Mémoires d’un Bison, de Oscar Zeta Acosta

Mémoires d’un Bison, de Oscar Zeta Acosta (Tusitala) — ISBN-13 : 9791092159004 — 309 pages — 20 € — Genre : Chicanos.

bison

« Mémoires d’un Bison », c’est presque le nom d’un excellent blog que j’aime lire et qui s’intitule « Mémoires de Bison », mais c’est aussi et surtout le titre d’un livre de l’auteur américain Oscar Zeta Acosta. De quoi parle ce roman ? Qu’en ai-je pensé ? C’est ce que nous allons voir tout de suite…

Ainsi, le héros du livre, qui n’est autre que l’auteur lui-même, est un homme dépité qui décide, après le décès de sa dévouée secrétaire, d’abandonner son emploi d’avocat à l’aide sociale. Nous sommes le premier juillet 1967. Oscar en a marre de sa vie. Aussi, sur un coup de tête il décide de tout lâcher et de quitter San Francisco pour prendre la route de l’ouest des États-Unis. Pourtant, Oscar a dû lutter pour devenir avocat, mais il n’en peut plus de son travail… L’homme, un chicano comme il le dit lui-même, ne supporte plus le racisme ambiant, ses ulcères qui lui bouffe les intestins, son thérapeute qui lui embrouille les méninges, son travail qui ne mène à rien. Oscar veut changer de vie et devenir écrivain… Dans cette autobiographie romancée, Oscar Zeta Acosta raconte son errance, mais aussi sa jeunesse difficile à cause d’un père absent, parti faire la guerre au Japon pendant la Deuxième Guerre mondiale. On apprend que les blancs n’aiment pas les basanés, et que les nouveaux arrivants n’apprécient pas beaucoup plus les immigrés mexicains de la première heure, ceux qui devraient être considérés comme des Américains à part entière. L’auteur raconte ses espérances, ses craintes, ses répugnances, ses peines. Il s’agit d’un homme rongé et torturé, n’ayant plus (semble-t-il) d’autre but dans la vie que celui d’être publié. Toujours est-il que dans sa quête d’une existence autre, Oscar Zeta Acosta fait l’expérience du sexe facile, de l’alcool enivrant, de la drogue hallucinante, de tout ce qu’il y a de meilleur en ce bas monde. Avec ce triumvirat la vie ne peut que paraître belle. Peu importe le réel…

Le dimanche matin, nous nous rendons à Saint-Basile pour suivre la messe. Nous écoutons un sermon idiot et nous recevons la sainte communion sans confesser nos péchés à personne. Le prêtre ne dit rien alors que nous sortons de l’église, les cheveux devant le visage, de l’herbe entre les dents, sales et tout collants d’avoir passé trois jours dans la rue.

Il y a quelques semaines je vous ai parlé d’un autre livre (Jacqui) publié dans cette même maison d’édition (Tusitala) et qui m’avait un peu déçu, car j’en attendais ce que j’ai finalement trouvé avec ce livre de Oscar Zeta Acosta. À savoir un univers déjanté, glauque de temps en temps, drôle (par moment), cynique régulièrement, émouvant bien souvent, triste aussi, jouissif tout le temps. « Mémoires d’un Bison », de Oscar Zeta Acosta, est un roman comme je les aime, empreint d’une certaine mélancolie, mais également marqué par des scènes obscènes, mais aussi de la grossièreté, mais pas seulement, car avec ce roman on apprend à connaître les Américains d’origine mexicaine dans les États-Unis des années 60. J’ai adoré ce roman, j’ai adoré cette histoire d’un dur à cuire au cœur tendre et sensible. Oscar Zeta Acosta est l’écrivain, parmi tous ceux que j’ai lus, qui ressemble le plus à Charles Bukowski. Malheureusement, l’auteur de « Mémoire d’un bisou » n’a écrit que deux livres… Et j’ai lu les deux. J’ai longtemps hésité avant de me procurer ce livre et j’ai bien fait de franchir le pas. Je ne regrette pas à un instant. Quoi qu’il en soit, si vous aimez l’univers de Bukowski, ce livre est fait pour vous. Pour conclure, sachez que le rôle qu’interprète Benicio del Toro dans Las Vegas Parano est celui d’Acosta.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(20 commentaires)

  1. Bonjour Goran ! Je ne suis pas naturellement attirée par ce genre de livre mais tu as titillé ma grande curiosité et j’aime bien sortir de ma zone de confort… alors je note.
    En revanche, à la fin de ton article, lorsque tu écris : « Malheureusement, l’auteur de « Mémoire d’un bisou » n’a écrit que deux livres… « , la coquille bisou au lieu de bison, prouve que nous avons tous besoin d’un peu de douceur 🙂 Non ?!
    Amicalement. Zéa

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  2. Pas forcément non plus mon univers habituel de lecture, mais en tout cas ton enthousiasme m’interpelle. Dis-moi, je me demandais juste ce que voulait dire prendre la route de l’ouest quand est à San Francisco (on ne peut pas aller plus à l’ouest, non). Considération géographique 🙂

    Aimé par 1 personne

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