Hiroshima, fleurs d’été, de Tamiki Hara

Hiroshima, fleurs d’été, de Tamiki Hara (Actes Sud) — ISBN-13 : 9782742769131 — 127 pages — 6,60 € — Genre : Les dieux sont tombés sur la tête.

hiros

J’ai lu ce petit livre japonais, d’à peine 130 pages, en commun avec Marie-Anne du blog laboucheaoreilles. Aussi, je vous invite à lire son très beau billet : ici. Mais, si vous le voulez bien, venons-en maintenant à ma critique…

« Hiroshima, fleurs d’été », de Tamiki Hara est un petit recueil de trois nouvelles qui se lit comme un livre, car les trois histoires se suivent. Vous l’aurez compris, dans cette fiction biographique, l’auteur raconte le bombardement d’Hiroshima. L’écrivain japonais, qui a vécu les terribles événements, décrit l’avant, le pendant et l’après, du largage de « Little Boy ». Ainsi, dans le premier récit nous découvrons le quotidien d’une famille japonaise vivant à Hiroshima. Les hommes et femmes parlent de la guerre, du front, de ceux qui partent et de ceux qui reviennent. Les gens sont inquiets, certains, conscients de leur défaite, voudraient en finir au plus vite. Tandis que d’autres souhaitent se battre jusqu’au bout… Cependant, dans l’ensemble, la population d’Hiroshima est angoissée. Aussi, une grande partie de celle-ci se prépare à évacuer la ville et c’est cette préparation que décrit l’auteur. Pourtant, malgré l’inquiétude des gens, ces derniers ne se pressent pas plus que cela. Aussi, la rumeur court, la rumeur d’un terrible bombardement à venir, mais personne ne peut comprendre ce qui va leur tomber, littéralement, sur la tête. Sinon, les habitants d’Hiroshima auraient fui, en laissant tout derrière eux, au lieu de perdre leur temps, en préparatifs aussi longs qu’inutiles. D’ailleurs, c’est ce qui est terrible dans ce premier récit, de savoir ce qui va se passer sans qu’on puisse y changer quelque chose. Le deuxième texte, lui, s’intéresse à décrire l’horreur des premiers instants après le bombardement. Cette seconde nouvelle est beaucoup plus courte, mais aussi beaucoup plus intense, âpre. Tout brûle, c’est l’enfer sur terre, les descriptions sont terribles, voire horribles. Le texte est pesant, mais extrêmement réaliste, les descriptions font mouche… Enfin, dans la troisième et dernière nouvelle, il est question de l’après… Du retour, dans leur ville natale, des survivants, mais aussi des retrouvailles, des évocations du bombardement, de ceux qui sont morts, des rescapés blessés, du deuil.

En chemin mon neveu s’était mis à vomir un liquide blanc. Il avait fui et pris le train avec un ami chez lequel il s’était réfugié: là, on s’était bien occupé de lui. Mais un peu plus d’une semaine après son retour parmi nous, il commença à perdre ses cheveux et devint complètement chauve en deux jours. On disait alors un peu partout que, cette fois-ci, les gens blessés dont les cheveux tombaient et qui saignaient du nez n’avaient pas beaucoup de chance de s’en sortir. Douze ou treize jours après la chute de ses cheveux, mon neveu se mit à saigner du nez.

Qu’ai-je pensé de ce livre de Tamiki Hara ? Il me semble que c’est la première fois que je lis un roman japonais sur le bombardement d’Hiroshima. Par conséquent, je n’ai pas de points de coopération, mais cela ne m’empêche pas d’avoir un avis. Dans l’ensemble, j’ai aimé ce livre. Pour autant, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans la première nouvelle. En effet, j’ai trouvé le début un peu trop léger, j’ai eu du mal à m’intéresser à cette histoire familiale. Cependant, voir cette famille s’atteler à leur déménagement avec une certaine désinvolture m’a très vite subjugué. Aussi, je ne sais pas si au final ce n’est pas cette partie du livre qui m’a plu le plus. La seconde nouvelle, malgré les horribles descriptions, est très prenante, car elle est extrêmement juste. L’écrivain, à l’aide d’un style bref et concis, parvient à nous rendre une image extrêmement réaliste des horreurs que l’auteur a vécues. Enfin, la dernière partie du livre, alors que la guerre est finie, est paradoxalement la plus émouvante, la plus triste, la plus envoûtante. Peut-être parce que cette nouvelle parle du deuil et du souvenir ? Toujours est-il qu’en écrivant ces quelques mots j’imagine que c’est finalement cette histoire que j’ai le plus aimée.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(28 commentaires)

  1. Extraite d’un recueil Folio Junior, je l’ai lue et commentée récemment sur mon blog Marguerite Rothe ; j’ai vraiment beaucoup aimé. Pour celles et ceux qui aiment les nouvelles japonaises, je leur recommande une anthologie en deux volumes éditée chez Gallimard. Plaisir assuré 🙂
    Merci pour cette chronique !

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  2. Si le style est bref et concis, ça pourrait aller. je viens d’abandonner un roman (il y a du Nagasaki 1945 dedans) un poil trop romanesque…
    Au fait, tu as lu Gen d’Hiroshima? Je n’ai jamais pu aller au delà du premier tiers du premier tome, trop dur.

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  3. Cela fait trop longtemps que je n’ai pas lu de littérature japonaise ( encore un projet ! ), au sens strict, puisque j’ai découvert il y a peu Kazuo Ishiguro avec  » Un artiste du monde flottant  » . Comme Keisha, je pense au manga Gen d’Hiroshima, premier tome insoutenable, je n’ai pas poursuivi…

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