Vulnérables, de Richard Krawiec

Vulnérables, de Richard Krawiec (Tusitala) — ISBN-13 : 9791092159127 — 221 pages — 20 € — Genre : Jouer à touche-pipi. ✮✮✮✮

vulne

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre américain contemporain. Encore un ! Oui, je sais… Décidément, ce type de lecture est devenu (presque) une habitude. Bien entendu, je plaisante. Toujours est-il que « Vulnérables », de Richard Krawiec, est typiquement le genre d’histoire qui me plaît, que j’aime lire plus que tout autre. Voilà de quoi il est question dans ce roman publié chez Tusitala.

Avant de vous raconter ce que raconte l’histoire du roman, voici quelques mots sur l’histoire du livre. Ainsi, comme nous l’explique l’écrivain dans sa préface, personne n’a voulu publier son livre, car personne ne veut lire, subir, faire face à la pauvreté ambiante, celle qui existe juste à côté de nous et que l’on côtoie sans y faire attention. D’ailleurs, le livre de Richard Krawiec a été rédigé dans les années 80, et il a fallu attendre 2017 pour que l’auteur puisse enfin publier son roman. Aussi, ce sont les éditions Tusitala qui ont eu l’excellente idée de nous proposer cette magistrale histoire de l’auteur américain Richard Krawiec. Venons-en au roman… Ce dernier débute par un banal cambriolage, enfin pas si banal, car brutal, et par conséquent, traumatisant pour le vieux couple qui habite la maison d’un quartier pauvre et délaissé des États-Unis. Dès lors, la fille du couple, qui n’habite pas très loin de ses parents, mais enceinte de huit mois et pas en état de soutenir qui que ce soit, téléphone à son frère pour que celui-ci vienne aider ses parents. Billy Pike, le frère cambrioleur, cet antihéros au passé trouble, le fils raté, Billy donc, tergiverse, mais il finit par céder aux supplications de sa sœur. Billy n’est pas un type bien, c’est un voleur et aussi un homme violent, mais dont le fond n’est pas complètement mauvais. Un beau jour, Billy a décidé de quitter le coin pourri où vivent ses parents, et ce retour (presque forcé) au pays natal semble avoir réveillé quelque chose en Billy. Effectivement, quelque chose bouillonne en Billy, mais celui-ci fera de son mieux pour soutenir des parents qu’il ne supporte plus depuis bien longtemps, des parents devenus vieux qui se disputent pour un oui et pour un non, des parents ni bon ni mauvais, mais me semble-t-il des parents aveugles…

À condition d’être assez patient, on trouve toujours quelqu’un de pas trop difficile. De quelqu’un à mettre dans un lit, à plier en deux sur un bureau, a plaqué contre le carrelage d’une douche, à s’asseoir sur un lavabo, à doigter derrière une poubelle, avec qui partager un verre, un joint, une seringue, une baise une pipe une poignée de cachets. Quand on cherche suffisamment, quand on attend assez longtemps, on trouve toujours quelqu’un qui a le même besoin mortel de distraction et d’oubli.

J’ai adoré lire cette histoire, une histoire dans laquelle s’installe dès le départ une certaine tension. De plus, Billy est un antihéros introverti, mais on sent que quelque chose le fait souffrir, c’est palpable et l’on attend qu’une chose, c’est que cela sorte, c’est que cela explose, que cette haine, violence, qui habite Billy éclate, une bonne fois pour toutes, tel un ballon trop gonflé. Cependant, le livre n’est pas qu’un simple portrait, celui d’un homme qui revient faire face à son passé ou bien celui d’une famille américaine pas bien riche et qui s’accroche (tant bien que mal), c’est aussi le portrait d’une société en déliquescence. En effet, le livre de Richard Krawiec est aussi une satire sociale, c’est le dessin d’un pays ou l’espoir devient désillusion. Certes, le roman de Richard Krawiec parle d’une société américaine devenue invisible et qu’il est difficile parfois d’appréhender, mais il s’agit en même temps d’un roman duquel se dégage une grande émotivité. Je vais conclure en disant quelques mots sur le style d’écriture de l’auteur américain qui est à la fois direct et vif, mais aussi duquel se dégage beaucoup de tension, la plume de Richard Krawiec est entraînante dans le sens ou l’on ne s’ennuie pas dans ce récit social, bien au contraire. Aussi, il ne me reste plus maintenant qu’à découvrir l’autre roman de Richard Krawiec publié aussi chez Tusitala. Et vous savez quoi ? J’ai hâte !

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(12 commentaires)

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