Quand l’oncle de Khokholov mourra…, de Martin Kukucin

Quand l’oncle de Khokholov mourra…, de Martin Kukucin (ebook) — ISBN-13 : inconnu — 63 pages — 0 € — Genre : La bosse du commerce. ✮✮✮✮

kukucin

Cela fait quelques mois que j’avais promis à Patrice (du blog Et si on bouquinait un peu ?) d’écrire un article sur un livre rédigé par un auteur originaire de Slovaquie. Malheureusement, les écrivains slovaques traduits en français ne sont pas nombreux. Malgré tout, j’en avais trouvé un assez rapidement, j’allais d’ailleurs publier un billet sur le très bon livre de Milo Urban : « Le fouet vivant ». Et ?

Sauf que je me suis rendu compte que Patrice avait déjà rédigé une critique de ce livre et je ne pouvais décidément pas parler du même roman. Je n’ai pas trouvé grand-chose qui pourrait m’intéresser et j’ai bien cru ne pas pouvoir honorer ma promesse, mais fort heureusement je ne suis jamais à court d’excellentes idées. Aussi, j’ai trouvé mon bonheur sur un site en ligne qui propose des livres libres de droits en accès libre. « Quand l’oncle de Khokholov mourra… » est une nouvelle publiée en 1890 par l’auteur slovaque Martin Kukucin. Je commence par dire quelques mots sur le romancier. Né en 1860, l’écrivain slovaque Martin Kukucin est considéré comme l’un des fondateurs des lettres modernes slovaques. Malheureusement, afin de trouver un emploi, ce dernier a dû s’exiler très tôt en Croatie. Aussi, l’auteur slovaque s’installa au Chili avant de retourner brièvement dans son pays natal et finalement définitivement s’installer en Croatie. Martin Kukucin meurt en 1928 et est inhumé au cimetière national de Martin en Slovaquie. Mais venons-en au livre… Ainsi, l’histoire de cette nouvelle se situe dans le monde paysan slovaque. André Trava est fermier à Kameniany, mais il est aussi commerçant, il achète et revend tous les produits de la ferme. André Trava spécule avec des produits aussi riches que variés (bétail, lait, etc.). Sauf qu’un jour, André Trava, le paysan spéculateur dont le fils continu à s’occuper de la ferme, va tomber sur un os. Effectivement, André Trava, celui qui se considère comme un commerçant né, va se faire arnaquer par Adouche, un fermier d’un village voisin, un fermier qu’il ne connaît pas, mais un fermier à qui il a versé des arrhes pour l’achat d’orge. Je m’arrête ici sur l’histoire, car sinon je risque de trop en dévoiler.

Le village qu’il traversait s’étendait sur les bords d’un ruisseau. Ces bords variaient comme le temps d’avril. La volonté des habitants, ni celle de l’ingénieur cantonal n’y étaient pour rien, mais uniquement les caprices du ruisseau. Lorsqu’il a fait provision d’eau dans la montagne, il envahit le village tout entier. Il charrie du gravier, des rochers, de la terre, de petits sapins, des branchages, quoi, tout ce qu’il rencontre… Et il le dépose où il lui plaît. Ordinairement il le dépose précisément où cela répond le moins aux désirs des paysans. À la longue ceux-ci se sont habitués aux caprices de leur ruisseau et le laissent courir à sa guise.

Dans son livre, l’auteur, Martin Kukucin, décrit le monde paysan slovaque de son époque. L’écrivain met en évidence les us et coutumes de chacun, mais sans jamais faire de moral. Effectivement, ce texte n’est pas un texte moralisateur. Martin Kukucin s’intéresse aux gens, au petit peuple, aux paysans, à leur vie, à leurs difficultés… Aussi, même s’il peut sembler l’être (moralisateur) par moment, le but de l’auteur slovaque n’est pas de se lancer dans un récit marqué par la morale. D’ailleurs, comme il est dit dans le texte explicatif en introduction de cette nouvelle, l’écrivain slovaque rappelle par bien des points les grands écrivains russes. On peut aussi penser à Émile Zola, car lui aussi a merveilleusement bien su dépeindre son époque. Quoi qu’il en soit, ce court texte se lit facilement, l’écriture est plaisante, belle et jamais ennuyeuse… J’ai vraiment passé un très bon moment.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(16 commentaires)

  1. Quel plaisir de pouvoir découvrir un auteur méconnu d’un pays dont les livres sont si peu traduits en français. Surtout après la rentrée littéraire où on voit souvent les mêmes auteurs !
    Je ne connais pas Martin Kukucin, mais je vais certainement aller voir son livre. L’extrait est très prometteur. Merci !

    (comme on peut déjà cocher la Slovaquie, pourquoi ne pas lancer un nouveau défi en retour à Patrice ? Monténégro ? 😉

    Aimé par 2 people

      1. Oui, oui, je vous entends bien :-). Et bien, je relève le défi !! RDV dans quelques mois. Je vois que tu n’oublies rien (Slovaquie, Anatole France : les défis sont bel et bien relevés de ton côté). Très joli roman, ça m’a l’air très intéressant et comme toujours, je suis heureux de découvrir des titres quasi inconnus sur ton blog. Bravo !

        Aimé par 1 personne

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