Adolphe, de Benjamin Constant

Adolphe, de Benjamin Constant (Le Livre de Poche) — ISBN-13 : 9782253045885 — 219 pages — 3,10 € — Genre : Lâche. ✮✮✮✮✮

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Cela fait plusieurs années que le titre de ce livre traînait dans ma liste de livres à lire et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai enfin lu ce classique, me semble-t-il, méconnu de la littérature française. Mais, de quoi parle ce livre ? Débutons par quelques mots sur l’auteur…

Né en 1767 à Lausanne, Benjamin Constant est un homme politique et écrivain français principalement connu pour ses essais. Effectivement, ce dernier ne publia que quatre romans et au moins deux d’entre eux (ceux que je connais) ont pour sujet le sentiment amoureux. De plus, « Le cahier rouge » et « Adolphe » contiennent des éléments autobiographiques, Benjamin Constant y met en scène son amour pour la philosophe et écrivaine Germaine de Staël. Aussi, dans « Adolphe », court roman rédigé en deux semaines, Benjamin Constant nous conte une émouvante histoire d’amour.

Adolphe est un jeune noble dont le brillant avenir social est déjà tout tracé. Après de remarquables études, le jeune homme doit partir rejoindre son père afin d’y construire son avenir et sa carrière, mais Adolphe rencontre Éléonore et son cœur se trouble. Le jeune homme croit être amoureux, il en est même persuadé, lui qui n’a pourtant jamais connu l’amour. Cependant, Éléonore ne ressent rien pour Adolphe et le lui dit, mais ce dernier refuse d’entendre raison, menace de tout quitter (situation, famille, etc.) tel un enfant capricieux à qui l’on refuserait une tendre et appétissante sucrerie. Perdue, Éléonore accepte de recevoir Adolphe, dans un temps pour le raisonner, mais très vite les sentiments de cette femme, pourtant plus expérimentée, changent. Éléonore finit même par tomber éperdument amoureuse… Adolphe, dorénavant tergiverse, car il ne comprend plus les signaux de son cœur (autrefois battant), ou plutôt il sait ne finalement pas être amoureux, mais le jeune homme hésite à le dire à Éléonore. Adolphe est certes brillant, mais aussi faible de caractère… Serait-il lâche ? Peut-être, mais il est permis de douter. Adolphe ne serait-il pas plutôt un homme d’honneur ? Peut-être, mais il est permis de douter. Effectivement, les personnages de ce livre (« Adolphe ») sont bien plus complexes qu’il n’y paraît.

« Malheur à l’homme qui, dans les premiers moments d’une liaison d’amour, ne croit pas que cette liaison doit être éternelle ! Malheur à qui dans les bras de la maîtresse qu’il vient d’obtenir, conserve une funeste prescience, et prévoit qu’il pourra s’en détacher ! Une femme que son cœur entraîne a dans cet instant quelque chose de touchant et de sacré. Ce n’est pas le plaisir, ce n’est pas la nature, ce ne sont pas les sens qui sont corrupteurs ; ce sont les calculs auxquels la société nous accoutume, et les réflexions que l’expérience fait naître. »

« Adolphe », de Benjamin Constant, n’est pas qu’une simple histoire d’amour, c’est aussi un roman sur la complexité des sentiments amoureux, mais c’est aussi un livre sur les difficultés que connaissent les hommes et femmes dans leurs communications amoureuses. « Adolphe » est un roman sur la psychologie de l’amour, il y est question de l’âme, du coeur et de la raison humaine. Et que dire de l’écriture de l’auteur si ce n’est qu’elle est splendide. Simple et riche à la fois, l’écriture de Benjamin Constant est extrêmement fluide, elle me fait penser à celle d’Anatole France. Effectivement, il suffit de voir l’extrait que je donne pour vous en rendre compte. J’ai été pris par l’histoire, mais aussi par le style rédactionnel de l’auteur, à tel point que j’ai fini ma lecture, d’une traite, en deux petites heures.

Qui aime les romans issus du mouvement littéraire et culturel romantique ?

(37 commentaires)

  1. Tu as bien du courage, pour lire ce type d’ouvrages. J’avoue que je n’ai pas lu de romans romantiques depuis mes études de lettres (depuis que je n’y suis plus obligée, en fait…). Concernant le romantisme, sa production romanesque ne me passionne vraiment pas, je préfère largement la poésie romantique, avec ses élans lyriques et pathétiques à la Victor Hugo. Mais je trouve que c’est dans la musique que le romantisme s’est le mieux épanoui, tout simplement parce que je préfère pleurer en écoutant du Liszt ou du Tchaïkovski que me farcir un autre Chateaubriand 😉
    En tout cas, bravo pour ta chronique, car il n’était pas si aisé de dire tant de choses élogieuses sur un roman si convenu !

    Aimé par 1 personne

      1. Ben, pas vraiment en fait : il succède aux Lumières qui prônaient humanisme, sciences et raison, promouvaient la connaissance et luttaient contre les abus de l’Église chrétienne si chère à Chateaubriand. Non, non, Chateaubriand était un vrai gros réac, comme beaucoup de ses confrères romantiques d’ailleurs, Benjamin Constant y compris ! Mais force est de reconnaître qu’il savait écrire, le bougre 🙂
        « Ainsi passe sur la terre tout ce qui fut bon, vertueux, sensible ! Homme, tu n’es qu’un songe rapide, un rêve douloureux ; tu n’existe que par le malheur ; tu n’es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l’éternelle mélancolie de ta pensée ! » (extrait d’Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert )

        Aimé par 1 personne

  2. Il me semble en avoir lu un, de ce b constant, mais lequel? Je n’ai rien contre une lecture de ce genre, à l’occasion, mais il y a le risque que ça passe moins bien et que ça agace.
    Je reviens, j’ai vérifié, en fait c’est Dominique (Fromentin) que je veux (re)lire;.. Erreur de prénoms?

    Aimé par 1 personne

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