Tirant le Blanc, de Joanot Martorell

Tirant le Blanc, de Joanot Martorell (Anacharsis) — ISBN-13 : 9782914777094 — 992 pages — 30 € — Genre : Honneur et Fidélité. ✮✮✮✮

tirant

Après avoir lu « Tirant le Blanc » de Joanot Martorell dans le cadre de La Voie des indés 2017, je tiens à remercier les éditions Anacharsis, Libfly, Aurélie (pour une dernière fois), ainsi que les différents éditeurs participants à cette opération.

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un livre qui fait pratiquement 1000 pages et qui va être difficile à résumer. J’ai souvent remarqué qu’il était plus compliqué de parler d’un gros livre que d’un petit… Mais de quoi s’agit-il ? « Tirant le blanc » de Joanot Martorell est un roman de chevalerie publiée en 1490 à Valence. Cervantès considérait, d’ailleurs en son temps, l’œuvre de Joanot Martorell comme le « meilleur livre du monde ! » (tous gens confondus). Cervantès ira jusqu’à citer dans son Don Quichotte le livre de Joanot Martorell. Mais vous apprendrez tout ça dans l’excellente préface de Mario Vargas Llosa qui parle de « Tirant le blanc » comme l’un des premiers romans modernes. Rédigé en langue valencienne, « Tirant le blanc » sera publié 22 ans après la mort de l’auteur Joanot Martorell. Cela peut sembler beaucoup, mais il faut avoir en tête que l’imprimerie fut introduite (à Valence) qu’en 1474, soit six ans après la mort de l’écrivain. De plus, Joanot Martorell mit cinq ans à écrire son histoire. Toujours est-il que le manuscrit a survécu aux affres du temps et que l’immense œuvre de l’auteur valencien fut enfin (au XVIIIe siècle) traduite en français. Après cette brève mise en perspective historique, qu’en est-il de l’histoire ? Cette dernière est relativement simple puisqu’elle raconte, sur près de 487 chapitres, le parcours d’un gentilhomme breton, nommé « Tirant le blanc », qui souhaite devenir chevalier. Aussi, c’est à partir des tournois de chevalerie, qui ne sont rien d’autre que des tournois de combats, que le gentilhomme breton se fait connaître peu à peu… Par conséquent, comme dans bon nombre de romans de chevalerie, il est question dans ce livre de Joanot Martorell d’histoires d’amour, d’histoires de bataille, d’histoires d’honneur, d’histoires de bravoure, etc., etc. Cependant, « Tirant le blanc » est un roman qui ne comporte que des situations bien réelles, il ne compte pas de passages types merveilleux ou bien extraordinaires, comme peuvent en avoir les romans de chevalerie. Je ne suis pas un spécialiste de ce genre, mais c’est ce que j’ai compris en faisant quelques petites recherches pour préparer ce billet.

Oh ! Madame ! se récria le secrétaire, je pensais avoir conquis un royaume, et je me tenais pour l’homme le plus heureux du monde, pensant que votre vie et la mienne ne feraient qu’une, et que seule la mort naturelle pourrait séparer nos corps. J’avais l’intention de faire de vous la dame la plus riche de toute l’île, et vous me signifiez mon congé ?

Le style d’écriture varie sans cesse ce qui facilite, il me semble, la lecture, et la rend en tout cas très intéressante. Le texte ne connaît pas beaucoup de temps mort, malgré les 1000 pages ou presque. Ainsi, le livre est régulièrement entrecoupé par de longs dialogues, mais aussi d’histoires dans l’histoire qui apparaissent sous forme de citations (lorsqu’un protagoniste raconte ce qu’il a vu et connu ailleurs autrefois). Le roman est en fin de compte très bien rythmé et très vivant, j’en ai été agréablement surpris. Aussi, bien que le livre raconte le parcours épique de « tirant le blanc », il est aussi marqué par le désir de nous faire entrevoir un univers régi par des hommes et femmes à la morale irréprochable. Ainsi, on découvre un monde disparu peuplé par des gens d’honneur. Et c’est ce monde de la chevalerie que nous découvrons dans ce roman passionnant…

Je termine avec quelques mots sur la maison d’édition Anacharsis que j’aime beaucoup. Je lis régulièrement leurs publications et je ne suis pour ainsi dire jamais déçu. Je m’intéresse surtout à leur collection Famagouste que je vous invite à découvrir.

Qui connaissait ce livre ? Qui aime les romans de chevalerie ?

(36 commentaires)

  1. Je ne pensais pas entendre parler un jour de Tirant le Blanc sur un blog… C’est un classique oui, qui a accompagné mes études d’espagnol il y a fort longtemps. C’est formidable qu’on puisse encore le lire aujourd’hui en français dans une si belle édition.

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  2. Je me suis farcie les Chevaliers de la Table Ronde en vieux français, j’en lisais une page par soir tellement c’était fatigant à lire! j’aime beaucoup les histoires de chevalerie, et je ne connaissais pas du tout Tirant Le Blanc. Une question: mais qu’est-ce que c’est que ce nom?A-t-on une explication, à un moment ou un autre, là dessus?
    Merci pour cette découverte et celle des éditions Anacharsis. je m’en vais de ce pas explorer.

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  3. Je ne connais pas du tout ce livre, et hélas (oui oui, hélas parce que ce que tu en dis donne envie), il n’est pas dans mes projets de le lire un jour, alors je trouve fort intéressant que tu en aies parlé.

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      1. oh ce ne sont pas les mille pages, j’en ai lus d’autres (comme le 2666, de Bolano (que je te conseille)), mais contrairement à toi je suis loin d’avoir lu 100% de ma bibliothèque et les livres qui m’attendent dans mes rayonnages sont bien trop nombreux pour que j’envisage d’en acquérir d’autres (c’est un peu triste, je trouve, mais c’est comme ça).

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  4. Le roman de chevalerie n’est pas un genre qui m’attire particulièrement… mais j’aime beaucoup la maison d’Editions Anarcharsis pour ce mélange d’histoire et de romanesque qu’elle privilégie. J’ai d’ailleurs acheté aujourd’hui deux de leurs titres sur le stand qu’elles tient à L’Escale du livre de Bordeaux.

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      1. L’Autre, de Charlie Galibert (je cite la 4e de couv’ = « Roman éclaté, en miettes et comme dispersé par les coups de vent capricieux du souvenir, L’Autre est l’exploration en forme d’inventaire d’une âme noire absolument pas tourmentée dans un monde qui l’est beaucoup plus ») et De la fabrication des fantômes de Franck Manuel (= « F. Manuel invente peut-être ici un registre indéit : le terrible magique »).
        Ça fait envie, non ?

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  5. J’adoooore les romans de chevalerie. Plus particulièrement les romans de Chrétien de Troyes, « Yvain le chevalier au lion » étant mon préféré ! « Tristan et Yseult » également de Béroul. Je me suis passionnée pour ces romans quand j’étudiais l’ancien français à la fac et j’ai découvert un univers richissime insoupçonné.
    Mais j’aime trop l’univers de la table ronde et les allégories révélées par les éléments du merveilleux pour être vraiment attirée par « Tirant le blanc », trop réaliste à mon goût 😉 Ceci dit, je me le note quand même, pour « comparer », sait-on jamais…

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