Bartleby le scribe, de Herman Melville

Bartleby le scribe, de Herman Melville (Gallimard) — ISBN-13 : 9782070401406 — 108 pages — 4,80 € — Genre : Casse toi. ✮✮✮✮✮

bartleby

Même si je n’aime plus autant les nouvelles que dans ma jeunesse, dans l’espoir de tomber sur une pépite, je continue toujours d’en lire. Aussi, ce sont les histoires comme Bartleby le scribe d’Herman Melville qui me font continuer la lecture des nouvelles.

Cela fait longtemps que je n’ai pas été aussi conquis par une histoire, une histoire aussi simple qu’étrange, mais extrêmement intrigante et qui ne laisse au lecteur aucun moment de répit. Dès que l’on commence la lecture de ce récit, on poursuit inlassablement jusqu’au bout afin de connaître le fin mot de tout ça, de tout ce qui se trame. Ce trame-t-il, d’ailleurs, quelque chose ? On veut savoir qui est cet homme, qui est ce scribe qui ne cesse inlassablement de répéter : « Je préférerais pas ». Je tiens à préciser ici que la nouvelle d’Herman Melville n’est pas une histoire à rebondissements, avec des intrigues… Cependant, il n’en reste pas moins que le texte est prenant. Mais revenons-en à l’histoire… Ainsi, Herman Melville nous emmène à New York dans le début du XIXe siècle. Les affaires marchent bien, mais les ordinateurs n’existent pas encore. Alors, on a besoin de scribes afin de recopier manuellement des actes officiels. Aussi, c’est dans ce type de cabinet notarial que Bartleby se fait embaucher comme scribe. Tout se passe merveilleusement bien, jusqu’au beau jour où cet employé modèle et taciturne répondra sans cesse, à toutes les questions que l’on lui pose, par la phrase suivante : « Je préférerais pas ». Dans un premier temps, l’employeur surpris excusera son employé modèle, mais très vite la situation deviendra ingérable. D’ailleurs, je préférerais pas en dire plus afin de ne pas vous gâcher le plaisir en en dévoilant trop. Mais comment interpréter ce récit d’Herman Melville ?

Dans ma hâte et dans ma confiance naturelle en son obéissance immédiate, j’étais assis la tête penchée sur l’original, et ma main droite tendant à la copie de flanc avec quelque nervosité, afin que Bartleby pût s’en saisir dès l’instant qu’il émergerait de sa retraite et se mît au travail sans le moindre délai.
Telle était donc exactement mon attitude lorsque je l’appelai en lui expliquant rapidement ce que j’attendais de lui : à savoir qu’il collationnât avec moi un bref mémoire. Imaginez ma surprise, non, ma consternation lorsque, sans quitter sa solitude, Bartleby répondit d’une voix singulièrement douce et ferme : « Je préférerais pas ».

Ainsi, au jeu des interprétations je ne suis pas très doué, mais j’ai quand même ma petite idée sur ce qu’est ce personnage atypique créé par Herman Melville, ce qu’il est et ce qu’il veut dire. Pour moi Bartleby est un homme qui refuse de participer à la société, a contribué à cette dernière comme un être servile et obéissant. Bartleby est en quelque sorte un résistant non violent à la manière d’un Martin Luther King et d’un Goran, c’est un rebelle qui refuse d’obéir, qui refuse l’autorité. Pour autant, Bartleby est un homme passif, tel un automate décérébré qui ne sait rien faire d’autre que répéter : « Je préférerais pas ». De nombreux philosophes se sont penchés sur ce personnage d’Herman Melville et j’ai bien peur que ma petite contribution ne soit pas très originale, mais vous savez maintenant ce que j’en pense. D’ailleurs, la nouvelle d’Herman Melville peut être interprétée de bien d’autres façons, c’est ce qui fait aussi la richesse de cette histoire qui a des petits airs kafkaïens. Oui, il y a de l’absurde dans ce texte, de l’absurde qui rappelle Kafka…

Qui a déjà lu ce livre d’Herman Melville ? Qu’en avez-vous pensé ?

(34 commentaires)

  1. Ah, ce Bartleby…. ce Bartleby, vraiment ? Oh, qu’il me trotte dans la tête depuis des années celui-là. « Je préférerais pas » petite phrase goûteuse et réjouissante… ou mieux pour me la faire plus présente « I would prefer not to ». Je l’ai aimé ce livre dès que je l’ai lu. Et puis je l’ai entendu par Daniel Pennac. Il le disait tellement mieux que moi que j’en ai adopté le ton doux et tellement absolu. Tiens, j’ai fait une recherche ou Pennac parle, dissèque un peu, le Bartleby qu’il lit sur scène (jusqu’à la fin de sa vie) : https://www.youtube.com/watch?v=5aG-wmCUaT0

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