Il ne portait pas de chandail, de Annick Walachniewicz

Il ne portait pas de chandail, de Annick Walachniewicz (L’arbre à paroles) — ISBN-13 : 9782874066665 — 184 pages — 18 € — Genre : Fragments de vie.

chandail

Je lis rarement les premiers romans. D’ailleurs, il me semble que depuis que je tiens mon blog (cela fait déjà trois ans), c’est seulement la deuxième fois que je rédige une critique sur un premier roman. Devrais-je faire plus souvent confiance aux jeunes auteurs ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Il est difficile de parler de ce roman, car celui-ci n’est pas construit de manière linéaire ou bien habituelle. Mais commençons par le début, car malgré ce que je viens de dire il y en a un. Ainsi, ce roman raconte l’histoire d’une famille polonaise, dont le père est parti, après la Seconde Guerre mondiale, s’installer en Belgique. D’ailleurs, je devrais dire qu’il s’est réfugié, car l’homme, dont on nous dresse le parcourt, est un rescapé des camps de concentration nazis polonais. Petit à petit on découvre l’histoire de cette famille, les difficultés que cette dernière a connues pour pouvoir s’intégrer, mais aussi de la maladie qui a touché différents membres de cette famille composée d’un couple et de deux filles (je ne suis plus très certain du nombre d’enfants). Parallèlement à cette histoire, nous découvrons l’autre, celle qui a eu lieu en Pologne avant la guerre, celle qui a eu lieu en Pologne dans un camp de concentration, celle qui a eu lieu en Pologne après la fuite, celle qui a lieu en Pologne après la guerre… Et tout cela, le passé, le présent, je dirais même le futur, nous est raconté par la fille de l’homme qui a vécu tant de malheur. Je n’oublie pas la mère dont l’histoire nous est aussi contée. Toujours est-il que tous ces récits sont entrecoupés par d’autres, ceux qui décrivent les moments qui ont lieu à la piscine, cet endroit qui sert pour ainsi dire de refuge à cette fille qui fait face à son quotidien, ainsi qu’au passé (qui ne lui est d’ailleurs pas très connu) de son père. Je dirais que les passages à la piscine servent un peu comme des entractes à la vie. Je vais m’arrêter là pour les explications, car j’ai peur d’en dire trop. D’autant plus, que très vite nous apprenons ce qu’il advient du personnage principal du livre. Pourtant, d’autres éléments mettent bien plus de temps à se dévoiler.

Au pied du poirier, Papy Tadeusz s’est éteint comme un vieux mégot dur et plein de salive. Il a quitté sa terre ravagée, ses hommes massacrés. Il n’a pas résisté a la peste qui bubonne les consciences. Cette peste-là n’est pas neuve. Elle sommeille dans les âmes et dans les missels.

Peut-être que mon résumé ne vous a pas convaincu, car vous vous dites que ce genre d’histoire a été maintes fois traité, mais vous auriez tort de vous arrêter à ça. Quoi qu’il en soit la forme, qui fait la force du livre en plus du style d’écriture, de ce roman autobiographique est très intéressante. Effectivement, dans ce roman, nous voguons d’époque en époque, de lieu en lieu, d’est en ouest, de moments malheureux en d’autres plus heureux, à l’aide de petits chapitres (qui ne font parfois que quelques lignes lorsque le père parle). De plus, l’histoire n’est pas racontée de manière linéaire, l’auteur fait de brefs va-et-vient dans le temps. Il y a une histoire à court terme et une histoire à long terme. Tout ceci est parfaitement maîtrisé. Au final, les chapitres de ce livre sont des fragments de vie qui, mis bout à bout, forment des portraits émouvants d’hommes et de femmes, ainsi que de deux pays (celui d’origine et celui d’adoption). Pour conclure, il faut que je dise quelques mots sur l’écriture d’Annick Walachniewicz. La plume de l’auteur est très belle, extrêmement poétique, mais aussi très imagée. Tout le long du texte, Annick Walachniewicz construit de très intéressantes comparaisons, à la fois inventive et impertinente (dans le bon sens du terme). J’ai adoré, cela a suffi à mon bonheur. « Il ne portait pas de chandail », d’Annick Walachniewicz, a été finaliste du Prix Première 2018.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(25 commentaires)

  1. Merci infiniment Goran de m’avoir lue, c’est une belle surprise matinale ! Une rectification: la famille n’est pas juive mais bien polonaise. Les polonais ont payé leur tribut ainsi que bien d’autres nationalités mais ce que j’ai découvert dans mes recherches c’était le profond antisémitisme polonais.
    Belle journée à toi ;o)

    Aimé par 1 personne

  2. Un sujet qui m’intéresse et l’extrait que tu cites me plaît beaucoup… Je ne note pas le titre car je l’ai déjà noté après avoir lu un article sur le livre et l’auteure dans un journal 😉 bonne journée, Goran

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s