Escal-Vigor, de Georges Eekhoud

Escal-Vigor, de Georges Eekhoud (Tusitala) — ISBN-13 : 9791092159110 — 196 pages — 13 € — Genre : Beau comme l’amour. ✮✮✮✮

eekhoud

Voilà un livre que j’ai voulu vous présenter il y a plusieurs semaines déjà, mais mes lectures m’ont mené ailleurs. Et puis finalement j’y suis arrivé, car comme vous le savez probablement déjà, je lis tout ou presque des éditions tusitala. Jusqu’ici je n’ai jamais été déçu et à chaque fois je fais de très belles découvertes, soit avec des auteurs morts tombés dans l’oubli, soit avec des auteurs contemporains qui mériteraient d’être plus connus.

Je vais commencer par dire quelques mots sur l’écrivain Georges Eekhoud. Ce dernier né à Anvers en 1854 et mort à Schaerbeek en 1927 est un écrivain belge francophone et anarchiste. Homosexuel, Georges Eekhoud publia en 1899 Escal-Vigor, il s’agit d’un des premiers romans qui traitent ouvertement et sans ambages de l’homosexualité masculine. D’ailleurs, l’auteur sera poursuivi en justice à cause de son roman pour « infraction à la loi sur les délits de la presse », dans un procès à huis clos retentissant qui finira par l’acquittement de l’écrivain belge. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’auteur, son procès, etc., vous pouvez télécharger sur le site de l’éditeur l’excellente postface du livre. Maintenant, venons-en à l’histoire du roman. Ainsi, un jeune et riche comte du nom d’Henry de Kehlmark vient s’installer au château Escal-Vigor dans le village de son enfance qui se situe sur l’île de Smaragdis. Il est accompagné de sa bonne et confidente, celle qui s’occupa de la mère du comte jusqu’à ce que celle-ci meurt. Blandine, c’est le nom de la dévouée maîtresse de maison, promit à la mère du comte, sur son lit de mort, de toujours s’occuper de ce dernier. Secrètement amoureuse d’Henry de Kehlmark, la dévouée Blandine accepta sans se faire prier le dernier désir d’une mourante. Une fois installé, Henry de Kehlmark va à la rencontre des villageois, il fait connaissance avec ses nouveaux voisins et tombe amoureux Guidon. Ce dernier est un jeune et beau paysan, mais considéré comme un bon à rien par sa famille, des notables jaloux de la position sociale d’Henry de Kehlmark. Le comte va commencer par prendre le jeune paysan sous son aile afin de l’instruire et il va finir par en tomber éperdument amoureux.

– À moi ; c’est moi qui t’ai donné la vie. Je suis plus que ta mère, entends-tu ; donc plus que devrait être n’importe quelle femme !… Tu demandais la cause secrète de mon départ… Tu vas la savoir. Leur prêtre m’a maudit. Je suis voué au feu éternel. Eh bien, je cours me plonger par anticipation dans ce feu, mais après avoir aspiré jusqu’aux sources de ta vie, après m’être repu des groseilles de tes lèvres, ce fruit succulent qui me désaltèrera éternellement au sein de la fournaise infernale !… À moi, à moi !…

L’histoire que nous raconte l’auteur belge Georges Eekhoud ressemble fort à une tragédie grecque. On y retrouve tous les ingrédients et surtout toute la panoplie des personnages nécessaires à une bonne tragédie telle Blandine la femme dévouée, mais aussi Claudie l’arriviste qui court après un beau mariage et surtout un riche mari. Et tant d’autres personnages que je vous laisse découvrir. L’histoire commence en douceur et on apprend l’homosexualité du principal personnage assez tardivement, mais ensuite les choses seront dites de manière franche et directe et surtout sans artifice ni euphémisme en tout genre qui prévalaient à l’époque pour traiter d’un tel sujet. Toujours est-il qu’il s’agit d’un roman dur et touchant, mais je vais éviter de trop en dire… Je termine en disant quelques mots sur le style de l’auteur. Effectivement, l’écriture de Georges est très intéressante d’un point de vue stylistique, car elle est très inventive, mais aussi parfois très poétique. On ne s’ennuie pas un instant.

Qu’en pensez-vous ?

(12 commentaires)

      1. Oh et puis tu as raison, ça vaut bien une ‘tite chanson : « j’ai longtemps cherché comment résister aux pouvoirs de la tentation. Maintenant, je me dis : le mieux c’est d’y céder. » (La grande Sophie) 🙂

        Aimé par 1 personne

  1. La grande sophie copie un peu Oscar Wilde, non? (et avec talent, mais;..)(surtout qu’avec Wilde, si j’ai bien tout saisi, époque et tout, on est vraiment raccord ^_^)
    Bon, ma bibli propose cet auteur dans Un joli monde, romans de la prostitution (gné?), à voir.

    Aimé par 1 personne

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