Histoire universelle de la destruction des livres, de Fernando Baez

Histoire universelle de la destruction des livres, de Fernando Baez (Fayard) — ISBN-13 : 9782213634845 — 527 pages — 29 € — Genre : Actus fidei . ✮✮✮✮

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Me voici enfin de retour après quelques semaines d’absence. Pour cette reprise, je vais vous présenter un livre qui parle de la destruction des livres. En voilà un sujet intéressant, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, moi le sujet m’intéresse… Paradoxalement, j’ai attendu de longues années avant de me lancer dans la lecture de cet essai présent, sur ma liste de lecture à lire, depuis sa publication en 2008.

Dans son introduction, l’auteur vénézuélien commence par expliquer qui il est, d’où il vient, et surtout les raisons qui l’ont poussé à travailler sur cette histoire universelle de la destruction des livres. Ainsi, on apprend la passion, l’amour que porte Fernando Baez aux livres qui l’ont nourri depuis sa plus tendre enfance. L’essayiste nous présente son parcours jusqu’à son arrivée en Irak pour la première guerre de 2003. Aussi, c’est dans ce pays détruit, après une question simple à laquelle Fernando Baez n’a pas su répondre, que lui est venue l’idée d’écrire cet essai sur la destruction des livres. Cette question simple n’était autre que : « pourquoi brûle-t-on des livres ? ». La thèse de l’auteur est que les autodafés sont commis afin d’effacer toute trace d’un peuple, de sa mémoire, culture, etc. L’auteur réussit-il à démontrer l’existence du mémoricide ? Je dirais oui et non, car même si ce dernier existe, il me semble que la destruction des livres, des tablettes sumériennes aux tablettes électroniques, est essentiellement causée par des catastrophes naturelles, telles que les tremblements de terre ou bien incendies. L’auteur ne tient pas de compte précis, c’est tout simplement impossible, alors ce que je viens d’avancer, c’est plus un ressenti qu’autre chose. Toujours est-il que l’essayiste vénézuélien parle de toutes les destructions de livres d’hier à aujourd’hui. Il y a les livres qui ont disparu : à cause des catastrophes naturelles, à cause des guerres, à cause des religieux, à cause des dirigeants politiques, mais aussi à cause des écrivains, à qui il arrive parfois de brûler leurs propres œuvres. L’auteur n’oublie pas non plus de parler des autodafés dans les oeuvres littéraires, etc. D’ailleurs, la destruction des livres se poursuit encore de nos jours et même dans les pays démocratiques. Enfin, les livres électroniques ne sont pas plus à l’abri que nos bons vieux livres papier puisqu’il existe des pirates informatiques qui suppriment les bibliothèques à distance.

Il n’y a jamais eu et il n’y a pas une seule cause à la destruction d’un livre ou d’une bibliothèque : il y en a des dizaines. Néanmoins, au-delà des anecdotes circonstancielles qui exonèrent ou accusent, prédomine une intention délibérée de forcer une amnésie graduelle ou immédiate qui permettra le contrôle d’un individu ou d’une société.

Le livre de Fernando Baez est passionnant et extrêmement complet. C’est d’ailleurs 12 années de travail qu’il a fallu à l’auteur pour terminer son essai, un essai extrêmement complet. L’ouvrage contient beaucoup de chiffres, beaucoup de faits, beaucoup d’informations, beaucoup d’anecdotes, mais il me semble qu’il manque un peu parfois d’analyse, de réflexion, car au bout d’un moment le livre fait un peu catalogue. L’essayiste, vers le milieu du livre, liste les destructions de livres en passant d’une époque à une autre, d’un événement à un autre, et l’ensemble n’est pas très structuré. Et je trouve que ça fait un peu fourre-tout. D’ailleurs, le livre ne possède pas à proprement parler de conclusion, car il est censé être régulièrement mis à jour… Pour autant, l’essai de Fernando Baez est passionnant et j’y ai découvert énormément de choses, par exemple l’existence du mot bibliocauste. Au final, je retiens que les hommes ne sont jamais à court d’arguments pour justifier ou bien excuser les autodafés.

Qu’en pensez-vous ? Merci de m’avoir lu.

(28 commentaires)

  1. Dans tous les conflits, ce sont toujours les vainqueurs qui réécrivent l’Histoire. Brûler les livres hier, contaminer aujourd’hui via quelque virus informatique des programmes ciblés pour éradiquer une pensée qui va dans le sens contraire de la doctrine ambiante, voilà l’ordinaire du monde depuis… que l’homme a appris à communiquer.
    Je note le titre de ce livre, qui m’a l’air des plus intéressants. Merci pour la découverte !

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  2. C’est un sujet très passionnant et, me semble-t-il, rarement traité. Mais ton avis sur cet essai a l’air tout de même mitigé.
    Ton article m’a remémoré le livre de Ray Bradbury Fahrenheit 451, cette société où on brûle les livres, ce roman d’anticipation m’avait paru très brillant et même convaincant.
    D’un autre côté, dans nos sociétés où l’image a remplacé l’écrit, et où les lecteurs sont de plus en plus rares, il n’y a même plus besoin de brûler les livres.

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      1. L’auteur parle d’un bibliothécaire français qui a détruit des livres en 2012 me semble-t-il, mais il ne donne pas de détails et je n’ai pas retrouvé l’info sur Internet. De plus, comme il s’agit d’une histoire universelle, l’auteur ne parle pas du phénomène des bibliothèques françaises incendiées. Il y en a eu 70 de 1996 à 2013. Il y a un livre qui en parle ici : http://www.enssib.fr/presses/catalogue/pourquoi-brule-t-des-bibliotheques

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  3. Le sujet a de quoi passionner !
    Par contre, je ne comprends pas bien. L’auteur parle de toutes les destructions de livres ? Que les causes soient naturelles ou humaines ? Car ce qui est intéressant c’est l’autodafé et ses raisons… Les catastrophes naturelles il n’y a pas grand-chose à en dire. Il ne creuse pas plus que cela sa théorie autour de la destruction d’un peuple ?

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    1. Oui et oui, mais il y a beaucoup à dire sur les destructions naturelles, car parfois il y a débat sur les causes des destructions… La bibliothèque d’Alexandrie a-t’elle été brulée ou bien y a t’il eu un tremblement de terre ?

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    1. Désolée pour les erreurs de frappe.
      Il fallait lire : ont plusieurs choses en commun …. la peur d’une pensée différente de la leur.

      Depuis la lecture de ce billet je me dis que la seule question vraiment importante , c’est de savoir où, comment et même pourquoi on peut garder le savoir de l’humanité.

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  4. Un sujet fascinant lorsqu’on adore les livres, comme nous!
    Je dirais que la destruction de livres relève de facteurs aléatoires ET volontaires, comme tu l’as souligné. certaines oeuvres disparaissent parce qu’elles étaient au mauvais endroit, au mauvais moment. D’autres perdurent, malgré une qualité littéraire médiocre, par chance.
    Et puis il y a les autodafés, qui relèvent de la volonté d’effacer telle thèse, telle cutlure, ou même d’interdire l’accès au savoir.
    Vaste sujet. Merci d’en avoir parlé.

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  5. Un sujet vraiment passionnant. On a brûlé des livres comme on a brûlé des êtres humains… par folie, par désir d’effacer toute trace de l’autre, par peur, par ignorance… et je pourrais continuer… Merci pour la présentation de cet essai!

    Aimé par 1 personne

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