Kesengawa, de Naoya Hatakeyama

Kesengawa, de Naoya Hatakeyama (Light Motiv) — ISBN-13 : 9782953790856 — 136 pages — 35 € — Genre : Ballade vers le temps inconnu. ✮✮✮✮

japjap

Après avoir lu « Kesengawa » de Naoya Hatakeyama dans le cadre de La Voie des indés 2016, je tiens à remercier les éditions Light Motiv, Libfly et Aurélie, ainsi que les différents éditeurs participants à cette opération.

Le séisme du 11 mars 2011 qui a provoqué un tsunami au large des côtes japonaises (île de Honshû) a marqué les Japonais et le monde à tout jamais. Ainsi, la catastrophe aura causé plus de 18 000 morts et disparus. C’est ce drame que Naoya Hatakeyama décide de nous conter à travers une sorte de journal de bord. Effectivement, dans ce dernier, l’auteur et photographe japonais raconte son périple de manière émouvante et pudique. La mère de Naoya Hatakeyama vit-elle toujours ? Car celle-ci est de la région touchée par le tsunami, alors le photographe décide de partir, de prendre les devants, d’aller là où sa mère devrait se trouver… Et puis, Naoya Hatakeyama n’oublie pas ces deux soeurs, elles aussi sont de la région dévastée, pour elles aussi il craint le pire.

« Tout a-t-il été épargné ou pas, le résultat doit être déjà connu. Mais non. Puisque ni moi ni ceux que j’ai rencontrés jusqu’à maintenant, puisque personne ne connaît ce résultat, c’est qu’il n’existe encore nulle part. Même si quelque chose est en train de se produire, rien n’est encore arrivé. Est-ce que c’est illogique ? Au contraire, c’est la logique même. On ne peut pas appeler réalité ce que personne ne perçoit, est-ce que je me trompe ? Donc ce qui est en train de se produire là-bas n’est pas encore une réalité. Alors, je vous en prie, ne parlez pas d’“anéantissement” ne dites pas que c’est “sans espoir”. »

Dans la première partie du livre, l’auteur, en route vers l’inconnu, se souvient de son passé, de son enfance, de sa région natale… Alors, il nous le raconte à travers de belles photos à la fois paisibles, nostalgiques et belles. En parallèle, Naoya Hatakeyama rédige des textes courts sur ses inquiétudes ainsi que sur les difficultés rencontrées sur sa route. Le passé du photographe japonais semble avoir été heureux, c’est ce que l’on ressent lorsque l’on fait défiler les photos. La nature est calme et verdoyante, des enfants préparent une fête, d’autres jouent au base-ball dans la cour d’une école tandis que les hommes travaillent. Les photos apaisent tandis que le récit de l’auteur est inquiétant, le drame est palpable, il fait peur… On se demande ce qui se passe, ce qu’il en est de la famille de Naoya Hatakeyama qui réussit à avoir tout de même quelques bribes d’information à l’aide de son téléphone.

Dans la seconde partie du livre, c’est un témoignage exclusivement photographique auquel on a droit et c’est brutalement le temps présent qui refait surface. Les photos dorénavant en grand format font voir d’autant mieux l’horreur, le lieu détruit, la désolation… Les mots sont inutiles ! On comprend enfin ce que l’on ne pouvait à peine imaginer. À partir de là, le temps s’arrête et il repart du néant vers l’inconnu. Quel choc pour Naoya Hatakeyama…

« Kesengawa » est un « livre témoignage » extrêmement poignant.

Je vais conclure en disant quelques mots sur l’édition qui est très belle. Je ne sais pas comment a été réalisée la couverture du livre, mais le toucher est très agréable, extrêmement doux, la sensation est fort intéressante. Je rajoute une ligne puisqu’Élodie de la maison d’édition Light Motiv, m’apprend que c’est le pelliculage soft touch qui donne ce toucher très agréable…

Qui aime les récits photographiques ?

(15 commentaires)

  1. Ça m’a l’air d’être un très beau livre (et j’aime bien l’extrait que tu donnes). Je serai à l’affût si je le vois en librairie. Je viens de voir que l’auteur est venu au BAL (un espace photographique du côté de la place Clichy où nous aimons aller) rencontrer le public, en 2013 : http://www.le-bal.fr/2015/10/kesengawa. Je n’ai pas l’impression par contre que ses photos aient été exposées. Alors peut-être un jour… J’aime bien les récits photographiques surtout quand on peut voir les photos sur les murs, le BAL est un lieu qui permet ça. Mais j’aime bien les livres aussi avec des photos dedans.
    Comment as-tu eu l’idée de lire ce livre ? Tu remercies certaines personnes, te l’a-t-on envoyé ? Ou es-tu friand toi-même de récits photographiques ?

    Aimé par 1 personne

    1. On me l’a envoyé… J’avoue que je n’aurais jamais eu l’idée d’acheter ce livre… J’achète souvent des livre d’art, mais jamais de livres photos et je vais devoir changer ça. Et oui, c’est vraiment, un très beau livre. Merci pour le lien !

      Aimé par 1 personne

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