Sous le joug, de Ivan Vazov

Sous le joug, de Ivan Vazov (Fayard) — ISBN-13 : 9782213633572 — 481 pages — 27 € — Genre : Les bienfaits de la colonisation.

vazov

Aujourd’hui, je vous emmène en Bulgarie avec un roman historique de l’auteur Ivan Vazov. D’ailleurs, ce dernier est considéré comme le « patriarche » de la littérature bulgare. Aussi, Ivan Vazov fut tour à tour député, ministre, écrivain, poète… Cependant, « Sous le joug » est l’unique texte traduit en français de l’auteur bulgare.

Ainsi, le roman de Ivan Vazov parle d’un fait historique peu connu en Europe occidentale, mais bien ancré, car traumatisant, dans la mémoire collective de l’Europe du Sud-est. L’action du livre se déroule entre l’an 1875 et 1876. La Bulgarie, envahit par le colonisateur turc, est sous domination ottomane depuis plusieurs siècles. Par conséquent, comme tout dominateur qui se respecte, les Turcs imposent leurs lois et leurs coutumes par la violence et la répression. Forcément, les gens font le dos rond, jusqu’au jour où le désir de liberté l’emporte sur la crainte de se faire égorger. Alors, la révolte gronde, l’insurrection se prépare, car le peuple en a marre des brimades et humiliations. Aussi, c’est cette histoire que nous raconte l’écrivain Ivan Vazoz, celle d’un peuple bulgare qui tenta en 1876 de se défaire de la mainmise ottomane. Et, c’est à travers le regard d’un personnage fictif que l’auteur décide de raconter l’histoire de l’émancipation d’un pays : La Bulgarie. Le roman de Ivan Vazov est donc celui d’un double portrait. Premièrement, imaginaire, d’un homme qui s’élève contre l’oppresseur et secondement, véridique, d’un pays qui tente de renaître. Que dire sur le héros du livre ? Pourquoi ne pas commencer par son nom ? C’est donc le parcours de Boïtcho Ognianov que nous suivons, il s’agit d’un homme courageux, forcément, mais aussi d’un homme soutenu par une femme, Rada, tout aussi belle que forte. D’ailleurs, notre révolutionnaire en herbe aura bien besoin du soutien moral de celle qui l’aime. Effectivement, sortir de la torpeur tout un peuple, corseté par l’occupant ottoman, ne sera pas une chose facile. Cependant, le désir de liberté finit toujours pas éveiller la conscience des hommes, même des plus contrits.

– Docteur, tu as lu le journal ? Où est-ce qu’il en est, le soulèvement en Herzégovine ?
– Il est a l’agonie, Marko. Ce peuple héroïque a fait des prodige, mais que faire contre une pareille puissance ?
– Seigneur ! Une poignée d’hommes, et pourtant ils ont tenu longtemps. On n’en est pas capable ! dit Marko.
– Avons-nous seulement essayé ? Remarqua le docteur. Nous sommes cinq fois plus nombreux que ceux d’Herzégovine, mais nous ne connaissons pas encore notre force.
– Ne parle pas ainsi, docteur, répliqua Marko. Les Herzégoviniens, c’est une chose, nous, une autre. Nous, nous sommes dans les entrailles de l’enfer ; qu’on bouge un peu et on nous égorgera comme des moutons. On ne peut attendre du secours de nulle part.

J’ai parlé brièvement de l’auteur bulgare dans mes quelques lignes d’introduction, mais, toujours selon l’éditeur, je peux vous dire que « Sous le joug », de Ivan Vazov, est considérée comme le chef-d’œuvre de la littérature romanesque bulgare. Dans ce roman, tous les ingrédients coutumiers à ce genre d’histoire sont présents. Il y a un peuple opprimé, un héros charismatique qui rêve de liberté, une histoire d’amour, des trahisons, des batailles, etc., etc. Ainsi, l’ensemble de tous ces éléments font de ce texte un roman extrêmement entraînant. D’ailleurs, en préparant cette critique, j’apprends que ce livre bulgare est comparé aux grands livres romanesques russes. De mon côté, je n’irais pas jusqu’à mettre ce roman de Ivan Vazov au même niveau qu’un texte de Tolstoï ou bien Dostoïevski. Certes, j’ai passé un très bon moment avec ce livre d’aventure historique, mais je place les deux écrivains russes précédemment cités à un autre niveau. Toujours est-il que je vous conseille la lecture de « Sous le joug », de Ivan Vazov.

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ».

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Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(16 commentaires)

  1. La guerre, l’amour, la liberté sous fond de faits historiques… Tout est là pour divertir le lecteur, l’entraîner ailleurs, l’amener à réfléchir… La conquête ottomane terrorise depuis longtemps… malheureusement. Merci pour cette belle présentation car je ne connaissais pas cet écrivain. 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Comment ai-je pu faire des recherches sur la littérature bulgare sans tomber sur ce livre ??? Très intéressant. Je lis pour la deuxième fois cette semaine que l’occupation ottomane était terrible au 19ème siècle, ce que j’apprend et m’étonne un peu (j’avais toujours en tête que les pays sous « joug ottoman » n’étaient pas forcément contraints de se conformer aux us et coutumes de l’occupant). Intéressant, je note !

    Aimé par 1 personne

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