Notes de ma cabane de moine, de Kamo No Chomei

Notes de ma cabane de moine, de Kamo No Chomei (Le Bruit du Temps) — ISBN-13 : 9782358730228 — 80 pages — 11,20 € — Genre : Je me barre… ✮✮✮✮✮

notes

Cela fait longtemps que je n’ai pas parlé d’un livre japonais sur mon blog et pourtant je continue d’en lire régulièrement. Pour la plupart je les apprécie, mais je ne ressens pas l’envie d’en parler, jusqu’à ce que je lise ce petit ouvrage édité chez « Le bruit du temps ». De quoi s’agit-il ?

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une œuvre qui appartient au genre zuihitsu, si vous souhaitez en savoir plus je vous invite à visiter cette page Wikipédia. « Notes de ma cabane de moine » est un petit livre d’environ 80 pages rédigé au XIIIe siècle par l’écrivain japonais Kamo No Chomei. Ce dernier est un auteur et poète japonais né en 1155 et mort en 1216. Aussi, c’est vers l’âge de 50 ans que l’homme de lettres japonais se retire pour vivre en ermitage dans une petite cabane au sud de Tokyo. Kamo No Chomei fit ce choix, que certains appelleraient d’extrême, à cause d’une déception, non pas sentimentale, mais professionnelle. Effectivement, déçu de ne pas avoir succédé à son père au bureau de la poésie de la cour impériale, et ce malgré le soutien de l’ex-empereur, Kamo No Chomei décide de finir ses jours paisiblement dans une petite cabane de 10 pieds. Aussi, le livre que je vous présente aujourd’hui raconte en partie cette période de l’écrivain japonais. En effet, je dis en partie, car la première du livre (qui en comporte deux) parle des changements politiques et sociétaux du pays. L’auteur parle des tremblements de terre, des incendies, de la famine, de toutes ces catastrophes naturelles (ou non) qui affligent son peuple et son pays. On sent un homme bouleversé par les changements politiques et catastrophes naturelles auxquels ils assistent. La seconde partie du livre est, elle, plus réflexive, plus philosophique. L’auteur parle de sa nouvelle vie, il nous décrit son quotidien, mais il nous donne surtout ses impressions, ses réflexions sur sa nouvelle vie faite de renoncement. À partir de ces éléments, Kamo No Chomei, devenu moine bouddhiste, développe dans ce livre ces concepts philosophiques.

Depuis que j’ai quitté le monde, et que j’ai choisi la voie du renoncement, je me sens libre de toute haine comme de toute crainte. J’abandonne ma vie au destin, je ne désire, ni vivre longtemps, ni mourir vite. J’assimile ma vie à un nuage inconsistant, je n’y accroche pas mon espoir et n’éprouve pas non plus de regret. Pour moi le plaisir suprême est celui que j’éprouve sur l’oreiller d’une sieste paisible, et l’ambition de toute ma vie est de pouvoir, selon les saisons, contempler un beau paysage.

Il est possible que ce que je viens d’expliquer jusqu’ici vous laisse de marbre, mais l’extrait que je donne ne peut, il me semble, laisser indifférent. L’auteur pose un regard plein de tendresse, mais aussi de mélancolie sur une société qu’il ne reconnaît plus, ainsi que sur sa nouvelle vie à la fois simple et stimulante… « Notes de ma cabane de moine » est un livre extrêmement émouvant, je dirais, presque bouleversant. Le texte est en fin de compte aussi très poétique et même si le sujet peut sembler, de prime abord, inintéressant, on ne peut rester indifférent quant à cette écriture belle et simple à la fois. Il s’agit du genre de livre, que l’on aime garder auprès de soi afin d’en relire certains passages. Aussi, bien qu’écrit en 1212, le livre de Kamo No Chomei a pour sujet un thème toujours d’actualité. Effectivement, il s’agit de celui d’un monde en évolution et de la capacité à l’homme de s’y adapter et de l’accepter ou non. Le sujet est aussi celui du retour à la nature… Toujours est-il que les deux thèmes du livre ressemblent par bien des aspects, me semble-t-il, à ce que nous vivons actuellement. L’éditeur propose deux autres livres de Kamo No Chomei que je vais m’empresser d’acheter.

Qui aime ce genre de livre quasi philosophique ?

(28 commentaires)

  1. Moi. J’aime bien ce genre de livre. P’têt même que je l’ai dans ma bibliothèque, d’ailleurs. Si je te suis, « zuihitsu », ça veut dire « je me barre ». On apprend même le japonais chez toi, c’est super !

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  2. « Pour moi le plaisir suprême est celui que j’éprouve sur l’oreiller d’une sieste paisible » : je ne peux qu’adhérer à ce genre de propos, en tant que fidèle disciple de mes coussins et couvertures ! Blague mise à part, c’est le genre de lecture que j’aime avoir auprès de moi mais que j’ai du mal à lire d’une seule traite… 😉

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  3. Quelle jolie découverte, merci ! L’extrait que tu cites prête à réflexion effectivement et donne envie de faire une pause.
    C’est une belle maison d’édition Le Bruit du Temps. J’avais lu il y a quelques mois « Le dernier voyage de Soutine » de Ralph Dutli : un roman superbe sur le peintre et ses derniers jours dans la France occupée.

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