Vérité et justice, Tome 1 : La Colline-du-Voleur, de Anton Hansen Tammsaare

Vérité et justice, Tome 1 : La Colline-du-Voleur, de Anton Hansen Tammsaare (Gaïa) — ISBN-13 : 9782847201314 — 681 pages — 23,40 € — Genre : Chamailleries entre paysans.

colline

C’est le cinquième livre que je critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ». Aussi, j’ai décidé de vous emmener aujourd’hui en Estonie. Ce sera pour moi une première, car je n’ai jamais lu d’auteur estonien jusqu’ici.

Pour ma première expérience avec la littérature estonienne je commence par du lourd, car « La Colline-du-Voleur », de Anton Hansen Tammsaare, est le premier tome (d’environ 700 pages) d’un cycle littéraire intitulé « Vérité et justice » et qui compte cinq tomes. Comme je suis quelqu’un de courageux, tout ceci ne me fait absolument pas peur, d’autant plus que vu la qualité de ce premier texte je vais être obligé de lire les quatre dernières parties. Ainsi, comme pour ma précédente critique, l’action de ce livre se déroule dans le monde paysan du début du XXe siècle, mais cette fois-ci estonien. Cependant, l’écrivain Anton Hansen Tammsaare ne parle pas de l’histoire politique mouvementée de son pays, non, dans son livre il est question de la paysannerie et à la manière d’un Émile Zola dans « La terre », l’auteur estonien peint le portrait d’une société agricole. Ainsi, un beau matin de 1870 Andres et sa femme Kroot viennent s’installer sur leur nouvelle terre achetée à crédit. Le couple est jeune et courageux, mais la vie à la campagne n’est pas facile. D’ailleurs, la vie rude de fermier fait fuir, seuls restent les plus courageux. Par conséquent, c’est le parcours de ce couple que nous découvrons dans cette énorme fresque romanesque, mais surtout celui d’un chef de famille (Andres) qui ne cessera de faire face à l’adversité afin de réussir sa vie sociale et avoir un héritier. D’ailleurs, les embûches ne manquent pas, les terres qu’a achetées Andres sont jonchées de pierres et un voisin, amateur de boissons alcoolisées et surtout de bonne vodka, ne cessera de lui chercher querelle. Entre les moments de joies et de grandes peines, Andres cherchera inlassablement à obtenir la justice des hommes et de Dieu. Mais la vérité compte-t-elle dans cette Estonie du début du 20e siècle ?

« Voilà ce que doit faire un homme, voilà du travail d’homme, disait-il parfois. Comment travaillaient les valets ? Ils gesticulaient comment un pou qui se noie ! Ils portaient sur le dos des charges de puces et prenaient un temps fou pour les installer sur leur traîneau de branchages, on pouvait moisir sur pied en les attendant. Andres met davantage de foin tout seul sur son dos, avec son râteau, que les autres n’en prenaient avec de l’aide et un support de branchages. Voilà la différence entre un homme et un autre ! »

Ce premier tome de « Vérité et justice » est un énorme livre en raison de sa taille, mais bien entendu (et surtout) en raison de sa qualité. Le roman de Anton Hansen Tammsaare, c’est un savoureux mélange entre le style d’Émile Zola et celui de Tolstoï. Pourtant, l’auteur estonien est un amateur de Dostoïevski, mais il me semble que sa plume ressemble plus à celle de Tolstoï. Toujours est-il que j’ai aimé découvrir ce monde paysan estonien, leurs us et coutumes, leurs qualités ainsi que leurs défauts. Il est toujours aussi surprenant de voir comment les hommes d’alors étaient extrêmement procéduriers, les gens n’hésitaient pas à faire appel à la justice pour des broutilles. Aussi, j’ai le sentiment étrange que cet univers ressemble à celui de la France paysanne du même siècle. Ainsi, dans les deux endroits les hommes tiennent à leur terre plus qu’à toute autre chose, à part celui peut-être d’avoir un héritier. Il y a pourtant une déférence de taille entre les paysans français et estoniens du début du XXe siècle, c’est que les premiers consomment du vin tandis que les seconds préfèrent la bière et la vodka. Personnellement, j’aime les trois !

J’ai rédigé cette critique dans le cadre du « mois de l’Europe de l’Est d’Eva, Patrice et Goran ».

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Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(28 commentaires)

  1. Oh, je sais déjà quel titre Patrice ajoutera à sa liste ce soir, c’est exactement le genre de lecture qu’il apprécie ! Je n’en ai jamais entendu parler, tu nous as déniché un livre très intéressant !! 😉

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  2. je pense que dans ta citation c’est le mot « valet » qu’il faut lire non?
    je pense aussi que les autres tomes risquent d’être encore plus durs car à la dureté du monde paysan va s’ajouter les horreurs politiques, non?

    Aimé par 2 personnes

  3. Oh, je crois qu’Eva a bien raison !!! Où es-tu allé dénicher cette perle, que je m’empresse, c’est vrai, de noter sur mon carnet. Quelle découverte et quelle chance pour les lecteurs !

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  4. C’était un paysan « libre » ? (l’Estonie faisait partie de l’Empire russe ?) Je ne pensais pas qu’ils en existaient à cette époque, que je connais mal, je croyais que les paysans étaient tous serfs. Enfin, encore une nouvelle découverte !
    La seule chose dont je suis sûre, c’est que la vodka devait être meilleure que celle que boivent les gens maintenant (j’en parle bientôt).

    Aimé par 1 personne

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