Molloy, de Samuel Beckett

Molloy, de Samuel Beckett (Minuit) — ISBN-13 : 9782707306289 — 241 pages — 8,50 € — Genre : Perdu quelque part.

molloy

Voici le duo de choc de la lecture commune qui fait son retour. Marie-Anne et moi, nous allons vous présenter aujourd’hui le roman « Molloy » de l’écrivain irlandais Samuel Beckett, c’est de mon côté la première fois que je parle d’un livre irlandais sur mon blog. Avant d’en venir à l’essentiel, n’oubliez pas d’aller lire la critique de Marie-Anne qui se trouve ici.

Commençons par le plus simple en rappelant que « Molloy » est le premier volet d’une trilogie qui se poursuit avec le titre « Malone meurt » et « L’innommable ». Poursuivons en rappelant (je ne le savais pas, mais je l’ai appris en préparant cet article) que les pièces de théâtre de Samuel Beckett sont bien plus abordables que ses romans. Effectivement, « Molloy » est un livre assez déroutant. D’ailleurs, il ne va pas être simple de résumer l’histoire. Quoi qu’il en soit le livre est divisé en deux grands chapitres. Ainsi, dans la première partie nous suivons l’histoire d’un homme qui vagabonde et dans sa tête et dans les rues désertes. Qui est Molloy ? On ne sait pas très bien. Nous comprenons que notre héros est un homme d’un certain âge parti à la recherche de sa mère, et cela bien que l’histoire débute en expliquant que Molloy se trouve dans la chambre de sa maman. Toujours est-il que l’homme parti à la recherche de sa mère erre dans les rues tel un fou, car Molloy ne sait pas très bien où il va, il ne sait pas très bien où il est, il n’est pas même certain de son nom. Dans son voyage, notre héros croisera le chemin d’un agent de police et de presque personne d’autre. Cependant, Molloy n’est pas seul, car sa tête est pleine de personnages et de considérations en tout genre. Notre héros est un homme exalté qui ne va jamais cesser, tout le long de son périple, de partager avec nous ses états d’âme. Et il faut dire que dans la tête de Molloy il y en a des choses, qui ne sont jamais très claires, qui sont toujours très brumeuses. Oui, Molloy est un homme indécis. Dans la deuxième partie du livre, dont l’univers est toujours aussi étrange, nous suivons le parcours d’un enquêteur et père de famille. Le détective, un homme malade et blessé à une jambe (qui semble aussi dépressif) doit retrouver Molloy afin de le ramener, c’est tout ce que l’on sait. Cette partie de texte contient un peu plus de personnages, mais le héros semble tout aussi solitaire que Molloy.

Qu’il est difficile de parler de la lune avec retenue ! Elle est si con, la lune. Ça doit être son cul qu’elle nous montre toujours. On voit que je m’intéressais à l’astronomie, autrefois. Je ne veux pas le nier. Puis ce fut la géologie qui me fit passer un bout de temps. Ensuite c’est avec l’anthropologie que je me fis brièvement chier et avec les autres disciplines, telle la psychiatrie, qui s’y rattachent, s’en détachent et s’y rattachent à nouveau, selon les dernières découvertes.

« Molloy », de Samuel Beckett, est un roman étrange et inclassable, je ne sais pas si on peut le comparer à une autre œuvre. Peut-être à « Jérôme » de Jean-Pierre Martinet ? Je pose la question, car je ne suis pas certain de ce que j’avance. J’ai aussi pensé à Kafka en lisant « Molloy ». Par exemple, on peut dire que la première partie du livre de Samuel Beckett n’est que le long atermoiement de son personnage principal parfois interrompu pas un événement comme un policier qui l’interpelle. Il s’agit d’un texte compact et extrêmement dense. Pourtant, je me suis laissé porter par l’histoire et l’écriture malgré quelques passages (comme celui de la pierre que Molloy suce) un peu longs. J’ai adoré ce roman ! Le thème de ce dernier est, me semble-t-il, celui de la solitude, du désespoir, de la misanthropie, du dégoût et bien entendu de l’absurdité de la vie et des situations. « Molloy » n’est pas un roman joyeux, mais j’aime. De même que j’apprécie l’étrangeté et les non-dits du texte. Je suis impatient de découvrir les deux derniers tomes de cette trilogie de Samuel Beckett.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(27 commentaires)

  1. J’adore le théâtre de Samuel Beckett, mais je n’ai jamais pensé lire ses romans (en fait, je crois que j’ai oublié de les lire). Toujours est-il que ta chronique me donne furieusement envie de pallier ce manque. Merci donc, Goran, pour cette chronique-piqure-de-rappel !

    Aimé par 2 personnes

  2. Finalement, il reprend les mêmes thèmes que dans ses pièces (je suppose car je n’ai pas lu les romans) mais au théâtre il y a une concrétisation, une visualisation, qui doivent rendre la compréhension plus facile ? Non?

    Aimé par 1 personne

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