Red le démon, de Gilbert Sorrentino

Red le démon, de Gilbert Sorrentino (Cent pages) — ISBN-13 : 9782916390123 —  233 pages — 20,30 € — Genre : Super mamie.

red

Sur ce blog, je vous ai déjà parlé d’un livre de l’auteur américain Gilbert Sorrentino. Je découvre ce dernier petit à petit et vous le fais découvrir en même temps. Aussi, avant de poursuivre, voici le lien de ma précédente critique ici.

L’action du livre se déroule à Brooklyn dans les années 30 (il me semble), une époque et un lieu que l’auteur américain Gilbert Sorrentino connaît bien puisque ce sont les siens. Je me demande d’ailleurs si « Red le démon » n’est pas un roman à caractère autobiographique. Toujours est-il que le livre que je vous présente raconte l’histoire d’un enfant prénommé Red, on ne sait pas très bien l’âge qu’il a, maltraité par sa grand-mère. Cependant, contrairement à ce que peut laisser croire le titre du livre, le pauvre gamin n’est absolument pas un démon. Bien au contraire, Red essaye de tout faire pour s’attirer les bonnes grâces de sa grand-mère tortionnaire, mais cela ne fonctionne pas. Pourquoi ? Tout simplement, car mémé est une folle furieuse qui n’aime personne (les juifs, les noirs, les policiers, etc.), pas même les curés, alors que mémé est une catholique qui se revendique comme tel. La grand-mère de Red terrorise tous ses voisins de même que toute sa famille. Pépé n’est qu’un bon à rien qui doit mendier auprès de sa femme (mémé) afin de pouvoir s’acheter des cigarettes. La fille de mémé ne vaut guère mieux que son minable de père, elle qui n’a pas su garder son mari auprès d’elle. La mère de Red n’ose d’ailleurs jamais prendre de la défense de son fils. Et le père du pauvre enfant dans tout ça ? Lui aussi n’ose pas contredire mémé, car il est trouillard et lâche et cela Red en a parfaitement conscience. Au final se trouvera-t-il quelqu’un qui saura tenir tête  à la grand-mère tortionnaire de Red ?

« Tout ce qui met en péril la sérénité précaire de Mémé finit toujours par être de la faute de Red, cette godiche, ce mécréant, cet ingrat : lui qui est pourri jusqu’au trognon.      Quand l’œuf à la coque que Mémé s’est préparé est trop mou ou gluant, elle frappe Red avec tant de force qu’il en chie dans sa culotte. Quand le corset de Mémé l’empêche de bien respirer, elle calotte Red sur la nuque avec tant de violence qu’il pisse dans sa culotte. […] Quand Mémé remarque amèrement que sa nudité n’intéresse plus Pépé, elle défonce les côtes de Red jusqu’à ce qu’il implore sa pitié. […] Si le gigot d’agneau rôti par Mémé est trop sec, elle cogne le visage de Red jusqu’à ce qu’il hurle. […] Si le gigot d’agneau rôti préparé par Mémé n’est pas assez cuit, le risque d’intoxication alimentaire lui fait si peur qu’elle assène des coups à Red avec une cuillère en bois jusqu’à ce qu’il hurle. […] Si Mémé se rend compte qu’elle est contente que sa nudité n’intéresse plus Pépé, elle allonge des coups à Red avec des ustensiles de cuisine jusqu’à ce qu’il implore sa pitié. […] Si le corset de Mémé lui donne l’impression d’être boudinée et peu désirable, elle piétine Red impitoyablement jusqu’à ce qu’il pisse dans sa culotte. Quand Mémé a cuit son œuf à la coque trop longtemps et qu’il est dur et sec, elle tabasse Red jusqu’à ce qu’il chie dans sa culotte.      La crapule, le démon, le mécontent : celui qui va mal finir ».

Comme vous l’aurez probablement compris à l’aide de ce long extrait, l’écriture de Gilbert Sorrentino est d’une richesse et d’une inventivité incroyables. J’adore lire cet écrivain, il est juste extraordinaire. Entre-temps, j’ai lu « La folie de l’or » et j’ai tout autant aimé. De plus, certains critiques littéraires considèrent Gilbert Sorrentino comme le plus grand écrivain américain de son époque et je ne suis pas loin de penser la même chose. « Red le démon » est un roman noir, dur, âpre, violent, mais j’aime ce genre d’univers. J’aime ce type de livre. Non, j’adore !

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(16 commentaires)

  1. Je ne connaissais pas l’écrivain (seulement le cinéaste italien homonyme) qui semble avoir tes faveurs. Il y a du Jules Renard dans cette histoire on dirait, mais dans une version plus rude encore. Merci pour ce conseil lecture que je ne manquerai pas de placer un jour sur ma table de chevet.

    Aimé par 1 personne

      1. J’ai vu la bande-annonce avant-hier, ça m’a l’air gratiné. J’ai tout de même un peu de mal avec le grotesque politique façon Sorrentino (déjà à l’oeuvre dans « Il divo »)… Mais on s’éloigne de l’écrivain là. 🙂

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s