Le Bal des ardents, de Fabien Clouette

Le Bal des ardents, de Fabien Clouette (L’Ogre) — ISBN-13 : 9791093606477 — 191 pages — 18 € — Genre : Fou(s). ✮✮✮✮

fab

Il est toujours difficile de commenter un livre difficile d’accès, un livre qui nous balade et nous emmène dans un univers auquel on a l’impression de n’avoir pas tout compris, mais la difficulté de critiquer ce genre de livre est encore plus grande lorsqu’au final, finalement, on trouve le livre en question excellent. Quel est ce livre ? Et qui est son auteur ?

« Le bal des ardents », est le deuxième roman, d’un jeune écrivain (Fabien Clouette), que je découvre grâce aux éditions de L’Ogre. Décidément, cette maison d’édition propose des œuvres vraiment intéressantes. Je n’ai lu que deux livres de leur catalogue, mais à chaque fois ce fut une belle surprise. Il y a eu « Aventures dans l’irréalité immédiate » (je vous invite à lire la critique de charybde2) du Roumain Max Blecher et maintenant il y a « Le bal des ardents » du français Fabien Clouette (encore chez charybde27).

Ainsi, « Le bal des ardents » est le titre du livre de Fabien Clouette, mais c’est aussi le nom donné au malheureux charivari organisé le 28 janvier 1393 en l’honneur du roi de France Charles VI et qui finit par un incendie meurtrier. Cependant, le roman de Fabien n’est en rien un récit historique, mais dans ce livre il est question d’un événement qui se déroule sur une journée, il est question d’un événement que l’on devine finir tragiquement, il est question d’un événement lié à plusieurs protagonistes, et que l’on nomme comme fous. S’agit-il vraiment de fous ? Effectivement, il y a bien une analogie entre l’histoire du livre de Fabien Clouette et le fait historique de 1393, mais rien de plus. « Le bal des ardents » n’est en aucun cas un roman historique. Et le livre aurait pu s’appeler : « Le bal des fous ». Ainsi, dans le texte de Fabien Clouette, c’est une ribambelle de personnages dont nous suivons le parcours au cours d’une seule journée. On ne comprend pas très bien qui sont les différents protagonistes, bien qu’il y ait un roi, un lanceur de boomerang, des pêcheurs, une barmaid, un guide, etc., etc. De plus, le lieu dans lequel se déroule la narration est tout aussi énigmatique que les personnages de l’histoire. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’un lieu unique, mais de plusieurs. Certes, les endroits et les protagonistes sont nommés, mais ces derniers n’en restent pas moins brumeux, mais aussi intrigants.

« Ça n’a duré qu’une seconde, mais les bruits puis le silence. Les visages comme des lames qui s’avancent et qui foncent dans les rapides. Tout ça qui tente de passer à droite, sous soi, puis qui se ravise et double à gauche. Et tous les lycéens qui se lèvent, et qui se collent aux vitres pour taper et appeler les coureurs ; l’embardée lente du car à côté des fuites. Et puis les corps et les phares qui disparaissent au fond, sans jamais s’éteindre vraiment avant de tourner au bord des Rouges, sur l’horizon. On devait aussi garder toutes ces images. Toutes les images qui tapent aux fenêtres et aux portes et qui veulent rentrer. »

Au fur et à mesure de l’histoire, la tension monte, elle est palpable et la violence n’est pas loin au milieu de tous ces personnages qui grouillent et vrombissent. « Le bal des ardents », raconte l’histoire d’une balade, celle de personnages excentriques. Ainsi, dans ce jeu de va-et-vient le lecteur ne possédera jamais toutes les cartes, mais il n’en sera pas moins happé par le style de l’auteur. Effectivement, Fabien Clouette réussit la difficile tâche de rendre son texte extrêmement fluide, tout en rendant la narration alambiquée, peu commune, atypique… Il faut se laisser porter par le récit et la tension qui monte crescendo. Quelle écriture ! L’auteur a vraiment beaucoup de talent et il ne me reste plus qu’à découvrir son premier livre.

Qui aime les livres qui baladent ses lecteurs ?

(22 commentaires)

  1. Si c’est bien fait, j’aime être baladée par un auteur (ceux qui me laissent à la fin avec un ‘ouais, et alors’ me déçoivent.
    Mais j’aime aussi quand les rails sont devinés et suivis, en relecture c’est ainsi.
    Bon, si charybde en dit du bien… car je remarque que lorsque je lis un roman un poil hors des sentiers battus, et que je recherche d’autres avis, je trouve souvent ce charybde dans le coup. En dernier, Amour monstre de C Dunn, Gallmeister. Un roman très très spécial, j’en sors tout juste.

    Aimé par 2 people

  2. Alors, je n’ai pas lu ce titre mais le premier de Fabien Clouette ; ou plutôt, j’ai essayé de le lire, m’ y suis reprise à plusieurs fois, mais je n’ai pas réussi. J’y suis restée extérieure, ne comprenant pas grand chose, frustrée de ne pas trouver de point d’accroche. Je ne renonce pas pour autant, si »Le bal des ardents » t’a plu, je veux bien encore essayer mais pas tout de suite 🙂

    Aimé par 2 people

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