Soleil couchant, de Dazai Osamu

Soleil couchant, de Dazai Osamu (Les Belles Lettres) — ISBN-13 : 9782251447063 — 176 pages — 23 € — Genre : L’Île de la tentation. ✮✮✮✮✮

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Comme vous le savez maintenant, il m’arrive de temps en temps de vous proposer un billet sur un livre japonais. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre de Dazai Osamu dont le titre est : « Soleil couchant ».

Lorsque j’ai vu que les éditions « Les belles lettres » proposaient une nouvelle traduction de « Soleil couchant », un roman japonais publié en 1947 (un an avant le suicide de l’auteur), je n’ai pas pu résister, car Dazai Osamu fait partie de mes écrivains japonais préférés. J’ai l’impression de vous dire la même chose pour tous les écrivains japonais dont je vous parle, mais je vous assure que c’est vrai. Mais venons-en livre… Que raconte ce dernier ? Une femme, ruinée, vend sa maison de Tokyo pour aller s’installer avec sa fille, à la campagne, dans une humble demeure. Le mari et père de famille est mort à la guerre tandis que le fils, accro à la drogue, revient du front. Pendant ce temps, la fille qui n’est autre que la narratrice, mobilisée, doit travailler la terre. Aussi, cette famille anciennement aristocratique va sombrer petit à petit dans le désespoir, comme le pays tout entier au lendemain de la guerre. Effectivement, c’est le parcours d’une famille déchue que nous suivons, dans un monde où le Japon, lui-même bientôt déchu, a basculé. « Soleil couchant », est un livre qui parle de souffrance. L’auteur, à travers le regard de la fille qui narre l’histoire, rend merveilleusement compte des sentiments de chacun. Et la gaieté n’a que peu de place dans ce roman, un roman où tous les personnages feignent l’indifférence, le bonheur et la joie. Tout va bien, même si tout va mal, même si tous les personnages sont malades (physiquement et moralement), ils dépérissent et seule la fille semble encore y croire, tenir le coup, tenir mieux que la mère ou bien le fils. C’est elle, la fille, qui est le poumon de la famille, sa force. Mais cette dernière est-elle vraiment ce qu’elle semble être ? Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir et quel plaisir j’ai eu à lire ce livre. J’ai adoré !

C’est parce que je suis prêt à mourir que je bois ! La vie est si incurablement triste ! Mélancolie, solitude… tout ça, c’est un luxe que d’autres peuvent se payer ; mais chez moi, il n’y a que de la tristesse, voilà tout. Lorsque les quatre murs qui vous entourent n’exaltent que des soupirs morbides et désolés, vous pouvez renoncer à tout bonheur personnel. Quand un homme a compris que jamais cette vie ne lui apporterait le bonheur ni la gloire, dans quel état d’esprit peut-il être ? Se donner tant de mal… tout ça pour nourrir des fauves affamés ! Il y a trop de misérables ! Tu trouves que je prends la pose ?

Dans ce livre, les personnages sont tout aussi torturés que le fût l’auteur en son temps. Effectivement, Dazai Osamu a été un éternel pessimiste. D’ailleurs, toute son œuvre est marquée par un profond pessimisme. « Soleil couchant », est le roman le plus célèbre de l’écrivain japonais, c’est d’ailleurs celui qui le rendit célèbre. Le style d’écriture de Dazai Osamu est à mon sens extraordinaire, il parvient de manière fort simple et parfois poétique à raconter de petits bouts de vie qui finissent par faire une histoire à la fois complète et complexe. Aussi, tout en étant sombre et désespéré, le roman de l’auteur japonais parvient à rester touchant et beau. Dazai Osamu, dans son livre, jongle entre les phrases courtes et longues afin de marquer son texte de son empreinte mélancolique. Quelle écriture ! C’est une plume extraordinaire que possède l’écrivain japonais. Cela ne veut pas dire que la lecture de ce roman soit difficile, bien au contraire. « Soleil couchant », est un remarquable roman nihiliste dont les personnages semblent marqués d’une certaine résignation. Il faut le lire !

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(18 commentaires)

  1. Je suis en plein dans un roman japonais : La clef de Junichiro Tanizaki (c’est un roman que je trouve pour l’instant assez fascinant). Cela me donnait justement envie de lire La déchéance d’un homme de Dazai Osamu qui est dans mes étagères. Je note ce titre-ci pour après, si La déchéance d’un homme ma plait.

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