Le bel otage, de Zayd Muti’Dammaj

Le bel otage, de Zayd Muti’Dammaj (Zoé) — ISBN-13 : 9782881829017 — 156 pages — 18 € — Genre : Enchainé. ✮✮✮✮✮

zayd

Né en 1943, Zayd Muti’Dammaj est un ancien haut fonctionnaire et romancier yéménite. Ce dernier, mort en 2000, est d’ailleurs l’écrivain yéménite le plus connu dans le monde arabe, c’est ce que nous apprenons à l’aide de l’excellente préface du livre. Grâce à celle-ci, nous en savons aussi un peu plus sur l’histoire du Yémen, un pays méconnu malgré les derniers événements géopolitiques…

Ainsi, l’action se déroule dans les années 40 et à cette époque, c’est la dictature de l’imamat qui règne en maître absolu sur le pays. Cependant, la guerre est proche et le régime d’aujourd’hui n’est peut-être pas définitif… Le narrateur, un jeune garçon de 12 ans, est emmené pour devenir esclave auprès de la sœur du gouverneur. Ainsi, un tantinet naïf et malgré les chaînes qui entravent sa liberté, le jeune captif est à la fois émerveillé par ce qu’il regarde et préoccupé par ce qu’il écoute. Effectivement, le jeune garçon voit un magnifique palais et les yeux de celui-ci sont ébahis par tant de beauté. Mais s’agit-il d’un palais ou bien d’une forteresse ? De plus, le nouvel esclave entend qu’il va devenir le nouveau duwaydar alors forcément celui-ci s’interroge et s’inquiète, car il ne comprend pas très bien de quoi il s’agit. Et nous non plus dans un premier temps, sauf que tout s’éclaire assez rapidement… Je n’en dirai pas plus. Aussi, dans ce qui est dorénavant sa nouvelle demeure, le jeune esclave sera recueilli par le beau duwaydar, un homme qui deviendra son ami et qui lui expliquera les us et coutumes de la maison. Enfin, c’est surtout la rencontre entre la sœur du gouverneur et le jeune garçon qui va rythmer le livre. Il y aura un incessant jeu du va-et-vient, entre deux personnages qui n’étaient pas faits pour s’aimer. En effet, le garçon finit par tomber sous le charme de celle qui le tient comme esclave alors qu’il est en même temps agacé par celle-ci et sa position de sous homme, un sous homme bon à rien d’autre que d’être duwaydar. Et qu’en est-il de la belle Sharifa Hafsa ? Elle aussi est agacée. Elle aussi ne comprend pas très bien ce qu’elle ressent pour cet esclave rebelle et impertinent. Il s’agit d’un esclave qui, semble-t-il, refuse sa condition. Mais n’est-ce pas aussi pour cette raison que la belle Sharifa Hafsa se sent attirée par l’espiègle garçon ?

Ce que je ne savais pas, c’est ce que signifiait être duwaydar, et quelle était sa fonction ! Je ne comprenais pas les explications qu’on me donnait, peut-être parce que j’étais trop jeune. « Une des conditions est de ne pas encore être pubère », avait dit le faqih, notre professeur, chargé de nous enseigner le Coran, les préceptes et nos devoirs religieux au quartier général des otages. « De nos jours, un duwaydar fait le travail des tawashis », avait-il ajouté. Mais comme nous étions toujours perplexes, il avait expliqué : «Les tawashis, ce sont des esclaves castrés.» Voyant notre confusion grandir, il avait donné plus de détails : « Un castrat, c’est quelqu’un dont on a frappé les testicules. » Cet acte inhumain nous avait affligés encore plus. Il avait alors confié : «C’est pour qu’il ne fasse pas de choses illicites… Comme avoir des rapports avec les femmes des palais.» En d’autres mots, il devait perdre sa virilité, devenir « impuissant ».

« Le bel otage », est un roman doux, triste, poignant, émouvant… « Le bel otage », est une histoire relativement courte et aux nombreux dialogues. Le texte se lit très vite, mais il n’en reste pas moins très intéressant. Il ne s’agit pas simplement d’un roman qui parle d’esclavage, mais aussi d’un livre qui parle d’amitié, d’amour et de liberté. Comme il est dit sur la quatrième de couverture « Le bel otage », du Yéménite Zayd Muti’Dammaj, est aussi un roman politique et social.

Qu’en pensez-vous ?

(16 commentaires)

  1. Le livre a l’air très intéressant, j’aime beaucoup les thèmes abordés… Une petite question, pour savoir quand je le lirai : la fin est plutôt triste / positive / douce amère ? Qu’en dirais-tu ? Je suis sans doute une petite nature mais je n’aime pas cumuler les livres tristes 😉

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