Un pauvre type, de Erskine Caldwell

Un pauvre type, de Erskine Caldwell (GALLIMARD) — ISBN-13 : 9782070734658 — 196 pages — 7,80 € — Genre : Quand je serais K.O. ✮✮✮✮

type

L’histoire de ce livre commence dans le monde de la boxe… Un combat plus tard, il est déjà question de truquer un match. Le champion hésite, mais très vite il se laisse convaincre par son entraîneur corrompu, que perde le prochain combat ferait de lui un homme riche.

Comment résister à une somme si importante ? Impossible ! Il n’y a pas beaucoup de morale dans ce livre… Cependant, le champion en titre aura une exigence puisque son adversaire d’un soir devra être Blondy Niles et nulle autre personne.

Tout d’un coup, le livre bascule dans un autre monde où le sujet du livre n’est pas la boxe, mais la vie de Blondy Niles, le véritable personnage principal de cette histoire. Voici le résumé de l’éditeur :

« Blondy Niles est un boxeur raté pour combats truqués. Quand Louise, la prostituée qui l’a recueilli, est sauvagement assassinée, il devient l’esclave d’une terrible matrone qui dirige une usine d’avortements où les malheureuses meurent comme des mouches. Cette Mrs Boxx a l’étrange manie d’émasculer ses amants…Un récit macabre et déconcertant comme un cauchemar peuplé de fantoches tragi-comiques… ».

Généralement, je rédige moi-même le résumé du livre que je chronique, mais ici le passe-temps favori de Mme Boxx m’a coupé l’envie. Non, je ne fais aucun sous-entendu. J’en ai froid dans le dos ! Pauvre de nous, les hommes… J’ai mal, je tourne de l’œil rien qu’en y pensant. Aïe aïe aïe ! Vite, changeons de sujet.

Ainsi, dans ce livre où la brutalité des corps et des esprits se défie, nous suivons notre héros, un grand gaillard bien bâti, qui finit par se retrouver dans une maison habitée de fous. Blondy Niles, malgré sa force physique, aura bien du mal à résister à la force hypnotique de Madame Boxx, une femme de caractère qui mène son monde d’une paire de ciseaux de fers. Cette dernière n’est pourtant pas couturière… Oh non ! L’écriture de Erskine Caldwell est prenante, les pages défilent, vite je veux savoir comment notre pauvre type va finir ! Celui-ci perdra-t-il tous ses attributs ? Ou bien réussira-t-il à s’extirper de cet appartement maudit ? Trois heures plus tard, vous avez enfin fini, vous savez… Et ? Ne me demandez pas, je ne dirai rien, même sous la menace d’une paire de ciseaux.

« Jackie avait ouvert la porte une fois au cours de la soirée, évidemment pour s’assurer que Blondy était bien là pour quand Mrs Boxx serait prête à s’occuper de lui. Blondy pouvait entendre le pas sourd de Mrs Boxx dans la chambre voisine. Surtout il pouvait entendre sa voix aiguë et grinçante quand elle parlait à Jackie. Jackie répondait à voix basse, et il ne pouvait entendre ce qu’il disait. Évidemment, ils faisaient les préparatifs pour l’opération. »

« Un pauvre type » est un excellent roman d’un auteur américain que je ne connaissais pas il y a quelques semaines. L’univers sordide et glauque dans lequel s’est retrouvé notre héros est parfaitement restitué. L’écriture est facile et maîtrisée. Les phrases sont courtes et directes. Pourtant, cette histoire ne conviendra pas à tout le monde, car la puanteur y règne. L’auteur nous montre ce que personne ne veut voir, il nous parle d’un monde caché juste derrière la porte du voisin. Le pire est bien souvent à portée de mains. « Un pauvre type » est un grand roman américain comme seuls ces derniers savent écrire. Cette histoire m’a pris aux tripes, au bas-ventre… Aussi, j’apprends en me renseignant sur l’auteur que l’œuvre de Erskine Caldwell s’attache à montrer la misère et plus particulièrement celle des paysans du sud des États-Unis.

Qui a déjà lu Erskine Caldwell ? Et qui est maintenant touché d’aichmophobie ? Moi, assurément, je le suis ! Ne riez pas, Mesdames. Merci. Et non, je ne vais pas réaliser la couverture de ce livre…

(30 commentaires)

  1. Il est rigolo ton article, moi, j’trouve. Allez quoi, une p’tite couverture, genre un gant de boxe transpercé par une paire de ciseau, ça me rappel un jeu… Bon, je ne testerai pas ton courage avec une paire de ciseaux, je crois qu’il me faudra lire ce livre pour en connaître la fin.

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  2. J’ai souri en te lisant.
    J’ai souri une nouvelle fois en allant dans ma cuisine et en y apercevant une paire de ciseaux.
    Je pars du principe que L’imaginaire Gallimard fait souvent de très bons choix en matière d’édition.
    Et j’ai évidemment envie de lire ce titre et de l’offrir à une connaissance qui appréciera ce genre de roman grinçant et particulièrement glauque.

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  3. Une bien belle chronique sous le signe de l’humour,.. Èvidemment, je ne crois pas que je vais lire ce roman mais on ne sait jamais! Merci de me faire découvrir encore un auteur . Dommage pour la couverture! Nous aurions eu du plaisir à l’observer en connaissant maintenant une de tes peurs :).

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  4. J’ai lu un livre d’Erskine Caldwell (Tobacco Road) il y a 2 ans et j’avais beaucoup aimé. Ton article me rappelle que je dois lire d’autres livres de cet auteur. Merci pour ça et pour ce résumé « tranchant » 😉

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