The only ones, de Carola Dibbell

The only ones, de Carola Dibbell (Le nouvel Attila) — ISBN-13 : 9782371000506 — 398 pages — 23 € — Genre : Moi, toi, nous, eux. ✮✮✮✮✮

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« The only ones » est un des rares livres de la rentrée littéraire que j’ai eu envie d’acheter. Et je puis dire maintenant, en toute connaissance de cause, que je ne me suis pas trompé. Effectivement, « The only ones », qui est le premier livre de Carola Dibbell, n’est pas un simple roman de science-fiction, c’est bien plus que cela…

L’histoire du livre commence assez étrangement, on ne sait pas très bien ce qui se passe, bien que l’on comprenne l’essentiel. Effectivement, la narratrice, qui n’est autre que l’héroïne Moïra, utilise un vocabulaire limité, incomplet, tandis que son interlocuteur, Rauden, parle de manière hachée, incomplète. Le monde qui nous est décrit est celui d’un monde chaotique, étrange, c’est un monde qui a connu plusieurs pandémies, des pandémies qui ont causé énormément de morts par vagues successives. Dans ce monde d’après, qui ressemble par bribes (en tout cas, c’est ce que j’ai ressenti) au décor des films « Brazil » de Terry Gilliam ou bien « Les Fils de l’homme » de Alfonso Cuaron, Moïra tente de survivre tant bien que mal. D’ailleurs, rien n’est simple dans cet univers où les idéologues fous imposent leur terreur. Et que dire des savants fous ? Moïra est une fille pauvre et analphabète. Aussi, pour survivre, cette dernière n’a d’autre choix que de vendre son corps, non pas comme les prostituées de notre époque, mais bel et bien des morceaux de son corps. Moïra est immunisée, alors ceux assez riches pour pouvoir se payer des morceaux de la jeune femme espèrent profiter de son immunité. Puis, Moïra va rejoindre une ferme d’un genre particulier, une ferme dans laquelle on crée des bébés à l’aide de femmes bien portantes, pour des clients riches bien exigeants. Ainsi, pour arriver à ses fins, Rauden, le scientifique blasé et alcoolique, utilisera tous les moyens mis à sa disposition, les mères porteuses, le clonage, etc. Certes, le clonage est interdit, mais ce n’est pas ce qui arrête Rauden. D’ailleurs, ce dernier finira par cloner Moïra, qui devra contre toute attente garder cet enfant, son enfant, une petite fille au doux prénom d’Ani. Enfin, c’est à partir de la naissance d’Ani que le livre de Carola Dibbell change de registre…

Mariah et Rauden sont en train de regarder leurs montres, pour savoir le bon moment. Janet attendait sur le côté. Les structures se balançaient. Les cassettes hurlaient. Moi fallait que je sois dans l’autre pièce, à écouter les hurlements par le mur. Je devais respirer bien profond. Je sais pas pourquoi les femmes sur la cassette elles devaient hurler. Je sais pas pourquoi Lucas et Rauden ils devaient contracter. Je sais pas pourquoi moi je devais respirer profond. J’étais pas le père. J’étais pas la mère. J’étais même pas la mère biologique. J’étais l’Originale. Je savais pas c’étais quoi. J’étais juste assise là pétrifiée dans ma chaise, à respirer bien profond, jusqu’à que le téléphone sonne.

Effectivement, à partir de l’arrivée d’Ani, la fille de Moïra, ou plutôt son double, le roman s’attache à nous montrer le parcours compliqué d’une jeune mère qui n’a pas décidé de l’être. D’ailleurs, le sujet principal du livre est celui de l’éducation. Comment devenir mère ? Comment se construire en tant que mère ? C’est ce que Moïra va nous apprendre grâce à son parcours compliqué, elle (l’orpheline) qui ne savait presque pas ce qu’était un bébé va petit à petit apprendre à s’en occuper, l’élever, l’aimer, pour finir par devenir mère, une mère comme toutes les autres, une mère qui fera des erreurs, une mère qui fera des sacrifices, une mère qui fera tout son possible pour le bonheur et la réussite de son enfant. De plus, de nombreux sujets viennent se greffer à celui de l’éducation, il y a celui de la science et de l’éthique, mais aussi celui de ce qu’est un enfant, de ce qu’est une famille, de la filiation, de l’émancipation, etc. Certes, cette histoire se passe dans le futur, mais les sujets traités sont contemporains. Au final, de ce récit, raconté par Moïra à la première personne avec le vocabulaire d’une jeune enfant, se dégage une grande émotivité. En effet, on souffre avec l’héroïne, on espère avec elle, on se réjouit de ses réussites comme si Moïra était nôtre. « The only ones », de Carola Dibbell, raconte une grande histoire sur la vie et ses sacrifices.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(24 commentaires)

  1. Ca m’a l’air très intéressant ! Quand je lis surtout le début de ton billet, j’ai l’impression de relire un peu le thème de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, mais je vois que le thème est tout autre. Bonne suggestion !

    Aimé par 2 people

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