paris la blanche » fait référence à la manière dont est nommé Alger, à savoir Alger la blanche. Le film débute en Kabylie, sur les hauteurs. Une vieille femme s’entretient avec ses enfants, car elle souhaite partir en France retrouver son mari qui ne donne plus de nouvelles afin de le ramener auprès des siens, chez lui en Algérie. Les fils ne veulent pas entendre parler de ce voyage, trop dangereux pour une femme qui n’a jamais quitté sa région et son pays. D’autant plus, que les enfants, dorénavant grands, estiment que leur père les a abandonnés. Cependant, Rekia, soixante-dix ans, n’en démord pas, elle souhaite retrouver Nour, son mari, parti travailler à Paris voilà quarante-huit ans, mais sans jamais (jusqu’à ces derniers mois) manquer à envoyer des mandats à sa famille restée en Algérie. Aussi, Rekia prend le bus pour descendre à Alger, elle dort sur un banc public en attendant le ferry qui doit la mener en France. Une fois à Paris la vieille femme découvre une ville froide et dure. Rekia s’installe dans un hôtel, celui dans lequel elle pensait trouver son mari qui n’y est plus. Alors, celle qui est partie à la recherche de celui qu’elle aime erre dans les rues de Paris en demandant de l’aide, à qui veut bien l’entendre, avant de s’effondrer à bout de force, de souffle et de souffrance. Des inconnus viennent en aide à Rekia, un Maghrébin homosexuel et sans papier, une serveuse mère d’un enfant et célibataire. Enfin soutenu, Rekia va retrouver son mari. Nour vit seul dans une petite pièce (ne pouvant accepter qu’un lit) d’un foyer d’anciens travailleurs immigrés à la retraite, pour ceux qui connaissent, c’est un établissement de type « Sonacotra ». Nour, découvrant sa femme, est à la fois heureux et gêné. Le couple enfin retrouvé passe la journée ensemble, main dans la main Nour fait visiter Paris à sa femme, il lui montre la Tour Eiffel (sur laquelle il n’est jamais monté). Nour parle de son ancien travail, il indique à Rekia les immeubles qu’il a bâtis à l’aide d’autres ouvriers. Ces bâtiments sont aujourd’hui beaucoup moins nombreux, peu à peu remplacés par d’autres, plus modernes, ces constructions il n’en restera bientôt plus une. Toujours est-il que Nour a changé, c’est devenu un homme solitaire qui s’est habitué à vivre ainsi, aussi seul qu’un chien. En fin de compte Nour rentrera-t-il avec sa femme retrouver ses enfants et petits-enfants ?

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« Paris la blanche », de Lidia Leber Terki, est plusieurs films à la fois. Ce long-métrage raconte une histoire d’amour entre un homme et une femme qui sont devenus des étrangers l’un pour l’autre, mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, il s’agit d’un couple qui continue de s’aimer. Ce film raconte aussi l’histoire de la vie des immigrés maghrébins de la première heure. Lidia Leber Terki montre ce que ses hommes et femmes ont vécu et ce qu’ils sont devenus. Enfin, ce long-métrage parle aussi du temps qui passe, de la société qui épuise, de la mort physique, sociale, matérielle… Toujours est-il que j’ai beaucoup aimé ce film, sa simplicité, sa douceur. Il a énormément d’émotion dans ce long-métrage, il y a des regards qui se croisent, des silences qui disent beaucoup, la crainte de partager ses sentiments, de la gêne, de la pudeur… Tout est beau dans ce film, chez Nour devenu un étranger pour les siens, chez Rekia qui craint de ne plus jamais retrouver son mari. Je n’oublie pas non plus les second rôle qui sont très intéressants. « Paris la blanche », de Lidia Leber Terki, est film triste, sur des hommes et femmes simples et généreux.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(12 commentaires)

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