La mort a chevauché hors de Perse, de Peter Hajnoczy

La mort a chevauché hors de Perse, de Peter Hajnoczy (Vagabonde) — ISBN-13 : 9782919067190 — 144 pages — 15,50 € — Genre : Boire et fumer. ✮✮✮✮

chevauche

« La mort a chevauché hors de Perse » est le titre d’un roman hongrois au style d’écriture atypique. Mais de quoi parle le livre de Peter Hajnoczy à l’énigmatique titre qui, comme je l’apprends sur internet, est tiré de l’œuvre du poète et écrivain iranien Sadegh Hedayat ?

Ce roman raconte l’histoire d’un homme qui souhaite devenir quelqu’un, peut-être un écrivain, car il a du talent, c’est ce que lui dit une de ses amies, celle qui est tombée amoureuse de lui, un garçon pas ordinaire. Ainsi, cette dernière vient d’une famille plutôt aisée, c’est une fille instruite qui étudie le droit. Lui, est un simple manutentionnaire qui n’a même pas eu le bac, mais qui prétend le détenir, en plus de beaucoup d’autres choses… Effectivement, il en dit des choses ce jeune homme, que sa petite amie veut voir devenir écrivain, pour se rendre intéressant auprès de sa bien-aimée et sa belle-mère. Cependant, tout a un prix et même l’amour, alors la belle exige du talentueux garçon qu’il arrête de boire, mais aussi de fumer. Comment va-t-il faire alors qu’il aime la bière plus que tout ? Une gorgée, ne changera pas son haleine et puis il peut toujours prendre une cigarette pour masquer l’odeur de l’alcool et vice versa… Mais jusqu’où ? Mais jusqu’à quand ? Elle est belle, charmante, et ce garçon un peu faible ferait tout pour la garder, oui, vraiment tout… Sauf que c’est difficile d’arrêter de boire et de fumer. Et ce garçon n’est pas alcoolique comme il l’explique si bien, c’est simplement qu’il ne comprend pas pourquoi il devrait renoncer à quelque chose d’aussi bon et chaleureux. En plus de cette histoire, nous suivons une autre narration. Il y a toujours l’homme qui boit plus que de raison, il aime le vin mélangé à l’eau gazeuse, c’est une spécialité locale, il aime aussi parfois l’eau des toilettes, c’est une spécialité que beaucoup d’alcooliques connaissent. Dans cette autre histoire, une femme aide cet homme à satisfaire ses envies de boissons. Aussi, ces deux narrations qui se mélangent, sans qu’elles soient parfaitement définies, sont entrecoupées de petites phrases qui semblent être tours à tour des pensées ou bien des dialogues… Le texte est aussi enrichi de plusieurs autres éléments qui semblent correspondre aux hallucinations d’un homme rongé par l’alcool. Je me suis aussi demandé si ces digressions narratives ne représentaient pas les paragraphes du livre que le narrateur écrit ? N’oublions pas que le but de cet homme qui se cherche est de devenir écrivain. Ou alors est-ce le but de son amie ? Toujours est-il que l’on peut donner plusieurs interprétations à l’histoire, aux deux récits qui se mélangent aussi bien qu’une vodka citron, mais aussi au reste du texte que j’appellerai, pour plus de facilité, d’hallucinations.

« C’est curieux que là je n’aie pas peur, se dit-il. La fille pourrait aussi bien aller au diable. Il resta un moment debout, comme quelqu’un qui refuse d’obéir, mais il savait bien qu’il allait s’asseoir et qu’avec humilité il allait envoyer son haleine en direction du petit nez de Krisztina prêt à renifler avec méfiance. Il se mit légèrement de côté, tournant presque le dos à la fille, et il regarda la haie de buis qui bordait la pelouse. »

Ainsi, ce livre qui parle d’un homme rongé, d’un homme qui voudrait réussir à faire quelque chose de sa vie sans qu’il ne sache très bien comment faire, est un roman qui mêle la fiction à l’autobiographie, c’est ce que j’apprends grâce à la quatrième de couverture. Quoi qu’il en soit, j’ai été vraiment marqué par le style d’écriture de l’auteur. En effet, Peter Hajnoczy nous transporte dans son univers d’une manière assez déroutante, son style est atypique, mais à couper le souffle. Je reprendrais bien une gorgée des mots de l’auteur, c’est si bon, j’en ai encore le goût au fond non pas de ma bouche, mais de ma mémoire. « La mort a chevauché hors de Perse » est un grand livre d’un auteur hongrois méconnu et qui était pourtant une légende dans son pays. Effectivement, il ne faut pas voir ce roman comme une simple histoire d’un alcoolique qui se noie, mais aussi l’histoire sur la recherche de soi et de sa place dans la société. « La mort a chevauché hors de Perse » est un roman qui parle de la mentalité humaine, faible et triste.

Qui aime ce genre de livre ?

(10 commentaires)

  1. Le genre « boire et fumer » ? à priori pas vraiment. Par contre ton article me donne envie de le lire, ces narrations qui s’entrecroisent, découvrir un auteur inconnu, du bien écrit, etc… Alors je vais te dire, dans ma second life, je prends, je note, allez soyons fou, laissons déborder les listes de livres à lire. Genre « et pourquoi je me priverais ? ».

    Aimé par 2 people

  2. L’univers qui est décrit dans cet article me plaît, me titille, me séduit… Ce qui me gêne, ça serait plutôt la complexité… Si je n’ai pas besoin de récits d’une clarté absolue, cette oeuvre ne part-elle pas un peu dans tous les sens ?

    Aimé par 1 personne

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