La Kallocaïne, de Karin Boye

La Kallocaïne, de Karin Boye (Ombres) — ISBN-13 : 9782841422050 — 191 pages — 11 € — Genre : Amen. ✮✮✮✮

kallocaine

Vous ai-je déjà présenté un livre de science-fiction sur mon blog ? Il ne me semble pas… Je répare donc cette injustice en vous parlant de « La Kallocaïne » de la Suédoise Karin Boye. En effet, « La Kallocaïne » est un roman dystopique, le livre en question est même considéré comme l’une des quatre plus grandes œuvres de science-fiction du XXe siècle au même titre que « 1984 », « Nous autres » et « Le Meilleur des mondes ».

Avant « 1984 » de George Orwell il y a d’autres romans dystopiques qui décrivent des mondes totalitaires sous surveillances, « La Kallocaïne » de Karin Boye, et aussi « Nous autres » de Ievgueni Zamiatine, mais revenons-en au livre de la romancière suédoise. Ainsi, « La Kallocaïne » décrit un univers dans lequel les citoyens sont constamment sous surveillance. Dans cette société où les femmes et les hommes se surveillent mutuellement, l’État veille au grain, il s’agit d’un État omniscient tel un dieu bienveillant que tout le monde doit aimer, respecter et même un peu craindre. Cependant, cette surveillance ne suffit pas à l’État policier qui contrôle tout. Alors, un chimiste réussit à créer un formidable sérum de vérité nommé Kallocaïne. Effectivement, une simple petite piqûre vous fait avouer le moindre de vos petits secrets ainsi que vos rêves et craintes inavoués. Aussi, c’est le parcours de cet homme, de ce chimiste qui croit au bien-fondé de son travail, que nous suivons le parcours. Le fidèle scientifique est un homme dévoué tel que les aime l’État mondial, un État qui va finir par rentrer en guerre avec l’État voisin. Pourtant, le chimiste va finir par découvrir ce qu’il n’aurait jamais cru, une découverte qui va changer à tout jamais son regard sur ce qu’il croyait vrai… Et, c’est tout cela que l’homme raconte dans son journal.

Je résolus enfin de dormir, mais n’y arrivai point. La missive du Ministère de la Propagande dansait autour de moi, je ne savais de quel côté me coucher. Celui qui livre bataille avec un cœur intègre a plus de chance de vaincre qu’un guerrier au cœur brisé. C’est exact, bien entendu ; c’est logique. Mais que faire des cœurs brisés ? Comment les forcer à recouvrer leur intégrité ?

L’univers décrit par la romancière suédoise est assez oppressant. Il s’agit d’une société totalitaire où tout le monde se méfie de tout le monde, d’une société paranoïaque qui vit, certes, dans le bonheur imposé, mais aussi, et surtout, dans la crainte de l’autre et du qu’en-dira-t-on. Le livre de Karin Boye ressemble par bien des aspects à celui de George Orwell. Effectivement, il y a la surveillance de l’espace privé et public, mais aussi (et je me permets de citer Wikipédia pour être sûr de ne rien oublier) : « le recours à un journal intime, la dénonciation au sein des couples, la surveillance policière de l’espace privé, l’idée du crime de la pensée, puni de mort, l’enrôlement des citoyens dans des célébrations d’État sur leur temps de loisirs, les enfants soldats redoutables adjuvants du régime, le rôle de la guerre, le rôle de la femme comme propulsant la force de vie, l’importance de l’amour dans le déclenchement de la prise de conscience ». Je conclus en disant quelques mots sur le style de Karin Boye qui est à la fois simple et prenant. L’histoire ne comporte pas de temps mort, c’est un véritable plaisir de lecture.

Qui aime ce genre de livre ? Connaissez-vous ce roman ?

(35 commentaires)

  1. Une belle découverte aux éditions Ombres. J’aime beaucoup leur catalogue.
    Quelle horreur cette piqûre qui nous ferait tout avouer… J’en tremble…
    J’aime ce genre de récit mais celui-ci je ne connaissais pas. Merci Goran !

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  2. A vrai dire, je ne parle jamais non plus de SF sur mon blog. Parce qu’en fait je dois en lire qu’un par décennie. A peine plus… C’est que j’ai tellement peur d’être en décalage avec l’histoire, de ne pas la comprendre, que j’élude souvent la question en m’abstenant de plonger dans de la pure SF…

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    1. Je ne me souviens plus assez bien de nous autres pour dire si les deux livres ont la même force, mais si tu as aimé le premier, tu vas aimer celui-là 🙂 . Sinon, nous autres vient de sortir dans une nouvelle traduction…

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  3. Je n’en suis pas à ma première découverte avec toi et j’avoue que ce titre ne passe pas inaperçu chez moi. Surtout après cette remarque « le livre en question est même considéré comme l’une des quatre plus grandes œuvres de science-fiction du XXe siècle au même titre que « 1984 », « Nous autres » et « Le Meilleur des mondes ». »
    J’aime d’amour 1984 et j’ai aimé Le Meilleur des mondes. En revanche, les deux autres titres sont un vrai mystère. Je les note donc immédiatement.

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  4. Salut Goran. Il me semble que dans le cas de ce livre, on pourrait davantage parler d’anticipation plutôt que de SF. Ton billet me donne envie de lire ce Kallocaïne. D’ailleurs, son thème me fait penser au livre de Dave Eggers : Le cercle ; récit dans lequel la surveillance ne s’opère pas grâce à la chimie, mais plutôt au développement des technologies informatiques – cf. mon article sur mon blog.
    En tout cas, voilà qu’encore aujourd’hui je viens de faire une découverte 🙂 Merci à toi
    donc !

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    1. Bienvenue à toi Clovis ! Effectivement, on peut parler d’anticipation et plus exactement de Dystopie… Je ne connaissais pas le cercle, mais je vais aller voir ça sur ton blog… À très bientôt !

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  5. Lu aussi, j’ai vraiment aimé tout comme toi. Orwell s’en est grandement inspiré.

    Et effectivement, il s’agit d’une dystopie, sous-genre de l’anticipation. Mais bon il est possible de parler de science-fiction au sens large ! L’important c’est d’apprécier.

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