Le Gouffre, et autres récits, de Leonid Andreïev

Le Gouffre, et autres récits, de Leonid Andreïev (José Corti) — ISBN-13 : 9782714306524 — 470 pages — 21,65 € — Genre : Perdu et seul. ✮✮✮✮

gouffre

Vais-je de nouveau aimer lire les recueils de nouvelles ? Il semblerait que oui, car après Bartleby le scribe, d’Herman Melville me voici de nouveau subjugués par des récits courts. Peut-être que je ne lisais pas les bons auteurs ? Les nouvelles dont je vais vous parler ici ont été rédigées par l’auteur russe, Leonid Andreïev (1871- 1919), que je suis heureux d’enfin connaître.

Leonid Andreïev est un écrivain et journaliste russe né en 1871 à Orel (Russie) et mort en 1919 à Terijoki (Finlande) à l’âge de 48 ans. Il me semble que Leonid Andreïev n’est pas un auteur très connu en France alors qu’il fut en son temps (lors de l’âge d’argent de la littérature russe né avec Anton Tchekhov) un écrivain à succès. Je rappelle que la culture russe a connu trois grands âges, l’âge d’or, l’âge d’argent et l’âge de fer, mais je m’éloigne un peu du sujet et si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire : « Les trois âges russes », de Georges Nivat, aux éditions Fayard. Toujours est-il, que ce sont les éditions José Corti qui ont entrepris la publication de l’ensemble des nouvelles et pièces de théâtre de l’auteur russe. « Le gouffre, et autres récits » est le titre du premier tome de l’intégrale des nouvelles de Leonid Andreïev. Ainsi, ce premier volume contient 35 histoires qui sont quasiment toutes excellentes… Qu’en est-il plus précisément ? Nous apprenons à l’aide du résumé de l’éditeur que Leonid Andreïev fut marqué par des auteurs comme Schopenhauer, Dostoïevski et Nietzsche. Aussi, cette information est importante, car elle permet de comprendre d’où vient le nihilisme qui parcourt les récits de ce recueil de nouvelles. Effectivement, l’auteur russe dans ses histoires s’intéresse aux petites gens, aux pauvres, aux poivrots, aux voleurs, aux policiers, aux prostituées, aux amoureux perdus. Léonid Andreïev présente le quotidien malheureux de ces hommes et femmes solitaires en proie à leurs démons. Léonid Andreïev raconte la vie et ses tracas, la vie qui ne mène à rien d’autre qu’au gouffre, un gouffre froid, sombre et solitaire, un gouffre sans fond…

Le jour déclinait déjà, mais tous les deux continuaient à marcher et à parler sans prêter attention ni au temps qui passait, ni à la route. Devant eux, sur le flanc d’une colline, un petit bois formait une tache sombre, et à travers les branches des arbres, le soleil rouge flamboyait comme un charbon ardent, embrassant l’air et le transformant en une poussière de feu doré. Le soleil était si proche, si brillant, que tout, autour, semblait avoir disparu, il ne restait plus que lui, qui colorait la route et l’aplatissait.

Ainsi, comme vous l’aurez compris, ce recueil de nouvelles est vraiment fabuleux. L’auteur a su me saisir dès la première histoire à l’aide d’une plume simple et prégnante. Ainsi, une ambiance sombre et mélancolique se dégage dans l’ensemble de ce recueil de nouvelles. Les histoires contenues dans ce premier tome sont désespérées, mais aussi paradoxalement tendres et douces. L’âme slave est partout, on la ressent de toutes parts comme une odeur, un parfum envoûtant d’une femme langoureuse. Forcément, on finit par être hypnotisé. Il faut goûter, avec parcimonie, à ces portraits d’hommes et de femmes seuls face à l’immensité du monde, comme on goûterait à un bon vin doux amér. Toujours est-il que je suis heureux d’avoir enfin sorti ce livre de ma liste de livres à lire, d’autant plus qu’il me reste encore plusieurs tomes à découvrir et que je vais m’empresser de commander. Lire ces histoires fut un véritable plaisir.

Qui aime la grande littérature russe ? Qui a déjà lu des récits de Léonid Andreïev et qu’en avez-vous pensé ?

(26 commentaires)

  1. Je suis très heureuse de lire ton billet. J’ai découvert et adoré ce recueil d’Andreïev il y a quelques années. J’en parlais tant bien que mal ici : https://synchroniciteetserendipite.wordpress.com/2015/06/20/le-gouffre-et-autres-recits-leonid-andreiev/
    Depuis, j’ai acheté le deuxième volume de nouvelles mais ne l’ai pas encore commencé. Je le garde au chaud comme un petit plaisir à déguster lentement et au bon moment 😉

    Aimé par 1 personne

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